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lundi 30 novembre 2015

Livroscope débarque pour la COP #21

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En un clic, Livroscope vous propose de découvrir L’Utilisation de la chaleur solaire, un recueil d'écrits d'Abel Pifre et de ses commentateurs au sujet de la grande invention d'Auguste Mouchot, inventeur malchanceux, néanmoins français, d'une machine permettant d'utiliser l'énergie solaire.
Nous ne vous donnons pas ici la date de son invention, vous en blémiriez tant l'attitude du monde industriel et financier en cette affaire est d'un ridicule obscène.
Édité à l'occasion de la COP #21, ce livre électronique gratuit est proposé ici sous deux formats : tablettes 7 / 8 pouces et liseuses 6 pouces. Les utilisateurs de liseuses grand format (8 pouces), téléchargeront le format tablettes.

Format Liseuses
Format Tablettes

Ce livre édité en partenariat avec Paléo-Energétique et L'Oeil d'or est complètement gratuit, donc diffusable à tous les amis.
En contrepartie, vous diffuserez la liste des parutions 2016 de Livroscope qui se trouve in fine...
C'est du troc.



Abel Pifre L'Utilisation de l'énergie solaire, suivi de Les Récepteurs solaires et des commentaires de Charles Bontemps, Gaston Tissandier et E.-H. Weiss. - Édition établie et présentée par le Préfet maritime. - Paris, Livroscope en partenariat avec L'Oeil d'or et Paléo-Energétique, 2015. Gratuit. Free.

lundi 2 janvier 2012

Des robes de Poiret pour bien commencer l'année

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Monsieur Antoine et Monsieur Nicolas sont deux libraires d'ancien. Ils ont publié il y a peu un délectable catalogue consacré à Paul Poiret (1879-1944), le fameux couturier des années 1910-1930, révolutionnaire styliste qui a fait entrer la mode dans son âge moderne.
Formidable dessinateur, il modernise non seulement les robes, mais aussi le dessin de celles-ci et la presse féminine après son passage ne sera plus la même.
Ce grand créatif, qui avait fait ses débuts chez Doucet, toucha à partir de 1903, date de son lancement en indépendant, finalement à tout ce qui pouvait s'illustrer ou se revêtir : catalogues, cartes publicitaires, costumes de théâtre...
Collectionneur d'art — il se consacra tout à l'art après sa collection du printemps 1933 et la publication de ses mémoires en trois volumes entamée chez Grasset en 1930, En habillant l'époque —, homme de culture proche de Raoul Dufy, de la comédienne Sarah Rafale qui fut son modèle favori, ou de Paul Iribe qui dessina dix-sept de ses robes dans un superbe album, Paul Poiret est tout entier dans le catalogue de la librairie Diktats. Très illustré et bien documenté, cette monographie vaut bien un salut.

Reste qu'une question nous trotte encore dans la tête : reprochera-t-on à Poiret l'invention de la jupe-culotte ?


Librairie Diktats
Catalogue n° 1 Paul Poiret


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jeudi 22 avril 2010

« Flairer en tout le Divers » (Victor Segalen)

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Largement documentés et fort illustrés, les catalogues de Pierre Saunier émoustillent depuis longtemps les bibliofilous et gens d'espèce approchante. Il est rare, pour dire vrai, de lire autant et avec tant de plaisir les notices savantes et joliment rédigées d'ouvrages anciens peu courants, voire jamais vus, mis en vente au hasard des dispersions de bibliothèques privées et de chines de libraires avisés. On s'y nourrit avec profit : François Caradec déclarait à qui voulait l'entendre qu'il avait beaucoup appris dans les catalogues à prix marqués.

Avec Pierre Saunier, spécialistes des périodes littéraires qui nous plaisent et des artistes qui nous émeuvent, une porte s'était ouverte il y a plusieurs lustres déjà, et cette porte - déjà dorée à l'or fin - s'est transformée en portail monumental : la publication du nouveau catalogue consacré à Victor Segalen est une surprise qui devrait pousser à la relecture de l'oeuvre de l'"Exote" selon sa propre expression, né à Brest le 14 janvier 1878 et décédé accidentellement en forêt d'Huelgoat le 21 mai 1919.

