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lundi 30 octobre 2017

Charles-Louis Philippe à Élie Faure

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Reprenons : la vente de la correspondance reçue par Élie Faure a lieu ce jour (voir le billet d'hier).
Au catalogue ces morceaux délicieux de Charles-Louis Philippe (mise à prix 300/400 €) :

Du 1er septembre 1907 :

"Je suis un type dans le genre de la fourmi. J'ai beaucoup travaillé ce printemps et cet été, et c'est ensuite qu je me suis aperçu qu'il valait mieux ne pas utiliser ce que j'avais fait. En attendant, il faut que vous arrachiez madame Millie (1), ma future veuve, aux maux qu'elle continue à avoir dans le ventre. Est-ce que vous pourriez lui écrire un mot, 31 quai Bourbouon, pour lui dire quel jour elle pourrait vous rencontre chez vous ? Elle irait vous consulter. Vous serez bien aimable. Je vous consacrerais dans mes souvenir ou plutôt dans mes mémoires tout un long chapitre. J'émettrais à votre sujet des idées neuves sur les médecins. Je m'engage à déclarer que vous aurez été un précurseur. J'ai fait de la peinture chez Francis (2). Je suis très ennuyé. Je croyais du premier coup lancer l'art contemporain dans des voies nouvelles. Eh bien, je ne puis pas y arriver. Est-ce que par hasard les peintres auraient autant de mérite que nous ? Je pars lundi pour mon pays. il y a déjà une statue. Ca m'ennuie. J'aurais préféré être tout seul. Si c'est vous qui ayez à vous occuper de la mienne, faits-la déboulonner. Je vous rendrai la pareille si c'est moi qui (aie) à m'occuper de la votre.

Du 18 février 1908 :

"Je n'ai pas pu aller vous voir samedi dernier parce que tous ces temps-ci j'étais encore bien fatigué le soir. Dites-moi donc quand je pourrai aller vous remercier de m'avoir guéri. Je suis en train d'écrire une petite chose pour vous. Je dis que la maladie m'a tenu lieu d'un beau voyage et que c'est bien triste de ne plus être malade. Je vous montrerai ça quand ce sera terminé, et vous me traiterez d'hypocrite. Je travaille our l'administration et je trouve que j'étais très bien au lit malgré la fièvre et la diète. Et puis quand je n'écrivais pas, j'avais tant de talent !"


Soit 14 missives autographes signées, soit 12 lettres et 2 cartes (1907-1909).

Correspondance pétillante d'humour caustique et d'autodérision picaresque

dit le catalogue qui abuse des adjectifs.



(1) Emilie Millerand
(2) Francis Jourdain

mercredi 28 septembre 2016

Les bons conseils de Charles-Louis Philippe

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On connaissait les éditions du Torii pour ses travaux sur la littérature de l'exotisme, voici de retour les éditions du Carrelet qui se sont fixé le double objectif de publier des textes relatif à l'altérité topographique, c'est-à-dire d'aborder la continuité du Torii, et de vanter les charmes des Charentes où son filet, un carrelet, est installé. Le fruit de sa pêche : plusieurs volumes dont nous parlerons en temps opportun, en particulier un roman à sentiments de Marcelle Tinayre et ce Charles-Louis Philippe partiellement inédit rassemblant deux fragments les plus "récit de formation" du grand Charles-Louis, accompagné d'une lettre au collégien , de Châteauroux. Quarante-huit pages qui confirment qu'on ne s'ennuie jamais avec Philippe qui a su raconter "les premiers pas d'un jeune homme qui lève la tête et regarde la Vie sans édéfaillance en sachant que le monde est immense pour ceux de vingt ans".



Charles-Louis philippe Lettre à un lycéen. Édition présentée par Bruno Vercier. — Mignaloux-Beauvoir, Le Carrelet Editions, 48 p. 8,40 €


Le Carrelet Éditions
4, allée des Charmilles
86550 Mignaloux-Beauvoir
Lecarrelet-editionsATorange.fr

jeudi 2 décembre 2010

Les Terreurs de l'Atlas

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Dans le catalogue de la Librairie William Théry, quelques pièces uniques de Harry Alis, Rachilde, Edgard Varèse, George Auriol, Henri Strentz, Charles-Louis Philippe, Jean Bruller, Paul-Napoléon Roinard, André Rolland de Renéville et Oscar Venceslas de Lubicz-Miloscz à René Allendy, Claude Farrère (sur son gri-gri), etc.
A noter un bel ensemble sur l'article de Léon Deffoux consacré à Lucien Descaves dans le Mercure de France en 1940, ainsi que l'épigramme de Barthélémy qui suit :

