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vendredi 25 septembre 2009

La Lanterne japonaise (pour contribuer à la redécouverte de Jehan Sarrazin)

lanterneSarrazin.jpgn° 3, 24 novembre 1888 (poème de Charles Cros)



Il y a quelques jours, Jehan Sarrazin réapparaissait grâce aux valeureux efforts de Grégory Haleux, qui lui consacre un long article, “Jehan Sarrazin, le poète aux olives”, bientôt soutenu par Bruno Leclercq qui ajoute une poilante nouvelle du dit Sarrazin, “La petite marquise”.

C’est donc notre tour d’en ajouter une louche en proposant un coup d’oeil à La Lanterne japonaise, la revue de Jehan Sarrazin (seize livraisons de 1888 à 1889, puis soixante-neuf autres) à laquelle contribuèrent Charles Cros, Maurice Rollinat, Paul Verlaine, Erik Satie et, pour les illustrations, George Auriol.

Nous en tirerons dès demain un écrit essentiel.

mercredi 25 avril 2007

Charles Cros, par Victor Barrucand (1893)


Charles Cros

Qu'un homme, en ce siècle, se soit payé, à défaut du pain quotidien, le luxe d'inventer le phonographe, qu'il ait outré la complaisance envers ses concitoyens ingrats jusqu'à les doter de la photographie des couleurs, et qu'entre temps — avant de mourir — pour charmer le coeur des belles personnes et pour orner l'esprit des jeunes gens, il ait écrit des poèmes durables où se survit son âme intense, c'en est assez, semble-t-il, pour la gloire de son nom. Si quelque période d'oubli survient après cela, on cradrait croire que le temps préparer à la mémoire du poète un suffisant recul d'où sa personnalité surgira légendaire. Tous ceux qui ont gardé le souvenir ému de Charles Cros ne doutent point qu'il en soit ansi pour ce charmant génie aux allures déconcertantes.
Avec Félix Fénéon, Camille de Saint-Croix, L. Marsolleau, Alphonse Allais, Emile Goudeau, Verhaeren, Paul Verlaine, etc., des choses merveilleuses ont été révélées sur le poète et l'inventeur qui contribueront à perpétuer les multiples aspects de sa vie.
Charles Cros, né à Fabrezan (Aude), le 1er octobre 1842, est mort à Paris, le 9 août 1888, d'une décoordination générale des organes. Il a laissé des pages inédites — bien peu nombreuses, hélas ! — Ses poéies posthumes seront très prochainement réunies sous ce titre : "Le Collier de Griffes".
Ceux, pour qui le "Coffret de Santal", son premier volume, fut un événement, et qui tiennent ce livre, avec de spièces comme le Sento, l'Orgue, l'Archet, pur un de splus rares parmi l'abondante effusion littéraire des vingt dernières années, accueilleront sans doute avec la même faveur ces vers sans lendemain du poète, du philosophe, de l'humoriste, et du savant Charles Cros.
Pour exciter quelque ferveur à ce propos, nous offrons dès aujourd'hui, au lecteur, un extrait du "Collier de Griffes".

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lundi 15 janvier 2007

L'exotisme a ses couleurs (les photochromes d'Orell Füssli à l'usage des voyageurs)


On se souvient peut-être que Charles Cros fut le premier — mais oui — à photographier en couleurs. Si on ne s’en souvient pas, il suffit de consulter, voire d’acquérir (car il vaudra des sous un jour) ses Inédits et Documents (1), dont l’éditeur a eu le génie de donner une reproduction de ces très émouvants premiers clichés en couleurs du monde. Vous avez bien lu, du monde, selon le procédé trichromique (ne nous demandez pas de détails techniques, ils sont dans le bouquin).
Pour l’heure, c’est à la riche collection de Marc WALTER que l’on doit un imposant et distrayant volume : conçu comme un grand tour de planète en 90 minutes, il nous permet d’aborder les hauts-lieux de la planète, ainsi que la plupart des peuples, à travers l’oeuvre cumulative et compilatoire d’une technique formidable. Il fallait le nez et la pertinence d’un amateur pour sentir tout le charme de ces images un peu outrecuidantes, et parfois même bouffonnes, mais le plus souvent touchantes et… exotiques. D’un exotisme ficelé à grands coups de pinceaux bien entendu, comme le démontre assez bien la pâtisserie anglaise qui suit, russe pour le moins, néanmoins charmante.

Comment ne pas ressentir l’envie de visiter cette terre où poussent les friandises ?
Dans une notice technique placée in fine, Christian Laucou nous explique comment étaient fabriquées ces merveilleux trompe-voyageurs, à quoi tient le procédé inventé par le Suisse Orell Füssli, le “photochrome” : ces images dont nous avons tous un souvenir sont le fruit d’un procédé d’impression lithographique à base de photographie. C’est à dire que l’image est copiée sur des pierres lithographiques chromatiquement retouchées à la main (par d’excellents lithographes, capables de produire de très beaux dégradés). Ce procédé, qui laissa de coté la lithographie lors de l’apparition de l’offset, permit de produire d’innombrables cartes postales jusque dans les années 1950.
Nous en avons tous vu, en voici la superbe anthologie où éclatent les rouges, les verts, les bleus. Mais puisque notre scanner (nul quoique neuf) est incapable de rendre justice à ces clichés merveilleux, voici, en grand, la couverture du livre :

De quoi mieux comprendre les appétits transatlantiques de nos aïeux et, peut-être, les voyages de Raymond Roussel, Valery Larbaud et consorts. Peut-être…

Marc WALTER et Sabine ARQUE Portrait d’un monde en couleurs. Préface de Jean-Christophe Rufin, postface de Christian Laucou : “L’invention d’Orell Füssli, approche technique du Procédé Photochrome”. — Paris, Solar, 2006, 384 pages, 49 € jusqu’au 31 janvier prochain, 59 € ensuite.



(1) Charles CROS Inédits et Documents, présentés par Pierre E. Richard. — Villelongue d’Aude, L’Atelier du Gué-Jacques Brémond, 292 p., 38, 11 €