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samedi 11 mars 2017

Les couvertures de notre siècle (24)

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Blaise Cendrars The Bloody Hand. Préface by Nicolas Beaupré. Translation by Graham macLachlan. — Pont-Aven, Vagamundo, 2017, 382 pages, 39 €.



lundi 14 septembre 2015

Blaise Cendrars écrit à Eric de Haulleville

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Carte postale (intérieur de L'Eden-Roc à Antibes), autographe signée à Eric de Haulleville, écrite depuis Paris, le 8 juin 1923 (cachet de la poste) :

Cher Monsieur,
Merci d'avoir songé à m'envoyer votre beau volume. Dénouement est peut-être un coup de tranchoir. La netteté va commencer pour vous.
Ma main amie
Blaise Cendrars






Eric De Haulleville Denoûment (oeuvres complètes). - Bruxelles, Le Cri, 506 pages.
- Voyage aux îles Galapagos. - Bruxelles, Le Cri, 176 pages, 16,11 €
On ne dira jamais assez quel plaisir offre de Haulleville le Voyage aux îles Galapagos, satire de tous les exostimes de 1936 qui prête l'auteur à rire, l'évasion, le surréalisme, la psychanlayse et un certain exotisme bien plat. Naturellement, sont questionnés les lecteurs de roman d'aventure... et les poètes.

vendredi 25 mai 2012

Est-ce la lecture du Garde Rouge ?

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Les aventuriers français de la fin du siècle dernier sont assez rares pour être signalés.
Il s'en faut qu'on les connaisse tous, mais nous n'irons pas chercher encore dans son cuir rutilant André Malraux pour faire illusion en la présente occasion. Oh non ! D'ailleurs des gars comme Jean-Louis Brau, ça ne pète pas dans les soies de la République, même si, à l'occasion, ça dirige en kimono soyeux un bordel de campagne en consommant des opiacées.

Révolutionnaire, artiste, bûcheron dans le Var ou lettriste passé à l'armée, Jean-Louis Brau a pu se vanter d'avoir tordu le cou à l'idée que l'on peut se faire de l'artiste d'avant-garde, ou à l'écrivain germano-pratin. D'ailleurs, il aura plus compilé de recettes de bricolage et de "savoirs" cartomanciens qu'écrit de prose, en bon singe appliqué. Le goût de l'art lui était passé - lui avait-on fait passer ? il est vrai qu'il avait alors charge d'âmes...

Néanmoins, revenons à notre sujet, il donne en 1972 Le Singe appliqué chez Grasset, son grand et gros bouquin, où il avait battu le rappel de son passage sur terre et dans les coins les plus curieux qu'on y trouve. Quelques années plus tôt, il avait proposé un roman-photo cybernético-londonien chez Losfeld, Le Voyage de Beryl Marquees, à ranger aux côtés des tords-neurones à la Mercier (1968) - et ce Singe-là, ça n'est pas de la gnognotte.
C'est d'ailleurs un singe artiste qui signa Bull Dog quelques-unes de ses toiles.

Un singe de l'Internationale Lettriste, avant que cette dernière n'en soit à se singer.

Bref, Brau, c'est Bull, le combattant du petit bonheur, le routard béni des dieux, incessant renifleur de la flore des talus, expert en "volapuk de la braguette", en colère contre l'ordre, ou contre le désordre, coincé par hasard dans la "pétaudière de Saïgon", après avoir côtoyé les "argonautes" de chez Moineau, décidément loin des chichis des avant-gardes qui sont des foires aux bestiaux — et quels !

Et puis, il y avait les humanistes, les tu-me-prêtes-ton-stylo-que-j'signe-une-pétition, l'abbé Pierre, Jacques Madaule, le professeur Kastler, les craquemuches des Temps modernes, les fauxfaffés de Tel Quel, les extraterraterrestres de Planète, et toute une chiée de grands et petits prêcheurs à tout berzingue (...)

Soit. Mais que ceux qui imaginent trouver ici une longue chronique de la vie intellectuelle parisienne des années 1950 aux années 1970 (ou une histoire du lettrisme qu'il ne loue certes pas démesurément) soient détrompés : Brau avait mieux à faire.