14.- Auguste-Marseille BARTHÉLÉMY (1796-1867), poète marseillais. LAS, Paris, 18 juillet ( ?), à un général ; 1 p. in-4°. Il lui adresse, pour le distraire, un perfide quatrain « éclos, cette nuit, de (son) insomnie » aux dépens d’André Dupin, dit Dupin aîné (1783-1865), président de l’assemblée législative en 1849 et académicien. Il l’a intitulé : Les Dames à M. Dupin :
Contre nous, vieux Dupin ! vainement tu fulmines,
Dans ton petit livre à deux sous ;
Tu tapes sur nos crinolines,
Ne pouvant plus taper dessous. »
L’ouvrage de Dupin dont il est ici question est probablement son Opinion sur le luxe effréné des femmes (1865). 50 €

Et puis, illustrant ce billet, la très belle affiche de cirque dont voici la notice :

65.- Maurice Féaudierre dit SERGE (1909-1992), dessinateur et écrivain, historien du cirque. LAS écrite au verso d’une affichette lithographiée représentant la dompteuse de lions Nouma-Hava (27 x 40 cm), Paris, s.d., à Robert Kemp ; 1 p. in-4°. Le « gamin folâtre » qu’il est se déclare « heureux d’avoir pu retrouver pour (Kemp) les traces picturales du corps, du visage et des lions de la célèbre NOUMA-HAVA qui enchanta votre enfance. » Serge désirait conserver cette affichette en couleurs : « Mais vous semblez tellement y tenir et vous aimez si superbement le Cirque, que je m’en sépare, certain qu’elle fera ressusciter facilement en votre cœur de poète la place des quinconces avec ses toiles étoilées, enluminées des feux merveilleux d’une enfance éblouie. Voici donc NOUMA-HAVA parmi les Terreurs de l’Atlas… » ─ Le document est en état fort médiocre (plis, petits manques, nombreuses consolidations au scotch au verso, probablement par Serge). Curiosité. 50 €



Librairie William Théry
1 bis, place du Donjon
28800 Alluyes
02 37 47 35 63
williamthery@wanadoo.fr

jeudi 12 novembre 2009

Feues les Figures (1900)

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A partir de 1880, Octave Uzanne (1851-1931) fut un bibliopole extra, spécialisé dans le livre superbe, diablement illustré à la mode du temps, tel ce Miroir du monde de la maison Quantin. Parfois confiné à l’anecdotique, ou au pittoresque, il fut en premier lieu un bibliographe et un bibliophile dont la production personnelle reste utile et parfois délicieuse, témoin son rarissime Dictionnaire biblio-philosophique, typologique, iconophilesque, bibliopégique et bibliotechnique à l’usage des bibliognostes, des bibliomanes et des bibliophilistins (Paris, Académie des beaux livres-Société des Bibliophiles contemporains, en l’an de grâce bibliophilique, 1896) tiré à 176 exemplaire, ou ses revues comme Le Livre. On lui doit aussi un Barbey d’Aurevilly (1927), Le Livre Moderne, Nos Amis les Livres, les Caprices d’un bibliophile, La Nouvelle Bibliopolis et beaucoup d’autres ouvrages encore consacrés à des sujets futiles mais agréablement illustrables et fort plaisants à l’esprit : la mode et les curiosa. (Pour en savoir plus long, il existe une thèse rédigée par Fati Glamallah, Octave Uzanne, Bibliophile et revuiste).

Rééditées ces jours, ses Figures de Paris, ceux qu’on rencontre et celles qu’on frôle, dont le sous-titre obéit à une curieuse grammaire, sont un ouvrage collectif de 1901 où quelques plumes notoires de la Belle Epoque ont formé un recueil de portraits sous l’angle de la profession, ou du mode de vie. Un genre bibliographique en soi, adopté par les chroniqueurs qui suivaient les traces de Rétif et avaient pris l’habitude de pondre de la copie pour la presse si pléthorique au XIXe siècle. En voici le menu :
Snobs et snobinettes de sport, par Hugues Rebell
Sergot, par André Beaunier
Pierreuse, par Jean Lorrain
Camelot, par Alfred Jarry
L’Invalide, par Franc-Nohain
Terrassiers, par Maurice Beaubourg
Le Crieur de dernières nouvelles, par Edmond Pilon
Cochemuche, par Albert Lantoine
Silhouettes de Montmartre, par Gustave Kahn
Trimbaleur de Refroidis, par Saint-Georges de Bouhélier
Petite Blanchisseuse, par Edmond Pilon
Ramasseur de mégots, par Tristan Klingsor
Femmes du d’Harcourt, par Hugues Rebell
Troubades, par Edmond Pilon
Cipal (Gardes de Paris), par Charles-Louis Philippe
Le Garçon de Café, par Franc-Nohain
Coltineurs, par Louis Codet
Porteurs de Babillardes (facteur), par Georges Pioch
Fleuriste, par Saint-Georges de Bouhélier
Trottins, par Octave Uzanne

