L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

vendredi 1 avril 2016

Les cordels cheminots

cordelcheminot.jpg


Les billets du 1er avril peuvent être légers et crédibles même s'ils évoquent le poisson. En l'occurrence un morceau de poisson : Les Arêtes.
Cette maison installée à Arles - ville d'édition paraît-il - propose des livres et brochures très variés, en particulier la série de "cordels cheminots" imaginés par le dessinateur Fred Sochard. Conçus non loin des rails, à la Marge, près d'Angers, ces brochures inspirées des cordels brésiliens, frères des cartoneras d'Argentine, sont à leur manière artisanale des bijoux pleins de dessins.
Nous avons un faible pour le n° 4, Littérature de Gare, composé de couvertures de livres pas vraiment imaginaires... On y lit les noms de Claude Aveline, de Jean Lunel, de Louis Truc ou d'Albert Bonneau




Fred Sochard Littérature de Gare - Arles, Les Arêtes éditions, 2014, "Cordels cheminots" (n° 4), 12 pages, 3 €

Les Arêtes
23 rue des Carmes
13200 Arles

lundi 25 janvier 2016

Les crayons qui marchent

MonUniversPapierTibet.jpg



Le paysagiste de race n'a rien des élégances du touriste, à le voir, sur la grande- route, sac à dos, le bâton à la main, on dirait un colporteur de la bibliothèque bleue ou de l'imagerie d'Épinal. Mais comme il foule le sol d'un pas libre et vainqueur ! Comme il aspire à pleins poumons les pénétrants arômes de la campagne ! Sa pensée roule de vastes projets et conquiert l'espace avec un élan que calmeront assez vite les premières meurtrissures du combat.
Déjà de longues spirales de fumée révèlent des habitations semées çà et là dans les vergers; bientôt émergent d'un pli du vallon quelques toits pressés autour d'une flèche ardoisée, et à travers de capricieux bouquets d'aunes et de saules luit le ruban argentin d'une petite rivière. C'est le village que notre paysagiste, guidé par son instinct ou par les indications d'un ami sûr, a choisi pour son centre d'opérations. En entrant dans le pays, il va droit à l'unique enseigne qui lui promet un gîte. Il entre résolument à ce Soleil d'or ou à ce Cheval blanc quelconque. I1 y sera mal ; mais il y sera libre ! ! Et la plus piètre auberge, — il le sait par expérience,— est mille fois préférable à la plus confortable hospitalité bourgeoise, à moins que ce ne soit le coeur d'un ami qui vous l'offre, — d'un ami de la veille, bien entendu !





Frédéric Henriet Le paysagiste aux champs : croquis d'après nature. - Paris, A. Faure, 1866. Réédition en cours.

mardi 1 septembre 2015

Poser son cul et regarder des dessins

FGFlix.jpg



Vous ne savez pas comment vous faire plaisir ces temps-ci ?
L'automne se pointe et vous déprimez ?
La rentrée littéraire vous ballonne et la chair est triste ?
Pointez donc votre nez dans le catalogue de la Clef d'argent et offrez-vous pour six euros le portfolio de 12 dessins à l'encre de Fernando Goncalvès-Félix
Son inspiration qui le situe exactement entre Rabelais et Arslan (Y.) ou Orhan (E.) en passant par Grandville, le désigne comme un parfait remède à vos mélancolies.



Fernando Goncalvès-Félix J'étais assis sur une chaise et je ne faisais rien. — La Clef d'Argent, 2015, 12 cartes postales, 6 euros.

samedi 15 août 2015

Faites vos marque-pages vous-même


pourleyeti.jpg



Et en été, faites donc du dessin.

mercredi 25 février 2015

Les Cahiers dessinés jubilent à la Halle Saint-Pierre

cahdess2.jpg


Qu'ont donc de commun les dessins de Wols, de Josefa Tolra et les "cartes postales" de Steinberg ? Les graphies de Christian Dotremont et les délicieuses horreurs de Philippe Vuillemin ? Rien, c'est entendu, à ceci près que les Cahiers dessinés ont consacré à ces 67 dessinateurs un article autrefois ou naguère. Et voilà ce qui justifie un jubilé où se croisent dans un beau désordre dessins de presse et pièces d'art brut, dessins d'artistes ou d'écrivains, couleurs de Laure Pigeon et noir et blanc de Copi ou de Pascale Hémry, célébrités et créateurs discrets, pieds fétichisés de Bruno Schulz, pièces rarement vues, et mouches nipponisées de Martial Leiter...
Un beau désordre en quelque sorte, un cabinet de curiosités sans enjeu d'ensemble autre que sa profuse richesse, et c'est finalement parfait. Déséquilibrée, échevelée, dépeignée cette collection temporaire a tout pour attirer le badaud, l'amateur et les enfants à qui on aura grand soin d'offrir dès la sortie une belle boîte de crayons de couleurs.
Et du papier.


