L'Alamblog

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mardi 31 mars 2015

Zébulon pas mort (Eau-qui-court-dans-la-plaine non plus)

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Dans la poche, bientôt le western épatant de Céline Minard.
Et les chacals n'auront qu'à bien se tenir (il a reçu le prix Inter 2014).
En attendant le film en technicolor, dévorer.
A partir du 22 avril 2015, foi de coyote.
Pour patienter, se morfaler le Zébulon de Rudolph Wurlitzer.



Céline Minard Faillir être flingué. - Paris, Rivages poche, 340 pages, 22 avril 2015, 315 pages, 8,50 €

jeudi 30 octobre 2014

Sabre et cailloux

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La résidence d'écrivain en villa culturelle de pays étranger (Médicis, etc.) a ceci de particulier qu'elle produit généralement de petits livres, taillant rarement au-dessus de 120 pages, dont le sujet ou la texture, disons le "projet", présente une forte singularité.
On a vu paraître récemment L'Apiculture selon Samuel Beckett, promenade bénigne de Martin Page en 86 pages (L'Olivier, 2013) et on se souvient bien de L'Ongle noir (Mille et une nuits, 1997) de Bernard Comment, produit lourd pour sa part, qui bottait en 47 pages les fesses de l'apparatchik Angrémy (Pierre-Jean Rémy) et disait tout le mal qu'il pensait de ce genre de "pension d'Etat" que sont les "villas de résidence". La liste pourrait être longue, et la parution du Ka Ta de Céline Minard prouve que cette tradition n'est pas prêt de s'éteindre puisqu'il est le fruit de sa résidence à la villa Kujoyama en 2011, comme naguère son exercice de diatribe italienne était inspiré par l'univers délétère des papes sulfureux.
Le goût des arts martiaux (avec sabre) est une constante chez Céline Minard qui en avait régalé les lecteurs de Bastard battle (2008) en chantonnant les vers François Villon. Avec Ka Ta, cette évocation littéraire des déplacements répétés et répétés encore, "à vide", c'est-à-dire sans adversaire, qui deviennent une chorégraphie véritable où le justesse du geste confine à la beauté, c'est au fond à une réflexion esthétique qu'elle nous appelle à travers un "petit livre insolite" plein de discipline et de gestes portés cette fois, c'est-à-dire réinstallés dans l'univers "réel" avec les conséquences que l'on imagine, que l'on soit dans la nature ou dans un ascenceur...
Les illustrations de l'artiste scomparo ne seront pas pour rien dans la séduction qu'exerce cette nouvelle marche posée par l'écrivain. Des miniatures sur galets, en particulier, rendent grâce au goût nippon de la miniature (déjà relevé par Lafcadio Hearn) quand les mots de Céline Minard rendent grâce à la tradition qui sait jouer de la lumière et de la motricité. Voilà qui n'est pas sans rappeler son premier livre, R, dont la marché était le mobile, si l'on ose dire.

Je reculais d'un pas garde haute en regardant les pattes des deux segments de l'animal battre frénétiquement l'air comme pour s'enfuir. Quand il eut terminé, je joignis les pieds, secouai devant moi la voue verdâtre qui lui servait de sang et rengainai.

Du mouvement, du sang, du sabre.

Adjimé !



Céline Minard Ka Ta. Illustrations de Scomparo. - Paris, Rivages, 2014, 64 pages, 10,00 €

jeudi 5 septembre 2013

Le nouveau grand jeu de l'Alamblog

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Les lecteurs les plus finauds se seront aperçus que notre billet du 21 août dernier ne faisait aucune mention d'une très curieuse figure traversant ostensiblement le nouveau roman de Céline Minard, Faillir être flingué.
La question du nouveau grand jeu de l'Alamblog est donc celle-ci :

Quelle figure de peintre ou de dessinateur est évoquée à travers le roman ?




la première bonne réponse vaudra à celui qui la proférera un lot superbe dont la collection L'Alambic est le réceptacle : Le Club des Neurasthéniques, de René Dalize..

