L'Alamblog

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mardi 7 février 2012

Quatre ans d'avance pour le centenaire de Dada

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La librairie Patrick Fréchet fête le centenaire de Dada avec quatre d'avance.

Et pourquoi pas ? Dada est sans âge.

Pour festoyer dignement, un catalogue de 258 items à prix marqués depuis l'Almanach dada (reprint Champ libre, jusqu'à une lettre autographe d'Henri-Pierre Roché à Noël Arnaud où il est question de Marcel Duchamp en résidence des Max Ernst en 1958...
Avec ça, des revues, des cartons d'invitation, des monographies, Tzara, Sophie Taeuber-Arp, Marius de Zayas, Kurt Schwitters, Walter Serner et tutti.



Librairie Patrick Fréchet
Le Pradel
12270 Saint-André-de-Najac
librairie.frechet@gmail.com

vendredi 5 août 2011

Lord Patchogue et son miroir

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Aux éditions du Chemin de fer, la maison aux fameux volumes illustrés, a paru il n'y a pas si longtemps - l'Alamblog est parfois bien musardeux... - Lord Patchogue, écrit cardinal de Jacques Rigaut (1898-1929), l'ami de Drieu la Rochelle et de Paul Chadourne, qui avait, lors d'une soirée arrosée à Long Island, "traversé le miroir" le 20 juillet 1924 pour devenir définitivement Patchogue, son hétéronyme.

Patchogue, ce nouveau Rigaut, avait pris naissance au moment où, le 17 novembre 1923, ce dernier avait embarqué au Havre sur un paquebot à destination de New York. Fini dada, il n'était pas retenu par le surréalisme et allait aux USA tenter de donner vie à ses ambitions. Las, après un mariage épatant, il s'enferre dans l'héroïne, dérape, revient à Paris où il finit par se suicider, comme il avait donné à l'entendre à ses amis. Agence générale du suicide (édition posthume, 1960) n'avait certes pas été écrite pour les chiens.

Dada suicidé, Rigaut fascine depuis de nombreuses années Jean-Luc Bitton qui consacre un blog à ses recherches biographiques (L'Excentré magnifique) et donne en postface à cette nouvelle édition de Lord Patchogue toutes les informations nécessaires à sa compréhension. Car ce texte inachevé, d'abord publié fragmentairement dans les Papiers posthumes (Au Sans pareil, 1934), reste un écrit mystérieux où Patchogue lui-même se perd (Rigaut était resté en-deça du miroir)...

Jeune étranger, tes cheveux sont en désordre ; pour y réparer, petite mouche inconsidérée, tu t'approches de la glace. Prends garde, Lord Patchogue a son plan. Mais à quoi bon, le vent qui a dérangé ta chevelure devait avoir reçu des instructions précises de qui de droit. L'imprudent s'est arrêté ; de l'autre côté Lord Patchogue se prépare ; comme un coureur qui avant la course exerce ses muscles, s'assurer de leur souplesse, il élèves ses deux mains à la hauteur de sa cravate, et ainsi fait le sujet.





Jacques Rigaut Lord Patchogue. Vu par Frédéric Malette, postfacé par Jean-Luc Bitton. — Le Chemin de fer, 2011, 80 pages 14 €

mardi 13 mai 2008

Ribemont-Dessaignes n'est-il pas grand ?

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Excellente chose que ce Dada contre Barrès, "Réquisitoire prononcé au procès public à lui intenté par Dada et jugé le 13 mai 1921, rue Serpente, à Paris" de Georges Ribemont-Dessaignes, prononcé, puis composé et partiellement corrigé mais jamais publié dans le n° 21 de Littérature. On aura autant de difficultés à le lire là qu'ici, c'est-à-dire dans l'édition de L'Hallali dont nous disposons. On pourra tout simplement se référer aux annexes du formidable Dada à Paris de Michel Sanouillet remis en vente il y a peu.
Là, comme ici, ou ailleurs, il apparaît que Ribemont-Dessaignes fut un maousse dont le peuple françouais ne se préoccupe pas assez.
Tè, on en oublierait la défense de Barrès par Aragon. D'autant que cette dernière ne s'entendit pas dans le brouhaha de la salle des Sociétés savantes, qu'elle ne s'imprima pas plus qu'elle ne s'entendît, et qu'on s'en foutrait bien quoi qu'il en fût.
Par l'éminent Ribemont-Dessaignes, Barrès est voué aux gémonies en même temps que le tueur de petite fille Albert Soleilland, aliéné, abjecte, munitionnaire.
Une leçon teinté, en contrepoint, de toute l'esthétique dada.
Courts fragments délectables.

"Nous qui sommes ses ennemis lui reprochons ce crime : l'ordre. Et prêts à commettre n'importe quelle infamie plutôt que de laisser agir en paix, suivant le cours des Halles, l'héroïsme d'un tel champion de l'ordre, nous voulons au moins que vous reconnaissiez la figure de ce bourgeois en savates, ancien chimiste pour analyse d'urines libres, devenu escroc, adjudant civil, usurier de la défense nationale et dont on finira par dire qu'il a bien mérité de la Patrie.


(...) Mais en Barrès il y a un vice plus direct que nous poursuivons et dont les manifestations patriotiques ne sont que l'épanouissement : c'est Barrès même. Et dans le Barrès des épanchements aux collégiens il y a le Barrès des champs de manoeuvre.


(...) Mais que pense Dada de ces jolis objets, lui qui juge Barrès ? Messieurs, Dada ne pense pas, Dada ne pense rien. Il sait cependant ce qu'il ne pense pas : c'est-à-dire tout.


Rideau.

Georges RIBEMONT-DESSAIGNES Dada contre Barrès. Préface de Cl. M. — (Montrouge), Editions de l'Hallali, MCMXXI, "Cahiers antinationaux", 16 p.

lundi 24 septembre 2007

Lénine : ami de dada ?

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Lénine fut-il dada ?
Lénine fut-il à l’origine de dada ?
Lénine eut-il assez d’influence sur Tzara lors de leur séjour suisse commun pour influer l’art du XXe siècle tout entier ?
Tzara laissa-t-il Lénine écrire certains de ses poèmes ?
Tzara fut-il cette éponge qui, du léninisme bruyant des soirées arrosées du Cabaret Voltaire fit un dada étourdi mais puissant ?
Tzara eut-il assez d’influence sur Lénine (etc.) pour influer sur la politique du XXe siècle tout entier ?

En somme, et pour résumer, Dominique Noguez a-t-il bien fait de découvrir que Lénine adorait ces soirées populaires dont les dérives le guidèrent sur la voie de ce nihilisme tragique, quoique bolchevique, et ubuesque ?
Comme disait l’autre, “si tu te débarasses de l’homme, tu te débarasses du problème”.
Très russe manière de régler le problème qui ne règle pas ce point : il vous faudra lire ce livre pour vous faire une idée sur ce qu’est une véritable recherche d’histoire (politique et artistique). Ou son contraire.
Cette thèse superbe (ment embarassante, et pour plus d’un) avait d’abord paru en 1989 chez Robert Laffont. Elle est réédité à l’occasion du 90e anniversaire de la Très Grande Bamboche du camarade Oulianov.
Alors, contre les dérives de la révolution et contre les dérives de la recherche, lisez Lénine dada.


Dominique NOGUEZ Lénine dada. — Paris, Le Dilettante, 2007, 191 p. sans prix ni code barres.