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mardi 31 octobre 2017

Bibliographie lacune de la collection « L'Arabesque » (1925-1928)

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Pour changer, et en anticipation d'une prochaine bibliographie lacunaire (une autre collection L'Arabesque), voici la bibliographie lacunaire d'une collection de bibliophilie produite par Rouffé au 191 Faubourg Saint-Honoré à Paris.


Catalogue

Francis Carco L'Equipe, roman. Bois en couleurs de Dignimont. - Paris, Rouffé, 1925, 179 p. Vingt bois gravés en couleurs, tirage à 336 exemplaires sur vélin, tous sont signés par l'éditeur à la justification, « L'Arabesque » (n° 1).

RouffeRegnier.jpgHenri de Régnier Les Amants singuliers, roman. Bois en couleurs de Rouffé gravés par Dauvergne. - Paris, Rouffé 1926, 220 p. Couv. ill. d'un bois gravé en couleurs, vignette de titre, douze bandeaux et trois hors texte, étui. Tiré à 338 ex. num. dont 273 sur hollande Van Gelder avec suite et neuf états d'erreurs sous pochette. « L'Arabesque » (n° 2).

RouffCole.jpgColette La Maison de Claudine, roman. Bois en couleurs de Deslignères. - Paris, Rouffé, 1927, 261 p. 29 exemplaires numérotés sur japon ancien, avec une suite en couleurs et un bloc de bois gravé « L'Arabesque » (n° 3).

RouffRacaaiNon.jpgNonce Casanova La Racaille. Bois en camaïeu de Siméon. - Paris, Rouffé, 1928, 300 p. « L'Arabesque » (n° 4).

mardi 2 février 2016

Les XV lois du bibliophile (et leur Moïse)

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Le dilettante Alfred Péreire (1879-1957), journaliste au Journal des débats et bibliographe érudit s'il en est, fut celui qui rappela à l'humanité les "Quinze lois du bibliophile" édictées au XVIIe par les Italiens Vargas père et fils. Il les apposèrent dans leurs livres sur étiquettes contrecollées. Il le grava dans un article. C'est donc en quelque sorte le Moïse de la bibliophilie.

I. Tu ne le considéreras pas comme un bien aliénable. C'est un livre ; ne le marque point d'une note, marque de l'esclavage.
II. Tu ne le frapperas ni d'estoc, ni de taille : ce n'est pas un ennemi.
III. Tu n'y traceras de petits traits, ni au dedans ni au dehors, ni d'aucun côté.
IV. Tu ne maltraiteras aucun feuillet, tu ne le plisseras pas, tu ne le corneras pas.
V. Tu ne maculeras pas les marges.
VI. Avant tout, pas de taches d'encre : plutôt la mort qu'une souillure.
VII. Tu interfolieras le Livre de feuillets blancs.
VIII. Tu ne le prêteras pas à un tiers, ni en cachette, ni ouvertement.
IX. Tu le tiendras à l'écart des rats, des vers, des mites ou mouches et des petits larrons.
X. Tu repousseras très loin l'eau, l'huile, le feu, la moisissure et les choses salissantes.
XI. Uses-en sans en abuser.
XII. Ty pourras y glaner et y faire des emprunts à ta guise.
XIII. Après l'avoir lu, tu ne te permettras pas de le garder éternellement chez toi.
XIV. Tu le rendras en bon état et couvert comme tu l'emportes.
XV. Quiconque agira ainsi, fût-il même un inconnu, sera inscrit au tableau des amis, quiconque ne le fera pas, même connu de moi, en sera rayé.

Telles sont les lois qu'à lui-même et aux autres a prescrit sur son bien le duc Thomas Vargas Macciucca, Chevalier de l'ordre de Jérusalem. Si cela t'agrée, approuve, sinon, à quoi bon toucher ce livre. Va-t-en.





Alfred Péreire Les Quinze lois de la Bibliothèque des Vargas Macciucca. - Paris, E. Rahir, 1913, 8 p. Tiré à part des Mélanges Picot.



Illustration du billet © Draco Semlich 2015

jeudi 5 novembre 2015

Un reprint pour le filou

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On nous signale la réédition en fac-similé du Dictionnaire Bibliophilosophique, typologique, iconophilesque, bibliopégique et bibliotechnique à l’usage des Bibliognostes, des Bibliomanes et des Bibliophilistins, par Octave Uzanne, polybibliographe et philologue.
Réimpression à deux cents exemplaires de cet ouvrage de luxe de 1896 devenu introuvable (176 ex. initiaux) qui avait été imprimé pour les sociétaires de l’Académie des Beaux Livres (Bibliophiles contemporains). Un volume in-8° (environ 200/140 mm), broché avec jaquette couleur, 450 pages, plus de trente hors-texte reproduits en couleurs, et deux textes d’Octave Uzanne sur la bibliophilie et sur la reliure d’art joints, avec une présentation de Bertrand Hugonnard-Roche en prime. Chaque volume sera accompagné de la reproduction en fac-similé de deux documents originaux relatifs à cet ouvrage. Tous les volumes seront imprimés sur le même papier (papier bouffant ivoire luxe), nominatifs, numérotés et paraphés à la plume par l’éditeur. 50 € port compris.