Aux cimaises :
Pierre ALECHINSKY – François AUBRUN – Marcel BASCOULARD – BOSC – Alejandro CANALES SAENZ – James CASTLE – CHAVAL – COPI – Mélanie DELATTRE-VOGT – Fred DEUX – Christian DOTREMONT – Sylvie FAJFROWSKA – Pierre FOURNIER – GÉBÉ – Patrick van GINNEKEN dit ROMMEN – Anne GOROUBEN – Pascale HEMERY – Victor HUGO – Jean-Michel JACQUET KAMAGURKA – Marcel KATUCHEVSKI – Martial LEITER – Raphaël LONNE – Michel MACREAU – Stéphane MANDELBAUM – MICAËL – MIX & REMIX – MUZO – NOYAU – OLIVIER O. OLIVIER – Joël PERSON – Chantal PETIT – Laure PIGEON – Louis PONS – Gérald POUSSIN – Edmond QUINCHE – Jean RAINE – Hans-Georg RAUCH – REISER – EL ROTO – Olivier SAUDAN – Jean SCHEURER – Pavel SCHMIDT – Bruno SCHULZ – SEMPÉ – Francine SIMONIN – SINÉ – Kiki SMITH – Anna SOMMER – Louis SOUTTER – Saul STEINBERG – Daniel STOTZKY – Pierre TAL COAT – TETSU – Gaston TEUSCHER – Josefa TOLRA – Roland TOPOR – Comte de TROMELIN –Tomi UNGERER – Félix VALLOTTON – Corinne VERET-COLLIN – VUILLEMIN – Lin WEI-HSUAN – WILLEM – Otto WOLS – Albert-Edgar YERSIN – Unica ZÜRN.

Exposition "Les cahiers dessinés"
Halle Saint Pierre - 2 rue Ronsard - 75018 PARIS
21 janvier-14 aout 2015

Les Cahiers dessinés n° 10 constituent le replet catalogue de l'exposition.

dimanche 14 décembre 2014

Les pamphlets graphiques de Lucien Laforge

laforgueFilm.jpg


Dessinateur du premier Canard enchaîné, celui qui avait encore aux pieds les boues de tranchées, Lucien Laforge (1889-1952) n'avait pas le caractère doux de la bergère. C'était à tout prendre un caractère qui, à l'instar de Jossot (récemment réédité par Finitude), trancha sa voie sans dévier. Un insoumis, un irréductible, un raide dont un roman graphique, si l'on peut dire, et une charge contre les profiteurs de guerre, c'est-à-dire deux pamphlets, viennent de paraître à l'enseigne de Prairial.

Au sortir de la guerre, en 1922, une fois les affaires d'Anastasie taries, les éditions Clarté publiaient Le Film 1914, une anthologie de dessins de presse dont Paul Vaillant-Couturier fait l'éloge dans l'''Humanité'' du 27 février 1992 (on vous laisse découvrir le détail). Soulignons seulement ceci :

La bourgeoisie française redoute l'esprit, la vigueur de pensée, comme la peste.
Si elle avait de grands satiriques de crayons ou de plume pour le défendre, elle les étoufferait, leur rognerait les ongles, leur limerait les dents. Elle est une classe installée au pouvoir et qui présent s'y décomposer confortablement.
Cham, Gavarni, Daumier, Gill qui la servirent du temps qu'elle était dans l'opposition, ne la défendirent pas sans l'égratigner, et le souvenir lui en cuit encore.
***
Je viens de parcourir l'album de Lucien Laforge, Le "Film 1914".
On sort de là comme étourdi, comme assommé.
C'est un réquisitoire massif, impitoyable, contre la guerre, ses causes et ses suites.
(...) Dans cet album, Lucien Laforge passe la polémique. Il atteint à l'oeuvre d'art du grand pamphlétaire.

Qu'ajouter ? Que ses danseurs mondains et leurs mondaines chaloupant, ses curés de l'arrière prêchant et ses bons pères prenant leur jaune au "café du com" sont bons à battre ? Les légendes inspirées par leur penser sont assassines sous la plume de Laforge. Ce dernier souligne admirablement la bêtise de leurs propos en ôtant quelque lettre de leurs tirades, ce b de Boche en particulier, et il martèle la "comerie" générale en s'appuyant sur des dessins répétitifs stigmatisant les foules à front de bête, les bourgeois ou les mercanti assis dans leur cynisme satisfait et leur bêtise crasse. Un régal d'esprit, Vaillant-Couturier avait raison.

Le Fim 1914 est à rapprocher des contestations de Jossot et de Masereel, même si Laforgee se rapprocherait graphiquement moins de ces deux derniers que de Félix Vallotton. Le trait de Laforge est très souple et efficace en effet, tandis que son propos fait immédiatement songer à celui d'Aurèle Patorni contondant les planqués au point que la réédition de Ronge-Maille vainqueur, recueil d'aphorismes rats, si l'on peut dire, de Lucien Descaves, mis en image par Laforge, évoque irrésistiblement les Notes d'un embusqué de Patorni (Mille et une nuits, 2013).

