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lundi 18 mai 2009

Günther Anders et la menace nucléaire

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La septième et dernière séance (de la session 2008-2009) du séminaire ALIEN (L’Allemagne comme Laboratoire d’Idées sur l’Energie Nucléaire) aura lieu le mardi 19 mai de 15 heures à 18 heures dans la salle des thèses (deuxième étage, à gauche) de l’UFR de Sciences Sociales de l’Université de Paris 7, Dalle « Les Olympiades », Immeuble Montréal. Accès par le 103/105 rue de Tolbiac ou par le 59 rue Nationale, 75013 Paris. Voici le texte apéritif de cette séance :

Günther Anders et la menace nucléaire

Elève de Husserl, de Heidegger et de Scheler, Günther Anders (1902-1992) a abordé en philosophe, et plus précisément en moraliste, la question nucléaire à travers celle de la bombe atomique. De façon théorique — ses analyses de la bombe atomique (L’Obsolescence de l’homme, 1956) sont la base de son anthropologie critique de la technique — puis à travers des textes plus militants — il a lui-même rassemblé ses interventions majeures dans le recueil qui s’intitule La Menace nucléaire (1981) —, il a nourri les mouvements pacifiste et antinucléaire allemands de sa vision apocalyptique de ce qu’il appelle l’« âge atomique ». Pour lui, depuis la mise au point de la bombe atomique, nous vivons dans un délai, le délai qui sépare notre époque de la fin du monde. A nous d’agir pour prolonger ce délai... Comme Robert Jungk, Anders ne croit pas qu’on puisse distinguer un bon usage pacifique du nucléaire de son usage militaire. Pour lui « toute centrale nucléaire est une bombe ». Après la catastrophe de Tchernobyl, âgé de 84 ans, il poussera encore plus loin sa réflexion dans des textes intitulés « La Fin du pacifisme » ou « Une contestation non violente est-elle suffisante ? » et, abordant l’agression que constitue la menace nucléaire à travers la question de la légitime défense, se demandera, poussant sa philosophie morale à la limite, si l’opposition au nucléaire n’est pas fondée à recourir à la violence contre ceux qui en assurent le développement.

Interviendront au cours de cette séance :
Margret Lohmann, qui a consacré sa thèse à Günther Anders. Publiée sous le titre Philosophieren in der Endzeit (Philosopher à la fin des temps), cette thèse est l’un des meilleurs ouvrages qu’on a consacrés à l’œuvre de Günther Anders.
Franz Schandl, qui est historien, journaliste et essayiste. Il est l’auteur d’un ouvrage sur le mouvement écologiste autrichien qui s’intitule Die Grünen in Österreich. Entwicklung und Konsolidierung einer politischen Kraft (Les Verts en Autriche. Développement et consolidation d’une force politique, Promedia Verlag, 1996). Il a fondé Streifzüge, la meilleure revue de critique sociale radicale autrichienne et collabore à Krisis, la meilleure revue de critique sociale radicale allemande (à l’équipe de laquelle on doit le Manifeste contre le travail, UGE, "10-18", 2002).

Le séminaire ALIEN continuera l'an prochain. Lors de sa première session, il s'est interrogé sur l'histoire du nucléaire en Allemagne des années 1950 jusqu'au moment où l'Allemagne décide de sortir du nucléaire, en 2000. Sa seconde session portera sur les dilemmes énergétiques de l'Allemagne actuelle. Nous vous tiendrons bien sûr informé(e)s de la suite de nos activités et vous communiquerons le calendrier des séances 2009-2010 dès qu'il sera prêt.
Contact : christophe.t.davidATwanadoo.fr



Günther Anders La Menace nucléaire. Considérations radicales sur l'âge atomique. Traduit de l'allemand par Christophe David. - Monaco-Paris, Le Rocher-Le Serpent à Plumes, 2006, 323 p., 20,90 euros