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mercredi 1 février 2017

Livre vide

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"Lire entre des lignes, invisibles de surcroît, est le fruit d'un concept encore assez récent en littérature."

Il est indéniable que le Searching XXe siècle aura manipulé dans tous les sens les modalités de la création, sur la base des intuitions des refusés, des fantaisistes, des décadents, des hirsutes, des fumistes et des ironistes de tout poil. Certains finissant par prendre au sérieux ce que les générations antérieures prenaient à la rigolade. Signe des temps, l'esprit de sérieux ne cessa de croître tandis que refluait la lenteur, la profondeur, la mise au point, le filtrage des impulsions et... la légèreté.
Reste que la quinzaine de décennies qui viennent de se dérouler ont fait apparaître beaucoup de standards qui se sont répétés, parfois jusqu'à l'obscène (on "peint" toujours des monochromes, figurez-vous), valant parfois topoï. On ne soulignera pas ici l'inévitable Bartleby désormais revêtu d'oripeaux à force d'avoir été violé (et si on parlait aussi d'Oblomov ?), non plus que Duchamp, Fénéon, Pia, etc. Ceci dit pour les seuls silencieux - qu'on aurait pu aller chercher chez les bouddhistes tout aussi bien. Bref. L'idée de renoncement, d'effacement est, au moment où la prolifération prévaudraient dans la sphère des idées, ce qui est parfaitement faux, un livre sur le livre vide déboule comme une fleur. On s'étonne même qu'il n'arrive qu'en 2014. Cela dit, dès 1962 Umberto Eco s'intéressait à la question dans Opera aperta puis Hans Robert Jauss (1967) puis Wolfgang Iser (1976)
Le double intérêt de cet essai est qu'il est rapide et qu'il pose synthétiquement les prémices d'une réflexion utile. (Et puis d'un strict point de vue de consommateur, le Préfet maritime est soulagé de n'avoir pas en main un de ces carnets vierges auxquels Ambrosio Calepino (1435-1511), lexicographe de l'ordre des Augustins, a involontairement donné son nom en établissant son dictionnaire de langues).
Il faut savoir que le sujet justifia en 2005 le florilège All or nothing. An Anthology of blanck Books (2005) de MIchael GIbbs (20 titres signalés tout de même), complété par Anne Moeglin=Delcrois (Vides. Une rétrospective, 2009) sans oublier l'exposition de Izet Sheshsivari et Ramaya Tegegne, Blank Books Maers (Genève, 2012), ce qui fait la maille.
(On peut en déduire que l'abondance de matière confine les précieux ridicules qui nous amusent encore de leurs incapacités à écrire dans les oubliettes profondes de l'intintérêt).

A suivre...
Ce billet sera augmenté dans les heures qui viennent.
C'est ça le blog moderne, ça bouge.
SI on inventait le "billet sans fin" sur le sujet du livre vide ?
Hum ?


Tanka G. Tremblay Esthétiques du livre vide. - Le Murmure, 2014, 62 pages, 7 €