C'est donc l'histoire anecdotique de la vie de Jean-Louis Brau que cet opus, une autobiographie à peine achronologique et coq-à-l'ânesque un peu. On n'y apprend forcément pas que Brau militera pour la littérature des intoxiqués avec "Notes éparses à l'usage de Messieurs les Amateurs de belles-lettres et de sensations fortes désireux de déchiffrer l’œuvre de William Seward Burroughs"(N.D.L.R., n° 3-4, novembre 1978), six ans plus tard, mais on sait qu'il fut au Biafra, fréquenta des clubs étranges, vécut à Londres, croisa Cocteau et son fameux jeu de mains inspiré de Robert de Montesquiou, connaissait apparemment Albert t'Serstevens, le copain de Cendrars, ou bien encore ses amis Gustave-Arthur Dassonville, LE Dassonville, et Jacques de La Villéglé, le Jacques de La Villéglé.

Le plaisant de ce Singe appliqué, au-delà de son allant et de sa goualante "ruisseau parigot", sans oublier les mille anecdotes savoureuses ou simplement exotiques et curieuses dont le baroudeur nous fait l'honneur, c'est que sans tomber dans l'amertume ou l'aigreur, l'enfant de son siècle accepte de mettre à distance ses anciens lustres, ses vieilles lunes et s'amuse des ressorts communs, des illusions, des rêves et des espoirs enfuis. En vieil ours, Brau l'admet, s'en moque, ironise et tourne le dos pour aller voir ailleurs. En somme, Brau, qui ne s'en laissait pas compter, savait aussi laisser tomber.

On n'aura peut-être pas beaucoup d'autobiographies aussi probes pour nous parler de la seconde moitié du siècle dernier. Spécialement de la part des artistes et des créateurs...


Pour en savoir plus sur l'étonnant Brau (1), le catalogue que lui consacrait la galerie 1900-2000 à l'occasion d'une rétrospective (1997) contenait une chronologie très documentée de François Letaillieur du 10 juin 1930 (Saint-Ouen) jusqu'à 1987, date de la réédition de son Dictionnaire de l'astrologie — lui-même avait disparu en août 1985. On apprend grâce à François Letaillieur énormément de choses.
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Jean-Louis Brau Le singe appliqué. - Paris, Le Dilettante, 2012, 541 pages, prix non mentionné (25 €)



(1) SUr les situs en général, on peut se reporter à La Tribu, de Jean-Michel Mension (Allia, 1998)

lundi 9 juillet 2007

Feue La Légende de Novgorode (1996-2007)



Voilà que la vérité éclate : La Légende de Novgorode, attribuée par de malicieux esprits à Blaise Cendrars, n'était qu'un faux, post-1988...
C'est Claude Leroy, le spécialiste et préfacier, qui doit faire la moustache, comme l'avaient fait Pascal Pia et Maurice Saillet. Et la fille Cendrars, trop heureuse de l'aubaine à l'époque, et l'éditeur fatamorganesque trop heureux tout le temps.
A en juger par les indices qui ont permis de déceler la supercherie, ils n'ont pas été très regardants au moment de la publication, ni très méfiants. Une supercherie à 50.000 dollars tout de même... La Chasse spirituelle a-t-elle fait autant ?
Il y a quelques mois, l'Alamblog avait signalé la bizarrerie de la publication à l'occasion de la découverte de certaine édition pirate de ''La Légende de Novgorode''... qui devient tout d'un coup l'édition pirate d'un faux : un cas à ranger dans les annales ? Ou l'indice qui permet de deviner que l'opération avait été assez longue à préparer, au point qu'une copie du texte avait pu être faite avant la "découverte" ?
Voici ce que l'on pouvait lire dans un récent Figaro littéraire (28/06/2007) : "Un faux Cendrars au goût bulgare"...