L'ensemble produit par Pierre Saunier, mieux qu'un Tombeau de Segalen, est une superbe incitation à le lire, à le relire ou à le découvrir si l'on en ignore tout. Et par la contemplation de pièces inédites, on constate que la biographie s'avale avec un plaisir inouï lui aussi.
Qui avait déjà vu les affiche et catalogue de l'exposition Volpini de 1889 (celle qui lança les synthétistes pontavéniens de Gauguin et par la même occasion l'art moderne) ?
Qui avait simplement contemplé des pièces uniques telles que ces somptueuses reliures à la chinoise couvrant des exemplaires de l'édition originale de Stèles (1912) avec dédicace, ou de l'exemplaire d'auteur de ses Immémoriaux ?
Pour dire les choses simplement, ce catalogue est une accumulation de merveilles : 229 documents en vente, sans compter cette originale des Stèles qui figure à titre d'illustration et ne quittera pas la collection particulière L. S. D.

Les trouvailles inouïes qu'on déniche là, fruits d'années de quête d'un libraire passionné et savant, sont réparties en chapitres qui font du catalogue une biographie par l'objet : Les Cliniciens, La Polynésie (Gauguin et Georges-Daniel de Monfreid), Quant à la musique (Claude Debussy), La Chine puis Le Dernier Retour, et, finalement, le réseau amical de Segalen qui ouvre sur les oeuvres et ouvrages des proches, parmi lesquels Augusto Gilbert de Voisin, Remy de Gourmont, Jean Fernet, Albert de Pouvourville (dont l'Alamblog se promet depuis quelque temps de vous donner des nouvelles), Joseph-Charles Mardrus, Paul Claudel, Claude Bargonne dit Farrère, Jules de Gaultier, Charles Guibier, Louis Laloy, Jean Lartigue, Charles Régismanset, Saint-John Perse, etc.

Sur le fond, on n'ignore rien du parcours de Segalen, de son intérêt pour le Divers, qui exprime, chez lui, la quintessence de l'exotisme - un exotisme bien différent des colonialités de son ami Farrère par exemple - et lui donne des ailes en lui proposant non pas des "sujets" de littérateur parisien, mais des incitations à créer qui seules le meuvent.

« Je me suis donc mis à l'étude du chinois. Tout compte fait, j'attends beaucoup de cette étude, en apparence ingrate ; car elle me sauve d'un danger : en France, et mes projets actuels menés à bout, quoi faire ensuite, sinon "de la littérature" ! J'ai peur de la recherche du "sujet". Alors que jusqu'ici c'est toujours le sujet qui s'est imposé et m'a tenaillé jusqu'à son avènement, ou son enkystement provisoire. En Chine, aux prises avec la plus antipodique des matières, j'attends beaucoup de cette exotisme exagéré. » (Lettre à Jules de Gaultier, cit. p. 73 du catalogue.)

Pour qui croirait que l'oeuvre de Victor Segalen est un granit qui jamais ne fut enfoui, il faut signaler comme le fait Pierre Saunier que l'admiration de l'éditeur Georges Crès, celle de Remy de Gourmont furent, parmi d'autres, des soutiens de l'auteur vivant, mais que son décès, en 1919, vit son oeuvre risquer l'enfouissement. Et ça n'est pas le silence précautionneux d'un Paul Claudel - que Segalen avait publié dans sa "collection coréenne" (Crès, 3 volumes publiés en 1914 ) qui l'aurait remis en lumière - ah, ces poètes officiels, comme ils ont lutté pour le devenir... Non, il fallait compter sur le jeune Norge qui rachète en 1936 à Plon le reliquat de l'édition de Stèles pour distribuer le volume autour de lui, puis sur la fille de Segalen et sur le libraire Jean Loize qui organisèrent en février 1944 l'exposition De Tahiti au Tibet. Sans eux, il est probable que du médecin de marine, sinologue, poète et archéologue, nous ne saurions plus grand chose.

Voilà aussi pourquoi, ce catalogue dense et épais est une façon singulièrement efficace de reprendre contact avec celui qui se sentait "apte à flairer le Divers". Soit un grand bain jouissif dans l'univers de l'Exote.




Pierre Saunier Segalen, l'Exote. - Paris, Librairie Pierre Saunier, printemps 2010, 208 p.




Pour en lire plus :

Victor-Joseph-Ambroise-Désiré Ségalen L'Observation médicale chez les écrivains naturalistes. Thèse... - Bordeaux, Imprimerie Y. Cadoret, 1902.

Victor Ségalen "Les synesthésies et l'école symboliste" (Mercure de France, avril 1902, p. 57-sq.).

Victor Ségalen "Gauguin dans son dernier décor" (Mercure de France, juin 1904, p. 679-sq.).

