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jeudi 17 avril 2014

L'invisible s'incarne

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Un livre très attendu paraît sous peu : La Bibliothèque invisible de Stéphane Mahieu sera fêté vendredi 25 prochain à 19 h à la librairie du Sandre. Consacré aux livres qui n'existent pas, mais oui, il va les incarner tout à coup. Depuis le temps qu'on en attendait certains...
C'est à un 'pataphysicien émérite né en 1957, que revenait la responsabilité de leur donner collectivement un peu de corps. Auteur de plusieurs ouvrages sur les confins de la pensée et de l'expression, il a traité auparavant du Phalanstère des langages excentriques (2005), du spiritisme dans son Petit manuel de littérature d’outre-tombe (2008) ou encore d'un corpus politique croquignolet composé par les écrits des dictateurs, Le Guide suprême (2009).

Présentation de l'éditeur

La Bibliothèque invisible traite des livres qui n'existent pas, mais dont on trouve le titre, le nom d'auteur et la description dans des romans, des pièces de théâtre, des pamphlets, voire des bandes dessinées. On ne peut les emprunter en bibliothèque ou les acheter en librairie. Ils ne s’ouvrent qu’à l’intérieur d’autres livres. Ils peuvent apparaître au détour d’un roman, comme dans La Vie mode d’emploi de Perec, relever d’un but satirique comme le catalogue de la bibliothèque de Saint-Victor que donne Rabelais dans Pantagruel ou participer du canular comme la fausse vente aux enchères de la bibliothèque du comte Fortsas.
Plus de 1 500 livres imaginaires sont cités dans La Bibliothèque invisible et trois cents d’entre eux font l’objet d’une notice détaillée. Le lecteur découvrira ainsi les ouvrages rédigés par Sherlock Holmes ou son rival le professeur Moriarty, l’histoire du Necronomicon et des livres maudits créés par H.P. Lovecraft, l’œuvre volumineuse de De Selby telle qu’imaginée par l’écrivain irlandais Flann O’Brien, les écrits des personnages de Balzac, de Nabokov ou d’Umberto Eco.
Certains fonds importants se sont dégagés au fur et à mesure des lectures, comme les fonds Borges, Vila-Matas ou Roussel. Les plus célèbres auteurs n’ont pas négligé ce jeu comme Shakespeare, Poe ou Hugo.Turgot et Dickens ornèrent leur cabinet de travail de faux livres aux titres réjouissants.
Un texte de présentation étudie les modalités d’apparition du livre imaginaire, en donne une typologie et examine quelques ouvrages qui ont fini un jour par être réalisés et sont passés de ce côté-ci du miroir.
Savants fous, philosophes oubliés, auteurs de pièces injouables ont leur place dans la bibliothèque invisible qui double les bibliothèques réelles et les révèle. Il n’est jamais assez de livres, telle pourrait être la leçon donnée par les écrivains qui ont rêvé ces ouvrages introuvables.




Stéphane Mahieu La Bibliothèque invisible. — Paris, Éditions du Sandre (57 rue du Docteur Blanche 75018 Paris), 168 pages, 26 €