Et, de fait, tout allait de travers :

  • l'orthographe ne prenant qu'en partie en compte l'orthographe ante-1917 ;
  • la police de caractères créée dans les années 1980 ;
  • le nom de l'hôtel rebaptisé bien après la prétendue publication du poème en russe ;
  • sans parler de la tonalité d'ensemble du faux, qui ne correspondait pas à ce qu'en avait dit Cendrars lui-même...

En fait, seul le papier était d'époque.

Mince alors. N'y a pas à dire, nos spécialistes sont des spécialistes.
Merci à Oxana Khlopina pour son enquête.

Et sur le site de Courrier international, la polémique devient tout à fait passionnante...

lundi 8 janvier 2007

L'OEil bleu

C’est dans la grande tradition des revues savantes mais généreuses, érudites mais agréables, voire excitantes, que s’inscrit L’Œil bleu.
Elle rejoint des rangs déjà peuplés qui, pour la seule période fin-de-siècle, la plus faste sans doute, compter déjà quelques éminentes publications, composées par des amateurs qui, non contents de se pourlécher de textes rares et de publications oubliées, s’empressent de les offrir à la multitude, enrichis en outre d’études d’histoire littéraire et de fragments prometteurs. Des gars et des filles sympas.
D’abord, on peut — on doit ! — signaler qu’avaient paru A rebours et Le Balcon auxquelles se sont adjointes plus récemment, dans des registres variés, Le Rocambole (bigrement fouillé), (feu ?) Le Visage vert, mais aussi Le Codex Atlanticus dont nous allons parler prochainement, Le Boudoir des Gorgones et bien d’autres. Il se pourrait même qu’une nouvelle entrante se signale très prochainement.

Mais, pour l’heure, c’est L’Oeil bleu qui paraît.

Il est né il y a un semestre et compte déjà deux livraisons.
Nicolas Leroux, le maître d’œuvre au nom qui fleure l’utopie, nous régale ainsi de sommaires où se croisent G.-Albert Aurier, Marius Boisson, A. Retté, Hugues Rebell et Vincent Muselli (une lettre sur Simenon), et où Henri Bordillon poursuit sa « promenade abécédaire » en dessinant les liens de Gustave Le Rouge et Blaise Cendrars, plus riches qu’on l’avait imaginé.
Surtout, on découvre le bohême F.-B. de Bucé (1852-1914) et sa Revue d’un Passant à propos duquel Marius Boisson, qui fut un temps le secrétaire de Rebell, avait laissé un précieux témoignage dans « Piquette (nouvelle parisienne) ».
De quoi relire Marius Boisson qui faisait déjà les bons jours d‘A rebours… C’est le bon vieux phénomène du rebond, moteur le plus efficace sans doute des recherches de l’histoire littéraire indépendante, domaine où Nicolas Leroux semble annoncer des étincelles à venir.
Dire que nous sommes curieux de la suite est un brin euphémistique.

L’Œil bleu
associationoeilbleu@yahoo.fr
59, rue de la Chine, 75020 Paris
64 pages, 12,50 € (pas de procédure d’abonnement pour l’heure).

jeudi 6 juillet 2006

Le Mystère de Novgorode (suite) et ''La Vénus perdue''

Tandis qu’un anonyme informateur nous signalait qu’une version manuscrite et traduite en français de La Légende de Novgorode circulait à Paris dès le début des années 1990 - ah ! ah ! l’enquête avance… - nous eûmes la bonne joie de tomber dernièrement sur l’édition originale d’un roman tout ce qu’il y a de curieux : La Vénus perdue de François Prieur, que voici


