L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Mot-clé - Constance Chlore

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 15 février 2018

Le vent sous cloche

ChloreAlphabet.jpg


On mésestime les possibilités
Du vent sous cloche.


Elle a raison, Constance Chlore, de nous intéresser au vent sous cloche, comme à la plupart des sujets qu'elle aborde dans son livre, L'Alphabet plutôt que tien.
Des forêts de signes émerge une vérité, celle de son allant personnel et des facultés pétillantes de son crâne.
De la langue et de l'amour, voilà de quoi il est question en ces pages constellées de jeux typographiques par l'éditeur lui-même.



Constance Chlore L'Alphabet plutôt que tien. Typographies de Xavier Dandoy de Casablanca. - Bastia, Eoliennes, 72 pages, 12 €

samedi 18 janvier 2014

Atomium

Atomium181.jpg



En 1958, Bruxelles inaugurait sa tour Eiffel. En l'occurence, l'Atomium, une structure d'un alu mirobolant, rien moins que fantaisiste, d'un moderne de bombe, d'un design jamais dépassé. C'était à l'occasion d'une exposition universelle, ces machins hérités du XIXe siècle, remplacés dans les esprits par les coupes du monde de football et les jeux olympiques, signe qu'on ne croit plus trop au progrès et que l'on se méfie et des machines et des architectes. Sans parler du sort que l'on réserve aux muséographes.

Cinq francs la gaufre.

La Belgique, pays du Mundaneum de Paul Otlet et de l'Atomium, pays du plus pur surréalisme, pays du bon esprit et de l'obstinée conscience, pays moderniste se dotait d'un outil propre à mouvoir l'imagination aussi puissant qu'un soyouz ou qu'une "Type E".
Native de Belgique, Constance Chlore - dont on découvre que le nom est celui d'un empereur romain et d'un personnage du Québécois René Ducharme -a choisi de rendre hommage à cette construction de l'infiniment petit, un atome, grossi cent soixante-cinq milliards de fois, un gros atome poli qui émut tout un peuple, toute une planète sans doute, treize ans après Hiroshima et Nagasaki. Dans un projet poétique ambitieux, elle polyphonise la découverte de la sculpture, son inauguration et celle de l'exposition universelle, ainsi qu'un curieux voyage initiatique au coeur de la structure elle-même. Fruit d'une authentique documentation orale, ce livre est en quelque sorte le Spoon River (Edgar Lee Masters) d'un atome de métal grandiose, neuf sphères creuses reliées par des escaliers mécaniques où l'on se presse.

D'une façon nouvelle, rapide, facile, je descends les étages
Escaliers, escalators
Mes poumons sont pleins Comme jamais
Ça y est
Je quitte les sphères de l'Atomium
Au sortir de l’œuf brisé
Cette vie de fluidité
Je tremble
Pourvu que je me souvienne.




Constance Chlore Atomium. Couverture illustrée d'une gravure de Léon Wuidar. - Atelier de l'Agneau, 74 pages, 15 €


P. S. Constance Chlore vient de donner lecture de son poème au coeur même de l'Atomium. (janvier 2013).