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mardi 11 novembre 2014

Touché !, par Célestin Freinet

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Billet spécial 11 novembre
Fondateur du plus important mouvement pédagogique du siècle dernier, Célestin Freinet (1896-1966) a connu les rigueurs et douleurs de la guerre et en a fourni le témoignage, ce que l'on ignore le plus souvent...
Entré à l’École normale d’instituteurs de Nice en octobre 1912, (il était né par là), il en sortit prématurément à la fin du printemps 1914, pour remplacer un instituteur parti au front à Saint-Cézaire, au-dessus de Grasse. et, un an plus tard, le 10 avril 1915, il est mobilisé et entre le 15 août suivant à Saint-Cyr comme aspirant. Le 26 février 1916, il arrive dans les tranchées de Champagne, où un an et demi après, le 23 octobre 1917, il est blessé au poumon droit dans le bois des Gobineaux, sur le Chemin des Dames. Il vient d’avoir vingt-et-un ans.
Haletant, c'est le moins que l'on puisse dire, son récit est haché, tendu comme une minute d'existence dans une tranchée tannée par les marmites, malaxée par leur souffle, criblée par les shrapnels. On en sort étourdi, presque aplati.

Un soldat a appuyé son front sur le rebord de la tranchée qu'il vient de creuser — comme pour dormir. Ses voisins n'ont rien vu, n'ont rien entendu ; aucune trace de sang... Il est mort.


Suivent, après Le Choc, et l'Attaque, le coup de baïonette dans les reins, les cahots de l'ambulance, les chocs, et l'hôpital... En soixante-douze pages rédigée en 1919 publiées par la Maison française d'art et d'édition en 1920, Touché ! raconte les circonstances de sa blessure et ses premiers mois d’hospitalisation.
Réédité pour la première fois en 1996 par l'Atelier du gué, une souscription est lancée pour rendre au jour cet étonnant témoignage d'un être précieux.
Que sont 10 € ?


Célestin Freinet Touché ! Souvenirs d'un blessé de guerre. — Villelongue d'Aude, L'Atelier du Gué, 112 pages, 10 € durant la souscription, 13 € ensuite.


Atelier du Gué
11300 Villelongue d'Aude
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La souscription se double d'une seconde opération visant à éditer Le Tango d'Alzheimer de Jean Soublin, relatant une autre forme de blessure...


dimanche 27 juillet 2014

Des Paresseux plein la revue...

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Déjà très cool quoi que n'habitant pas encore son île paradisiaque, le Préfet maritime avait il y a un double-lustre coinché ou à peu près une dilection particulière pour une revue gracieuse qui se présentait au format d'un petit journal et qui, illustrée par Dominique Hérody, répondait au doux nom de Paresseux. Après avoir mis la clé sous la porte, il y a quelque temps déjà, voici l'équipe du Paresseux redescendu de sa branche et Brèves qui lui ouvre ses portes en publiant entretien et nouvelles, certaines inédites. La belle initiative que voilà !
Avec les illustrations d'Hérody et les nouvelles de l'équipe (Jean-François Nivet dont on a déjà parlé ici, Catherine Ternaux, Ingrid Auriol, Eric Bachelier, etc.), équipe qui a toujours l'air de ne pas y toucher, ou de le faire avec délicatesse, avec succès et presque sans intention, cette livraison de Brèves est un délice redoublé.
Et même un plaisir retriplé puisqu'on y trouve outre un dossier (avec photos) sur l'hallucinant concepteur de livres/graveur/estampeur Augustus Kleweta — une sorte d'allumé ésotériste dont on n'oublie pas la production une fois qu'on l'a croisée —, d'excellentes autres nouvelles inédites, dont celle de Gilles Marie consacrée à un pianiste d'autrefois remarqué à son époque, ou celle de Claire Galand qui synthétise en une note bleue magistrale la clôture de maints récits :

Ensuite, on perd sa trace.


Pour ne pas perdre le fil de ce superbe numéro de Brèves, le Sommaire :
Encouragé par toute la Bourgogne viticole — Par Éric Bachelier
Fatale — Par Ingrid Auriol
L’amant cra-cra — Par Lika Launay-Spitzer
Une amitié modèle — Par Dominique Hérody
Presque Pamela passe à la télévision suisse — Par Catherine Ternaux
Sarah — Par Patrice Granadel
Tout doit disparaître — Par Catherine Ternaux
Ciel de traîne — Par Jean-François Nivet
Ainsi Monsieur Blanrocher trouva la mort en chutant dans l’escalier — Par Dominique Hérody
Les objet perdus — Par Lika Launay-Spitzer
Je ne veux pas finir comme Tolstoï — Par Jean-Paul Chabrier
Big father — Par Alain Absire
Six questions à Alain Absire — Par Christine Bini
Le récital de Verdun — Par Gilles Marie
Je tricote — Par Corinne Vuillaume
Promenade à Venise — Par Janine Gdalia
L’auditoire — Par Claire Garand
Relire Marcel Moussy — Par Éric Dussert
La rue d’El Affroun — Par Marcel Moussy
Raphaël Augustinus Kleweta, graveur, peintre et éditeur
Pas de roman, bonne nouvelle — Par George Rose, Emmanuelle Urien, Bérangère Deprez



Brèves, n° 104, 18 €
L'Atelier du Gué, 11300 Villelongue d'Aude
editionsATatelierdugue.com
Pour les branchés de la tablette, une version électronique existe, qu'ils la trouvent.

L'Atelier du gué, éditeur de Brèves, annonce la double parution de Touché !, les inattendus Souvenirs d'un blessé de guerre du pédagogue Célestin Freinet (poumon droit) en souscription à 10 € - on vous en reparlera - ainsi que du Tango d'Alzheimer de Jean Soublin dont on n'aura pas besoin de vous expliquer le sujet. Peut-être. En tout cas, on ne vous en reparlera pas.
De quoi on vous reparlera pas ?


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