Max-Anely (pseud.) "Voix mortes : musiques maori" (Mercure musical/S. I. M., 1907, pp. 1001-sq.)

Max-Anely (pseud.) Les Immémoriaux. - Paris, Mercure de France, 1907.

Jean Lartigue "Notes sur les travaux topographiques de la mission Voisins-Segalen-Lartigue dans la Chine occidentale" (La Géographie, p. 308-sq.).

Henri Cordier nécrologie de Victor Segalen (T'oung pao, 1920, vol. 19, p. 52).

Augusto Gilbert de Voisins "Victor Segalen" (La Revue de Paris, 15 mars 1921).

Victor Segalen "D'après René Leÿs (I)" (La Revue de Paris, 15 mars 1921).

Victor Segalen "D'après René Leÿs (II)" (La Revue de Paris, 1er avril 1921).

Victor Segalen "D'après René Leÿs (III)" (La Revue de Paris, 15 avril 1921).

Victor Segalen "Le siège de l'âme" (Mercure de France, 15 avril 1921, p. 374-sq.).

Victor Segalen René Leys - Paris, Plon, 1950.

Victor Segalen Stèles (texte intégral en ligne... Mais on aurait grand tort de ne pas s'offrir une édition sur papier, ou mieux, de ne pas recopier pour son usage ce texte merveilleux sur papier de Chine).


Librairie Pierre Saunier
22, rue de Savoie
75006 Paris



Illustration du billet : Projet de couverture, par Georges-Daniel de Monfreid (item 19 du catalogue).

jeudi 11 février 2010

Rouge Russie et autres avanies

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Tandis que Libération ose encore, le 11 février 2010, consacrer un article aux fumisteries d’un certain pipeaule à chemise (entarté depuis longtemps et définitivement discrédité depuis mardi) (1), un libraire américain donne un catalogue drôlement intéressant, lui, consacré aux publications révolutionnaires russes du début du siècle dernier.

On vous dit ça comme ça, en passant, au cas où vous auriez envie d’aller y voir.



Note 1 : Toute la planète en rit, Libération poursuit (s’est aperçu de rien). Des devins, ces critiques, on vous dit. On ira donc acheter le Canard enchaîné d’hier.

vendredi 9 octobre 2009

Pazouzou à prix marqué

pazouzou.jpg (Pazouzou, Bréviaire amoureux de Saint-Germain des Près, Presses du Livre français, 1949.)



Alban Caussé, Jacques Desse et Thibaut Brunessaux ont réuni leurs efforts à l’enseigne des libraires associés. Un catalogue de cinq cent douze Livres curieux & bizarres vient de paraître, fruit de leur labeur et de leurs curiosités conjugués.
Pour découvrir ces ouvrages étranges, et pour la plupart très appétissants, cliquez ici .
Attendez-vous à en prendre plein les mirettes.
Leur librairie ouvre ses portes du mardi 13 au samedi 17 octobre à l’occasion de la sortie du catalogue et des derniers jours de l’exposition des livres publiés par Robert Delpire, “éditeur essentiel” depuis les années 1950.
Bonne pêche.

Chez les Libraires associés
3 rue Pierre l’Ermite
75018 Paris
01 42 57 20 24
Métro Barbès (ligne 4) ou La Chapelle (ligne 2)
libraires-associesATorange.fr

Ajout du 20 octobre : Umberto Eco en parle !

mercredi 2 septembre 2009

Le catalogue pérave (tendances)

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Il y a quelques mois déjà, au Musée d’art moderne de la ville de Paris, nous avions renâclé lorsqu’on nous avait proposé en piles plastifiées le catalogue de la belle exposition Alfred Kubin. Pas un exemplaire qui soit en état d’être vendu - neufs mais salis, endommagés, flétris et pour le prix du neuf tout de même : 39 euros.
Un graphiste à la mode s’était réjoui l’égo en imaginant un truc “ouf” et chichiteux : une couverture sur papier crème clair et léger, léger… Avec rabats, certes, mais beaucoup trop léger pour accueillir et soutenir un corps d’ouvrage de XVI-146 pages. Faute de pouvoir lire ailleurs le texte de Christophe David, nous fîmes l’achat tout de même, le coeur lourd. Et, depuis, nous avons coulé dans le verre cette future ruine afin qu’elle subsiste un peu.
Pour flétrir le responsable de cette erreur olympique, signalons qu’il n’est autre que ce graphiste à la mode qui avait également foiré (hardiment) le catalogue Samuel Beckett du centre Beaubourg (solide celui-là, mais équipé d’un foliotage imbrogliotique). C’est à croire que les graphistes à la mode suivent les mêmes enseignements que les architectes à la mode…