Si l’on ne craignait un très relatif anachronisme, il n’y manquerait que la ramasseuse de crottes de chiens, périphérique figure dont Léon Bonneff parlera un peu plus tard dans Aubervilliers, active lorsque les “marquis de quatre sous” chers aux vingt ans de Charles Monselet n’étaient plus.
Dépaysant à souhait, parfois spirituel, l’ensemble réuni par Octave Uzanne forme en outre un excellent memento mori, puisque bientôt, le “Trimbaleur de Refroidis” modernisé emportera nos carcasses, comme autrefois…

Une soirée a lieu ce jour à la librairie l’Arbre à Lettres de la rue Edouard Quenu (quartier Mouffetard), à partir de 19 heures, autour de ce livre et des Inventions de Pawlowski dont nous avons parlé il n’y a pas si longtemps. le Master of Ceremony est le préfacier des deux opus.


Octave Uzanne (dir.) Figures de Paris, ceux qu’on rencontre et celles qu’on frôle. — Paris, La Bibliothèque, coll. “Les Billets de la Bibliothèque”, 135 pages, 14 euros

lundi 10 août 2009

Lectures d'été : Charles-Louis Philippe

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Une édition revue et augmentée des derniers cinquante-deux contes de Charles-Louis Philippe, par le maître éditeur Edmond Thomas et David Roe.
Ils avaient paru entre 1908 et 1909 dans le journal Le Matin.
Il faut lire à tout prix Charles-Louis Philippe. Ses livres sont des enchantements.
Quand il se négocie à quatorze euros, on paraît bien bête de ne pas s’en prémunir vivement.



Charles-Louis Philippe Contes du matin. Préface de David Roe. - Bassac, Plein Chant, 189 pages, 14 euros.

Editions Plein Chant
16120 Bassac



Voir aussi Charles-Louis Philippe par René Ghil (Livrenblog)

vendredi 26 janvier 2007

Une lettre de Charles-Louis Philippe à sa mère (1904)


Paris, 15 juillet 1904

Chère maman,
Je viens du 20 de la rue Cler où la concierge
m’a dit de vous rassurer pleinement. D’ailleurs,
elle a dû vous écrire et sa lettre s’est croisée avec
celle que vous m’écriviez. Ainsi donc, ne
craigniez rien, votre fils est au Tréport.
Je ne sais pas si vous allez recevoir cette
lettre à temps. En tous cas, j’irai demain à
Bigny, mais je ne sais pas encore à quelle
heure. Peut-être prendrai-je le train qui arrive
à 12 h 26 à Vernon. Dans ce cas, ne vous dérangez
pas. Je déjeûnerais à Vernon et j’irais ensuite
à Bizy. Mais je n’en suis pas absolument sûr.
Je trouverai bien seul le chemin de Bizy
A demain. Mes amitiés à M. Carassale,
Votre fils
Philippe

P. S. Si je n’arrivais pas à 12 h 26, j’arriverai à 7 h (?)
Mais je vous le répète, ne vous dérangez pas pour 12 h 26

Cachet : 15 juillet 1904, Paris, rue Amélie
Adresse d’expédition : Madame Suzanne Carassale, Hôtel de l’Ardèche, à Bizy, par Vernon (Eure).

Cette lettre n’apparaît pas dans Charles Louis PHILIPPE (1874-1909) Lettres à sa mère. — Editions de la Nouvelle Revue Française, 1928, collection “Une œuvre, un portrait”. In-12 broché, avec un portrait de l’auteur par Charles Guérin en frontispice, gravé sur bois par G. Aubert. 26 exemplaires sur japon, 120 hors commerce n° sur vélin simili cuve, 860 exemplaires sur vélin simili cuve de Navarre.

Fonds Charles-Louis Philippe (Vichy)