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samedi 13 juin 2015

Une forme solide pour le langage...

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L'arsenal des lettres, chiffres et signes constitue un outil tout-terrain dont on devrait se réjouir tous les jours. C'est un champ de signes où jubilent les esprits. C'est aussi une forme solide pour le langage, comme l'écrit justement certain essayiste récemment traduit en français. Et le marché de la poésie qui se déroule en ce moment place Saint-Sulpice à Paris est le lieu où batifolent tous ces caractères avec plus ou moins de fantaisie, de lyrisme, de sérieux, de mélancolie, de morgue ou de timidité, de folie ou de sagesse, et parfois même les deux. Le lieu où s'illustrent toutes les capacités de cette technologie merveilleuse.
Cette promenade du week-end vous évitera d'aller mettre des baffes à certain pitoyable individu qui gesticule au palais de Tokyo en jetant des livres, maladroitement, comme un pauvre couillon inepte. L'année prochaine il jettera probablement des urnes de vote, l'année suivante les cendres de sa mère, le pauvre couillon inepte.
Pour le consoler, nous lui conseillons derechef la Philosophie de Charles Henrion, ce vaudevilliste si célèbre autrefois et si mort aujourd'hui (depuis 1808). Le pauvre inepte couillon trouvera dans ces seize (16) pages suffisamment d'esprit pour regretter toute sa vie sa pitoyable mise en scène couillonne. Tandis que nous nagerons dans la félicité. Et en particulier en apercevant la réédition de Popoème de Gaston Criel, ce très grand et très fortiche recueil de poèmes révoltés de 1974, sur certain stand ferroviaire...
Que sont donc grands les dieux du Signe !

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Robert Bringhurst La Forme solide du langage Essai sur l'écriture et le sens. Traduit de l'anglais par Jean-Marie Clarke et Pascal Neveu. - Paris, Ypsilon, 2011, 80 pages, 18 €

Gaston Criel Popoème. Maquette et illustrations de Renaud Buénerd - Paris, Les éditions du Chemin de Fer, coll. "Micheline", 60 pages, 9 €

Charles Henrion Ma Philosophie. - Bannes-Paris, Fornax, 16 pages, format 20,5 x 13 cm. Couverture de carte Conqueror vergé gris, sur laquelle est rempliée une jaquette de vergé gris à la forme provenant du XIXe siècle, porteuse d'une étiquette de vergé blanc de même provenance, imprimée en vieux rose et noir. Intérieur composé à la main et imprimé en typographie au plomb en vieux rose et noir. Illustrations « libres » composées d'un assemblage de vignettes du caractère à combinaisons Super-Veloz dont l'usage est ainsi détourné. En feuilles sous la couverture. 69 ex. sur vergé blanc à la forme provenant du XIXe siècle, tous numérotés à la presse.

mercredi 25 juillet 2012

Le plomb chauffe chez Fornax

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Trois jolies nouveautés-surprises à découvrir au catalogue des éditions Fornax cet été :
Une star et deux méconnus (le premier des deux n'étant pas tout à fait perdu dans la masse, mais seulement en retrait. Quant au troisième...)

La star du lot donc, c'est Nicolas Cirier bien sûr, l'imaginatif typographe de la Royale, capable de peaufiner des brochures et imprimés à base de paperolles de toutes couleurs. Depuis des années, son aura n'a cessé de croître et les éditeurs de le réimprimer, tant pour ses folastries de papiers, que pour ce qu'il fut intégré au rôle des hétéroclites français par Queneau, Blavier et suivants.
Aujourd'hui c'est sa Lettre supplique au sujet du cran qui reparaît, et c'est une très bonne et belle chose.

Deuxième curiosité, dont l'Alamblog s'est ouvert il y a quelque temps déjà, Le Sommeil de Louis-Antoine de Caraccioli, l'écrivain de toutes les couleurs. On aura forcément l'occasion d'en reparler.

Quant au troisième larron, il a nom Charles Henrion, et ça n'est guère mentir que de dire qu'il était jusqu'ici tout à fait tombé dans l'oubli. Sauf que l'intervention de Fornax aura fait capoté la tentative d'escamotage. Désormais, on peut lire sa Philosophie, très libertine, illustrée typographiquement en Super Velox (cf. le portrait infra). De plus, la BnF a, dans sa grande connaissance des auteurs anciens, songé à numériser L'Absinthe, comédie-parade en 1 acte, mêlée de vaudevilles (Perrault, s. d.) ; L'Amant rival de sa maîtresse, opéra en 1 acte, paroles de M. Henrion, musique de M. Alex. Piccini. (Première au théâtre de la Porte-Saint-Martin, 22, 23 et 24 brumaire an XII. - Paris, Mme Cavanagh, an XII) ; Adrien Vanden-Velde, comédie-anecdote en 1 acte, en prose, mêlée de vaudevilles. (Première le jour de l'ouverture des Nouveaux troubadours, à Paris, vendémiaire an XIV. - Paris, Allut, 1806) ; Les Amours de la Halle, vaudeville poissard en 1 acte, par MM. Henrion et M. (Moreau de Commagny). [Première au Montansier-variétés, 5 frimaire an XI. - Paris, Barba, an XI i. e. 1802). Ces quatre ouvrages sont en ligne sur Gallica.bnf.fr, comme il se doit.


Il fut lent à venir, il est tout pardonné : l'été commence bien


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