Ce joli roman narre les exploits archéologiques d’un employé municipal de Marseille à la recherche de l’antique temple dédié à Vénus dans la vieille ville dévouée aux filles, aux marins et aux bars louches. L’objectif est de retrouver l’hellène Massilia qui sommeille sous la Liverpool du Sud. Une gageure, qu’un projet urbanistique d’envergure rend tout à coup possible. Et tout cela, mené tambour battant comme un Jules Romains pousse Les Copains, comme on abat les pages dans un bon roman d’aventures, donne un récit fort plaisant, très frais et rédigé dans une langue vraiment superbe, et pleine de malice, pour ne rien gâter. On avait dévoré le bouquin, on a tout simplement réitéré.
La Vénus perdue nous avait été recommandé il y a une paire de lustres par André Dimanche, lequel se tâtait, et se tâte toujours : rééditera, rééditera pas… Il a tort, à notre humble avis, de ne pas tenter le coup. Ne serait-ce que pour sa clientèle marseillaise, qui y trouverait son compte. C’est dans la réédition de la FNAC (mais oui ! mais la FNAC de 1977, la militante), aisément dénichée, que nous avions lu une première fois ce petit joyau.
Pour autant, la découverte de l’originale fut pleine d’émotion, au point de nous plonger à nouveau dans ces bonnes vieilles pages qui sentent la chasse au trésor. Et pourquoi donc de l’émotion ? Tout simplement parce que François Prieur (circa 1886-1963), personnage encore bien mystérieux dont l’activité fut, semble-t-il, liée à la vie portuaire de Marseille, n’escomptait tirer aucune traite sur ses talents littéraires. Non ? Si.
C’est-à-dire que François Prieur, dont la plume pouvait soutenir la comparaison avec celle de plusieur(e)s magnat(e)s du milieu de l’époque, faisait procéder à l’impression de son livre à son compte, pour les amis. C’est dire s’il n’est pas courant. Il n’en est pas moins délectable, et enjoué. Soit : on le recommande.
D’autres que nous enquêterons à Marseille pour savoir qui fut vraiment ce virtuose du Provençal. Les quelques pistes dont on dispose sont celles-ci : Né en Corse, il fut mobilisé dans la Royale pendant la Première Guerre mondiale, dont les campagnes le menèrent dans l’Adriatique. Il avait auparavant fait ses d’humanités et une formation à l’Ecole d’hydrographie, puis il réussit un concours d’officier de la marine marchande. Rendu à la vie civile, il s’installe au cinquième étage de la rue de la République, auprès de sa mère, et entame une carrière de journaliste au Petit Provençal.
Son roman, fruit de ses vadrouilles de journaliste, connut un destin sans pareil. Aussitôt imprimé et broché, il fut regretté par son auteur qui chercha à en détruire les exemplaires. Seuls quelques amis - Marcel Pagnol, Louis Brauquier, Carlo Rim, Edouard Peisson, André Négis, Pierre Humbourg et Léon-Gabriel Gros - parvinrent néanmoins à sauver l’exemplaire qui leur avait été d’abord offert.
Les excavations qui mirent Marseille sans dessus dessous en 1967 remirent le chef-d’oeuvre en péril sous les feux de la rampe : c’est bien là où François Prieur l’avait indiqué, quarante-quatre ans plus tôt, dans son livre que sommeillaient les ruines antiques de la vieille Massilia, et notamment ce Mur de Crinas et ces murailles… Mais que sait-on encore de François Prieur ? Qu’il fit à la Libération un voyage aux USA avec un Jean-Paul Sartre indifférent aux beautés du Colorado, qu’il poursuivit l’elfe Marie Bashkirtseff chère à son coeur, qu’il mena ses enquêtes chez les Félibres, fit des recherches sur le théâtre à Marseille et voua toujours un culte à Stendhal.
Ce n’est pas si peu.

François Prieur, La Vénus perdue. Paris, Aux dépens de l’auteur, chez Jean Ribou, libraire vis-à-vis de la Sainte-Chapelle, 1923 (achevé d’imprimer 25 octobre), 260 pages.

François Prieur, La Vénus perdue. Préface d’Edmée Santy et Pierre Roumel. S. l., FNAC, 1977, 234 pages.