Céline Minard Faillir être flingué. - Paris, Rivages, 21 août 2013, 336 p., 20


mercredi 21 août 2013

Manquer gésir

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Il n'y a pas de fumée sans feu, de même qu'il n'y a pas de Far-West sans poussière : le genre Western n'en finit pas d'être à la mode. Depuis sa version spaghetti qui releva le goût du genre au moment où les cowboys proprets et héroïques d'Hollywood finissaient par lasser, on en a vu et revu, toujours avec plaisir, mais on n'en avait point lu. Tout juste si un détective indien concocté par Tony Hillerman nous avait un peu délassé. Mais soyons honnête, il y avait eu aussi le "Nouveau Western" du rappeur MC Solaar, et puis tout récemment The Lone Ranger et ce film mêlant Cowboys et extraterrestres, une fantasmagorie phénoménale qui nous permet de retomber allègrement sur nos pattes : Céline Minard a elle aussi procédé à un tel mélange d'orbes culturelles avec Bastard Battle (2008, Dissonances ; idem, L. Scheer ; 2013, Tristram), sorte de western, déjà, unissant chevaliers médiévaux et mangas japonais.
Ainsi donc, le nouveau roman de Céline Minard paraît en librairie ce jour, et c'est à coup sûr l'un des très bons livres de la rentrée.
Ceux qui ont eu le plaisir de dévorer les épreuves cet été, sur une plage écrasée de soleil, dans un bungalow envahi de moustiques, sous une tente minuscule ou dans la cohue d'un aéroport auront connu les conditions idéales (support/surface/atmosphère/température) pour vivre ce livre d'aventures comme on n'en avait pas lu depuis longtemps.
On y renoue avec délectation avec la grande tradition du récit de cowboy et d'Indien, avec ce vaste territoire où fleurissaient comme chez Homère et Shakespeare le drame perpétuel de l'humanité, en l'occurrence la mythologie des années 1860 largement illustrée par les "dime novels", et une foultitude de fictions toutes plus délectables les unes que les autres : La Vallée fumante de Léo Claretie, par exemple, et les œuvres tant appréciées d'Emilio Salgari (1862-1911), Albert Bonneau (1898-1967), Bénédict-Henry Révoil (1816-1882) ou de Karl May, le fameux papa de Winnetou et même Theodore Roosevelt. Bref, Faillir être flinguer, dont le titre fiffle fur fos fêfes, est un récit plein de fumées étranges, de chariots, de chevaux, de rapts, d'oreilles coupées et de scalps, de tente de sudation et même de commerce (ah, le trade...) et d'amour. Ce qui ne manquera pas d'étonner, peut-être, les lecteurs, menés à pas vifs à travers les plaines et la ville sous les auspices d'un récit dramatique épicé de fluides drôleries dans une langue qui sait se servir des mots, aussi techniques soient-ils (et le bétail souvent en réclame).
Récit de la "frontiera", où se jouent toutes les ruptures, tous les craquements - et pas seulement d'essieux — et tous les échanges, où se rejoignent tous les destins, avec un lien magique, celui que tresse Eau-qui-court-sur-la-plaine, la jeune guérisseuse dont le village a péri à cause d'un medecine-man blanc pourvu de vaccins frelatés. Cinématographique en diable, Faillir être flingué n'est pas le "roman comanche" qu'imaginait autrefois Céline Minard, c'est une fresque rude et rudement bien ficelée, un livre qui procure un intense plaisir, et même de la jubilation. Une fois encore, Céline Minard tire un très beau coup.
Pan !



NB Plus amples développements dans le Matricule des anges à venir...


Céline Minard Faillir être flingué. - Paris, Rivages, 21 août 2013, 336 p., 20


lundi 19 août 2013

Après-demain...



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Les premiers seront les premiers.



Céline Minard Faillir être flingué. - Paris, Rivages, 21 août 2013.

lundi 5 août 2013

Du cowboy et de l'Indien et de leur environnement

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Prochainement sur l'Alamblog, le nouveau roman de Céline Minard, Faillir être flingué !


Il paraîtra chez Rivages le 21 août 2013 prochain.

