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vendredi 9 juin 2017

Des nouvelles de Jacques Decour

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Il y a soixante-quinze ans, Jacques Decour était fusillé par les Nazis. Ce jeune homme de trente-deux ans était un espoir de l'intelligence. C'était le 30 mai 1942.
Son acte qu'on ferait bien de ne pas négliger, la fondation de la résistance intellectuelle en France, tout en lui coûtant la vie, plongeait des racines profondes à laquelle nous puisons toujours. On doit lui en être reconnaissant et suivre son exemple lorsqu'à trop bailler aux corneilles on laisse s'infiltrer la violence — toutes les violences — dans notre existence collective.
Par la publication de ce livre gorgé de documents inédits, de dessins, de photos, de témoignages et d'un poème inédit, Emmanuel Bluteau nous propose une biographie chronologique de Jacques Decour depuis sa naissance, le 21 février 1910, dans le XVIIe arrondissement de Paris, jusqu'à sa mort au Mont-Valérien, en passant par les moments phares de son existence, la création des Lettres françaises, de La Pensée libre et de L'Université libre, les trois titres de résistance qu'il contribua à fonder.



Jacques DecourQuand vous voudrez de mes nouvelles. Edition établie par Emmanuel Bluteau. Préface de Brigitte Decour. — La Thébaïde, 72 pages, 15 €

samedi 19 juillet 2014

Maxime Lisbonne, dernières marges

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Les frites révolutionnaires ! Il fallait être Maxime Lisbonne pour imaginer une entreprise pareille après la Commune...
Mais la vie de cet oiseau très entrepreneur de spectacles n'est pas celle du clampin moyen. Lisez plutôt : né le 24 mars 1839 à Paris, ce touche-à-tout volubile fut d’abord agent d’assurance, marié, un enfant. Il est ensuite comédien, état où le trouva la Commune, pour laquelle il fait des étincelles :

Maxime Lisbonne est incorporé à la Garde nationale. Il est très vite élu capitaine du 24e bataillon. Avec son unité, il se signale à Fontenay, à Arcueil, à Buzenval, au fort de Montrouge et à Bagneux. Son colonel, qui a remarqué sa belle conduite au combat, veut le faire décorer. Lisbonne refuse. Il réclame des récompenses uniquement pour les citoyens blessés à ses côtés. Ici se situe sa noble profession de foi : « Le Républicain dévoué, convaincu, ne doit voir dans le sacrifice de sa vie qu’un devoir qu’il accomplit, et non pas une voie ouverte à son ambition. » (...)

Las, on sait comment les choses s'achèvent : procès puis séjour au bagne... Mais Lisbonne n'a pas les deux pieds accrochés au même boulet. Dès son retour de relégation, il lance des journaux, vit au crochets d'une patronne de cabaret et fonde même le "Cabaret du bagne", qui lui vaut d'être qualifié de "traite" par ses anciens amis. C'est peut-être de mauvais goût, mais c'est porteur et Lisbonne est le vrai entertainer qui n'a pas froid aux yeux.
Bientôt, il fonde Les frites révolutionnaires, un restaurant-cabaret dont il fait la promotion dans les rues de Paris avec une carriole déguisée en panier à salade... Mais le plus beau, c'est sans doute l'idée qu'à cet hyperactif grâce aux attentats anarchistes : en 1892 il lance une compagnie d’assurance contre les explosions de dynamite !
Après la biographie du Lascar de Monmartre, Dittmar poursuit son panorama de la Commune de Paris avec l'une de ses plus fantasques figure : Maxime Lisbonne, l'homme sans bordure.

NB Notez qu'à 12 euros ce livre est offert ! Profitez-en pour l'offrir autour de vous.


Marcel Cerf Maxime Lisbonne, le d'Artagnan de la Commune de Paris. — Paris, Dittmar, 280 pages, 115/180 mm, 12 € franco (2-916294-44-9) Naturellement, Daeninckx a fait un roman de cette vie trépidante.


Illustration : Maxime Lisbonne dans les archives de la police.

vendredi 11 juillet 2014

Un coup de main aux éditions Dittmar

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Pour donner un coup de main aux Éditions Dittmar - spécialisées dans l'histoire de la Commune, en particulier -, vous pouvez allègrement commander les ouvrages présents à son catalogue.

L'aide financière étant assez urgente, ceux qui ne sauraient pas quoi choisir peuvent toujours se jeter sur opus peu courant, assez frais et croustillant : Auguste Blanqui Critique Sociale. Fragments et Notes. - Paris, Éditions Dittmar, 237 pages, 30 €

Un fragment :

XXXV
La marche à suivre
Donc, la marche à suivre est celle-ci. Restreindre et supprimer le plus promptement possible, par des moyens sérieux, énergiques, les déprédations du capital ; accroître, dans la même mesure, le bien-être des masses, et, en même temps, lancer l'instruction au pas de charge.
C'est plus facile qu'on ne pense. IL ne faut que de la bonne volonté. C'est la mauvaise qu'on a rencontrée jusqu'ici, l'obstacle ouvert ou hypocrite, l'entrave sous toues les formes, sous tous les prétextes, toutes les forces de l’État mises au service des ténèbres...


Publiés après sa mort, en 1885, les deux volumes de Critique sociale d'Auguste Blanqui (1805-1881) sont restés sans diffusion durant des décennies. C'est pourtant le lieu où avaient été recueillis articles, articulets, fragments et autres bouts de billets où "Le Vieux" du socialisme français avait explicité — et comment ! — sa pensée.

Une autre nouveauté, la biographie de Maxime Lisbonne par Marcel Cerf mérite qu'on s'y penche: ce gaillard de Lisbonne était impayable. Nous y reviendrons.


lundi 1 août 2011

Lectures de plage : Mes Cahiers rouges de Maxime Vuillaume

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Par un fervent opposant au Second Empire, Mes cahiers rouges de Maxime Vuillaume (1844-1925) sont une référence majeure de la littérature communarde.
Ils sont dorénavant livrés avec un index, ce qui n'est pas négligeable.


Maxime Vuillaume Mes Cahiers rouges, souvenirs de la Commune. Texte présenté, établi et annoté par Maxime Jourdan. - Paris, La Découverte, 720 pages, 27,50 €