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mercredi 15 juillet 2015

On a retrouvé les Pantins !

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Le regretté Bruno Leclercq y avait consacré un billet : à l'occasion de l'ouverture du "Théâtre des Pantins", La Critique du 5 janvier 1898 (n° 69) avait donné, outre la fameuse annonce illustrée reproduite ici un articulet à sa rubrique Théâtre :

Théâtre des Pantins (1)
Une très jolie manifestation artistique.
Le guignol des grands enfants « tombe » les grands théâtres.ùùù Ferdinand Hérold et Franc-Nohain déchaînent le fou rire avec Paphnutius et les Chansons de la Charcutière, en attendant une nouvelle mise à la scène du désopilant Ubu et un programme mirifique.
La salle est décorée par les maîtres : P. Bonnard, Ed. Vuillard, K. X. Roussel, P. Ranson.
Du neuf ! Nous y consacrerons un long article la prochaine fois.
(1) Ouverture, 6, rue Ballu, près la rue Blanche.



Ce théâtre prestigieux, quoique de passager usage, a naturellement laissé un grand souvenir dans les mémoires. Mais...
Mais il restait quelque flou à son sujet, et Remy Bellenger, Hexaèdre éditeur lui-même, s'est attaqué au flou pour le durcir et le sculpter. Résultat, il n'est plus flou, il est dur.
On sait désormais tout ce qu'il faut savoir sur ce Théâtre des Pantins, et en particulier qu'il n'avait pas la forme d'une petite cabane...
C'est sans doute l'aspect le plus drôle de cette enquête : en se rendant au cadastre, les enquêteurs précédents avaient confondu le dessin topographique des lieux vus du ciel avec une cabane car le contour de la cour centrale donnait en effet, vue de haut, la forme d'une maisonnette... Comme si les métreurs dessinaient des cabanes à plat lorsqu'ils en voyaient une ! Imaginez un peu ce que donnerait le cadastre du château de Versailles dans ces conditions...
Bref, la légende est tombée et le Récit d'une enquête de Remy Bellenger, brillant travail, donne désormais tous les résultats que l'on pouvait attendre sur le sujet. Avec des illustrations et de la documentation que s'en est un plaisir.
On sait désormais qui, où, combien de fois, avec qui, etc. Et on retrouve Pierre Bonnard peignant le rideau du théâtre et un bout de la scène, des photos en couleurs ou en noir et blanc. C'est tout un monde qui renaît.
La connaissance des Pantins vient donc de faire un pas de géant et ce volume prend une place définitive dans les actes de la recherches sur Ubu. Bravo !


Toc, toc, dit Martine
Qui là ? répondit le Père Ubu



Remy Bellenger Le Théâtre des Pantins. Récit d'une enquête. — Paris, L'Hexaèdre, éditeur, "Bibliothèque pataphysique", 88 pages, 14 €