Là, le dessinateur s'autorise tout lorsqu'il s'agit d'illustrer le pire cauchemar du poilu, le rat — et par métaphore les profiteurs de guerre —, jusqu'au monstrueux tableau d'un groupe de ces bestiaux fouaillant le ventre d'un poilu à terre...

laforgueRats.jpg
Un mot encore de la maison Prairial qui revendique de sa marque fleurie tout l'utopique émanant du calendrier républicain dont Fabre d'Eglantine a établi la table. Si on en croit ces deux productions, parions que le programme rencontrera ici quelques échos... :

c’est le 1er prairial an III que le peuple parisien se soulève pour reprendre un pouvoir qu’on lui a volé. Semblablement nous voulons que Prairial, la maison d’édition, soit celle des délirants, des révoltés et des prophètes.



Lucien Laforge Le Film 1914. — Paris, Prairial, 62 pages, 16 €
Lucien Descaves et Lucien Laforge Ronge-maille vainqueur. — Paris, Prairial, 48 pages, 14 €

laforgueRonge.jpg

lundi 14 avril 2014

Emre Orhun en vente

antiferOrhun.jpg



Désormais en vente à la galerie Jeanne Robillard, les dessins originaux d'Emre Orhun.
C'est un illustrateur de nationalité turque, né en Chine, lyonnais d'adoption - ce qui lui fait un pedigree peu commun - formé depuis 1993 à l’École Émile Cohl de Lyon. Il a découvert un jour dans une bd de l'Helvète Thomas Ott la carte à gratter et s'en sert désormais lui-même à merveille, même s'il déclare ne pas hésiter "à varier les plaisirs en utilisant des techniques plus traditionnelles comme le crayon, la plume, l'acrylique et la gouache, mais aussi l'informatique pour des peintures numériques".
On peut découvrir de plus en plus souvent ses dessins dans la presse (Le Monde, Libération, XXI, etc.) et l'on va pouvoir, du moins les plus Parisiens d'entre nous, acquérir ses œuvres originales à la galerie Jeanne Robillard : de la Baba Yaga, du capitaine Antifer, et toute la cohorte de ses personnages en noir et blanc ou en couleurs.


Parmi ses publications :
Dr Jekyll et Mr Hyde (Grimm Press - Taïwan)
Le Chant des Génies (Actes Sud)
Mirifiques aventures de Maître Antifer (id.)
Pierre Noël (éd. Sarbacane)
Erzsebet, en collaboration avec Cédric Rassat (Glénat).
La Malédiction du Titanic (Glénat, 2012).
Les Vies Imaginaires (Le Dernier Cri, 2013).



Galerie Jeanne Robillard
26, rue de la Folie Regnault
75011 Paris

samedi 12 janvier 2013

Le bus de Paul Kirchner

BusKi.jpg


C'est un voyage délicieux que d'emprunter Le bus de Paul Kirchner.
Aucune certitude sur l'heure de son passage, encore moins sur celle de son arrivée à destination, mais la rêverie, en revanche, est garantie. Sur les traces de Little Nemo, dans des strips sans dialogue, Paul Kirchner a décliné l'histoire de l'homme qui attend son bus et parfois le prend
Initialement publiés dans Heavy Metal, la version américaine de Métal Hurlant, les six ou huit images de Kirchner convoquaient un univers de papier - possiblement en accordéon - autorisant l'irruption de mondes étranges, parfois bien hypothétiques, comme des pastilles de quatrième dimension consommées aux heures de pointe.

Nulle surprise dès lors quand le bus prend la tangente, prend vie, devient pièce de musée ou élément constitutif unique de l'univers...

Les amateurs attendaient depuis vingt cinq ans que soient réunies ces pages. Elles le sont enfin, dans une version complète, enrichie de dessins originaux et d'une postface de l'auteur pour un prix bien minime. Un très beau travail d'édition.



BusKi2.jpg
Paul Kirchner Le bus. - Lyon, Tanibis, 96 pages noir & blanc, couverture cartonnée, 15 €

vendredi 24 février 2012

Concert de soutien à Barricade

Barr4.jpg




Barricade est un magazine d’humour et d’idées qui fait une très belle part aux dessins.

Témoignent les images de Babouse, Caritte, Bibeur Lu, Vanderlinden, Rousso, Decressac, Moix, Teissier, Boll, Kamagurka, Veesse, Delvallé, Caza, Delvallé, Mabic, Sergio, Goubelle, Belom, Klub, Trax, Beaunez, Ballouhey, Pichon, Bauer, Dubouillon, Pakman, Coco. Ou cette couverture signée Granger.

Pour soutenir cette aventure, un concert de soutien aura lieu le mardi 6 mars à 20 h 30 au Théâtre de Ménilmontant avec Sapho et B. Roy. Entrée 15 €

Un soutien tout aussi conséquent peut consister en l'achat, en kiosque, du mag.



Barricade, n° 4, 3,90€



Théâtre de Ménilmontant
15, rue du Retrait
75020 Paris
01 46 36 98 60

dimanche 25 décembre 2011

Aujourd'hui : coloriage




Seiche.jpg



- page 1 de 2