Jean-Paul Fontaine
4, avenue de l'Europe
51100 Reims
03.26.47.89.21
jpfontaine51@orange.fr

mercredi 3 septembre 2014

La vente Michel Guet

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La collection de livres du maître papetier et banalyste primeur Michel Guet va passer incessamment en vente à Paris.
Mis en catalogue par l'expert Roger Roques, de Toulouse, cet ensemble impressionnant de raretés de la modernité du siècle dernier vaut le détour. Et il suffit de consulter le catalogue en ligne pour se réjouir la rétine, et même l'envie.
Des raretés de Pierre Alechinsky à celles de Jean Le Gac en passant par Jean-Louis Brau, Gabriel Pomerand, Pierre Garnier ou le Spatialisme, il y a là, réparti par lot, ce que le XXe fit pour la postérité : Futurismes – Surréalisme – Le Grand Jeu - Cobra – Lettrisme – Poésie sonore/concrète – Spatialisme – Situationnisme - Mai 68 – Bazooka – Nouveau réalisme - Support-surface - Art sociologique – Art conceptuel Fluxus – Happenings – Land-art – Minimalisme. Et tout ça avec des typographes et des graveurs, et même des icônes politiques des glorieuses années "stalinophiles, Maolâtres et CheGuévaristes"...
Ne passez pas votre tour ! Il serait idiot de ne pas aller se rincer la rétine.




Ader. Salle des ventes Favart
3, rue Favart 75002
Mercredi 17 septembre 2014 (11h00)
Livres Avant-gardes, Bibliothèque d'un amateur
contact@ader-paris.fr
01 53 40 77 10

lundi 23 décembre 2013

Le Salon de l'Araignée (1920-1930)

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Cet automne a vu fleurir deux curieuses fleurs dans les parterres de la librairie. Tous deux signés Emmanuel Pollaud-Dulian : une monographie colossale consacrée au dessinateur Gus Bofa, l’enchanteur désenchanté (Cornélius, 552 pages, 55 €) sortie le 14 novembre, et, dans la foulée, un plus modeste album revêtu d’une superbe jaquette de fête, qui rend hommage au Salon de l’Araignée, création passagère du même Bofa (1883-1968) qui tissa sa toile de 1920 à 1930. Selon son initiateur, ce salon fut lancé dans un « élan spontané de misanthropie spontanée » par une bande de « jeunes », comme on disait alors. Des jeunes certes, mais rescapés de la Grande Guerre. Bofa en était lui-même revenu abîmé à 75 %, et tous gardaient en tête des images assez remarquables pour fuser encore sur le papier. Il leur fallait, comme l’indique leur complice Jean Galtier-Boissière (Le Crapouillot), se démarquer de la génération des dessinateurs planqués qui, s’était « exactement déshonorée pendant cinq ans de guerre par son tricolorisme béat, des fillettes aux mains coupées de Francisque Poulbot aux Don Juan Aviateurs et aux grues pour Sénégalais de La Vie parisienne. »
Au bout du compte, ce Salon fut l’une des plus belles cristallisations des roaring twenties, ces rugissantes années 1920 qui glissèrent dans la grande dépression, et finir par se vautrer dans le fascisme. Destiné à réunir par affinité élective des illustrateurs qui ne se retrouvaient pas dans les salons officiels, non plus que dans le Salon des Humoristes, poussiéreuse institution plus gauloise que réjouissante dont la gloire avait passé avec les riches époques d’Allais et de Gaston de Pawlowski, il éclaire le travail d’une génération particulièrement inventive, renouvelant le trait jusqu’à la ligne claire, usant largement des couleurs, inventant même le « roman dessiné », dont l’actuel roman graphique est l’enfant. Témoignent les incroyables chefs-d’œuvre de Franz Masereel ou Malaises de Gus Bofa — dont Pierre Mac Orlan pensait qu’il était un écrivain qui avait choisi de s’exprimer par le dessin.
Inscrit dans l’histoire du livre et de l’illustration des années 1914-1930, le Salon de l’Araignée tenta de faire une place aux talentueux Lucien Boucher, Charles Martin, Edy Legrand, Lucien Laforge, A. E. Marty, Pierre Falké, Joseph Hémard, André Foy, Vertès, etc. au moment où la bibliophilie faisait des adeptes chez les collectionneurs et, par conséquent, chez les éditeurs. Rangeant la manie bibliophile au nombre des « déformations mentales, des voluptés parfaitement localisées et réglée, où l’orgasme se produit selon des rites précis », Gus Bofa constatera avec dépit que la crise économique provoquant la désaffection et les méventes allaient laisser un goût très amer à ces artistes.
Cependant leurs livres, parmi les plus beaux du XXe siècle, sont désormais des pièces de musée, inabordables et superbes. Au-delà des planches superbes de cet album anthologique, une prochaine réimpression de dessins de Charles Martin, Féérie pour une grande guerre (février 2014), issue de ses deux livres Sous les pots de fleurs (1917) et Mon cheval, mes amis et mon amie (1921), permettra de poursuivre la redécouverte des artistes de l’Araignée. A moins de s’offrir la sublime Danse macabre dessinée par Yan B. Dyl en 1927 pour illustrer Pierre Mac Orlan (Simon Kra éd.). Elle cote aujourd’hui 2.500 € …

Et quand on vous dit que c'était le bel âge, songez qu'ensuite... ensuite il y eut Bernard Buffet.

Ah.



Emmanuel Pollaud-Dulian Le Salon de l'Araignée et les aventuriers du livre illustré, 1920-1930. — Paris, Michel Lagarde, 238 pages, 35 €

lundi 28 décembre 2009

C'est la saison des voeux

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Voilà une dizaine d’années que Christian Laucou, le maître de Fornax, use de la saison des voeux pour épater ses amis, comme c’est la tradition chez les bibliopoles aimables et de goût.

Cette année, il intervient avec un petit glossaire de la librairie d’ancien sur le mode plaisant où l’on apprend - enfin ! - ce qu’est un “illuté”, ou un “fx tit.”.

Cette riche matière est offerte à tous, il suffit de cliquer ici : là !