Est-il vraiment besoin de vous dire combien il est dévorable ?

dimanche 24 février 2013

Neige en deça, soleil au-delà

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Tandis qu'il neige sur notre île — ce qui n'est guère courant — avec une parfaite désinvolture — au rythme de ce qui s'y passe habituellement —, les fatigues de la fête d'hier s'effacent, d'autant que nous arrive d'Italie ce coucher de soleil sur la Tiburtina...
Une fois encore Roma nous offre ses couleurs, ce qui nous réchauffe l'âme — on songe au plaisir que l'on aurait à flâner sur les rives de Trieste — et l'on se réjouit dès aujourd'hui de la promesse d'un nouveau roman de Céline Minard.
Il peut bien neiger.

lundi 14 janvier 2013

Céline Minard assouplie (le souffle du sabre)

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Troisième édition la Bastard Battle de Céline Minard : la première avec intervention graphique de Fanette Mellier avait paru chez Dissonnaces, la deuxième dans la même foulée avait poussé chez Léo Scheer et voici la version poche, dans la collection "souple", ce qui, dans le cas de ce récit de sabre et de coups fourrés ne manque pas de logique.
Céline Minard dépassait encore une fois les bornes avec ce livre : roman de chevalerie techno-médiéval aux allures de manga, il donnait à la modernité littéraire françouaise du lustre et de la joye. Après R. (Comp'act, 2004), La Manadologie (MF, 2005) et Le Dernier Monde (Denoël, 2006), ses trois précédents livres, on savait qu'il fallait faire place à l'impertinence de Minard. Avec une pointe d'impatience, on se doutait même que ne s'arrêteraient pas en si bon chemin ses transgressions et ses expérimentations - qui, du reste, ne l'autorisent plus à rejoindre les fanges oiseuses de la littérature conventielle.
Répondant à la commande de la graphiste Fanette Mellier — alors en résidence à Chaumont (Haute-Marne) —, c'est aux fanges boueuses et grasses des guerroiements de cette bonne cité, où auraient pu s'étriper aux alentours de 1437 quelques coquillards et un ramassis de soudards commandés par un second bâtard sanguinaire et en armure, Aligot de Bourbon, qu'elle nous convie pour des ripailles langagières.
Comme dans les bons westerns-spaghetti, la chronique des combats recueillie par Denysot-le-Clerc, "dit le Hâchis, dit Spencer Five", fait rendre gorge aux vilains qui n'imaginaient guère l'existence de l'Asiate Vipère-d'une-Toise "dite la Jaunisse", une femme redoutable armée d'un sabre inouï, ni de ses amis vifs comme un alezan et forts comme une épice. C'est, il faut dire, une brillante campagne militaire, relatée dans un "Cape et épée" épatant. Les vertus de la bataille du Bâtard tiennent toute dans son énergie cinétique et dans la langue de haute graisse inventée par Céline Minard, qui, percutant les manières et langages du Moyen Âge et de notre époque, forge un autre ailleurs et un autre temps singuliers, assurément médusants.
Cette faille dans l'espace-temps, Mont Joye ! Saint Denis !, on en sort ragaillardi.



Céline Minard Bastard Battle. — Auch, Tristram, coll. "Souple", 113 pages, 6,95 €

lundi 19 septembre 2011

De l'art dépouillatoire

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Laissez-la vous faire les poches de la tête !

Céline Minard crée l'événement de la rentrée littéraire 2011 avec deux nouveaux livres plébiscitées par les lecteurs, par les libraires et par la presse. Évidemment — et c'est une preuve complémentaire de qualité — le jury du Goncourt passe à côté, allègrement.

Avec Les Ales, cosigné avec l'artiste Scomparo (aux éditions Cambourakis) où folâtrent des fientes (sic) balancées comme des fées — modèle Robert Kirk — et So long, Luise (aux éditions Denoël), lettre d'amour testamentaire d'une vieille roublarde, Céline Minard renouvelle la démonstration de ses capacités à créer de la fiction de la manière la plus libre et la plus désinhibée.



Céline Minard et Scomparo Les Ales. - Paris, Cambourakis, 96 pages, 16 € Parution le 7 septembre.


Rappel
Céline Minard So long, Luise. - Paris, Denoël, 250 pages, 17 €


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dimanche 4 septembre 2011

Céline Minard à la une

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