Nous imaginions avoir tout vu lorsque, au sortir de l’exposition Max Ernst du Musée d’Orsay (les 184 collages originaux de La Semaine de bonté de 1933 réunis pour la première fois, après avoir été édités en 1934 par Jeanne Bucher), nous nous jetâmes sur la librairie pour acquérir le roman-photo réédité… Las…

Le gros catalogue était là, sous nos yeux, correctement imprimé. Sauf qu’un autre “artiste du livre” à la mode avait fait oeuvre d’imagination, prétendant sans doute nous trouer le fondement : des plats de carton brut, sans protection sur les tranches et des coins non couverts… Evidemment, aucun exemplaire n’était exempt de tonches, torsions, blessures. Et passons sur l’impression de la toile du dos qui ne résiste pas à l’ongle et sur le brochage beaucoup trop fragile pour subir sans blessure une consultation intégrale. L’objet valant 45 euros, nous filâmes, instruits par l’expérience. C’est à peu près la seule chose à quoi nous sert notre âge.
Et nous songeâmes - in petto, naturellement - qu’il y avait quelque déplaisir à voir des machins pareils, produits par des institutions pareilles, et à en causer ici, après avoir loué pas plus tard que la semaine dernière les travaux d’un imprimeur-éditeur indépendant de Bassac, Edmond Thomas, fine fleur du métier.

vendredi 17 juillet 2009

Un catalogue de Pierre Saunier...

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Un catalogue du libraire Pierre Saunier, c'est toujours un événement.

Faute de l'avoir en main, nous ne serons guère disert. Voyez plutôt ce qu'en dit l'excellent Bruno Leclercq de l'efficace Livrenblog.

dimanche 30 novembre 2008

Le frontispice macabre des Ruines de Paris en 4875

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Grâce à l'aimable alamblogonaute Dominique Bordes, qui connaît bien le livre pour en posséder l'originale, voici le frontispice macabre de l'édition originale des Ruines de Paris... d'Alfred Franklin, texte farceur au destin tressautant.

Nous avions vu l'image dans les catalogues de Pierre Saunier, autrefois, et nous nous réjouissons de pouvoir la montrer encore.

Pour l'heure, il est toujours possible de se procurer la nouvelle édition définitive de ce récit d'aventures coloniales et d'archéologie, si l'on peut dire.



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Alfred FRANKLIN Les Ruines de Paris en 4908. — Talence, l'Arbre vengeur, coll. "L'Alambic", 111 p., 10 euros

lundi 25 août 2008

Du catalogue d'expositionn (deux râleries)

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C’est une extraordinaire démonstration d

Avant de conclure sur le génie de cet homme, il faut signaler une jolie entourloupe qui se joue à l’occasion de cette exposition. Elle est dûe, elle, à l’absence de talent des responsables de l’édition du catalogue de l’exposition : couvert d’un papier fragilissime, et très salissant, le catalogue est vendu pour la coquette somme de 39 euros. C’est-à-dire que le cochon de citoyen paye une reliure bien nécessaire qui inexiste avec beaucoup d’aplomb (s’il parvient à trouver un exemplaire propre et en état à acquérir, ce qui est justement une gageure). Soit 39 euros le brochage vexatoire, contrairement à ce qu’indique ostensiblement la notice Electre :

Relié 39,00 EUR
ISBN 978-2-7596-0019-9
Gencod 9782759600199
Distributeur UD Union distribution
Paru le 19 novembre 2007

Editeur Paris-Musées, Paris

Description XVI-146 p. ; illustrations en noir et en couleur ; 27 x 22 cm
Note Bibliogr.

Espérons que la direction de “Paris-Musées” a rougi de honte (elle ne manquera pas d’avaler des retours considérables, quoi qu’il en soit : la pile d’une quinzaine d’exemplaires présente à la librairie du musée était elle-même inconsommable, salie, abimée…).
Une première règle pour aider les apprentis-éditeurs : ne pas laisser un graphiste à la mode s’occuper d’autre chose que de graphisme à la mode. Une deuxième : l’art c’est bien, le respect du public c’est très bien aussi.

P. S. Les inepties ne se cachent plus : Nous venons de découvrir qu’existe une anthologie de littérature féminine équestre (?!) sous le titre désopilant de La Plus Belle Conquête du cheval, c’est la femme. No comment.