N. B. Il est frappant que les épigraphes des chapitres choisies en 1923 par François Prieur soient signées Stendhal, Levet, son compatriote Edmond About, Valery Larbaud, Jules Laforgue ou Caylus.

mercredi 5 juillet 2006

Le Mystère de Novgorode, ou Les intempestives apparitions de M. Blaise Cendrars

On se souvient peut-être du barouf qu'occasionna, en 1996, la parution de La Légende de Novgorode de Blaise Cendrars chez Fata Morgana. Il faut dire que l'ouvrage était mythique, et si mythique qu'on avait songé, parfois, que l'auteur de La Main coupée avait mystifié son monde en prétendant avoir publié à l'enseigne de Sozonoff (Moscou-Saint-Pétersbourg), en 1907, à 14 exemplaires, et dans une traduction en russe d'un mystérieux R. R., ce poème qui préfigurait La Prose du Transibérien et les Pâques à New-York.
La découverte par Kiril Kadiiski, à Sofia, en 1995, d'un exemplaire du fascicule rendit au monde la première publication de Cendrars - alors 'Frédéric Sause' dans sa version russe, ce qui se prononce Sozé, comme certain terrifiant Kaiser, dans le fameux Usual Suspects. Mais je m'égare. Peu après l'invention de la plaquette trop mythique pour être honnête, de mauvaises langues soufflèrent qu'il s'agissait d'un faux. Allez savoir.
Mouais...
Une récente chine dans des bacs à occases m'a permis de mettre la main, non sur l'original à la couverture cyrillique noir au blanc - à mon grand dam -, mais sur un opuscule étrange, un tantinet bricolé, insolé, à peine poussiéreux, bref pas tout neuf, répondant au titre de... La Légende de Novgorode.

Pour être tout à fait bibliographique, donnons dans le détail :

  • format : 210/145 mm
  • couverture : papier grenu, rainuré, avec rabats. Vignette contrecollée portant le nom de l'auteur et le titre (impression laser ou photocopie, apparemment), sur laquelle est contrecollée une seconde vignette, plus petite et représentant le jeune Frédéric Louis Sauser Hall, avec la raie au milieu (photocopie découpée à la main).
  • brochage : 6 feuilles indépendantes retenues par des agrafes métal, collage.
  • corps de l'ouvrage : offset ou impression laser
  • - folio 1 non paginé : Blaise Cendrars/ LA LEGENDE DE NOVGORODE | page blanche
  • - fol. 2 n. p. : 34 vers | page blanche
  • - fol. 3 n. p. : 48 vers | page blanche
  • - fol. 4 n. p. : 46 vers (une correction manuscrite au stylo noir au v. 5) | page blanche
  • - fol. 5 n. p. : 28 vers | page blanche
  • - fol. 6 : p. blanche | p. blanche

Si la leçon du texte retenue dans cette édition pirate - elle a en effet tous les attributs de la publication sous le manteau, sans autorisation, voire en contravention tout à fait volontaire avec le droit d'auteur : c'est à dire qu'elle ne porte, justement, nulle marque d'éditeur ou d'imprimeur, non plus que de traducteur, et pas la plus petite mention légale, de millésime ou de lieu -, bref, si la leçon retenue correspond grosso modo à la version publiée par Miriam Cendrars, il n'en reste pas moins que le texte n'est pas identique. On peut avancer qu'une autre plume (ne) signa (pas) cette traduction.
Ainsi, cette version inconnue semble plus proche du texte russe. Moins apprêtée (plus fidèle peut-être, mais il nous faudra le métier d'un Paul Lequesne pour nous avancer sur cette voie). En revanche, elle a négligé la ponctuation originale. Pourquoi ? Si cette traduction est apparue en réaction à un lissage par Miriam Cendrars jugé trop interventionniste, pourquoi n'avoir pas respecté les virgules et traits d'union ? Tout cela est bien étrange. En revanche, si elle est antérieure, à partir de quel exemplaire a-t-elle été réalisée ? L'idéal, évidemment, consisterait à dater l'opusculet. Pas aisé. Apparemment contemporain de l'édition officielle. Mais rien ne le prouve. Peut-être antérieur (l'insolation et divers signes d'usure tendraient à laisser penser que. Mais la vie des livres peut être si confuse...).
La question primordiale est celle-ci : se trouverait-on ici en présence de la véritable édition originale en français de La Légende de Novgorode ?

Le mystère reste entier.
Quoi qu'il en soit, voici toujours une photographie de la première de couverture :