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vendredi 2 novembre 2012

Fusées #22

fus22.jpg


Alain Paire a tout à fait raison : il manquait le sommaire au billet d'avant-hier. le voici :
La revue Fusées publie dans son ultime livraison un dossier consacré au poète Christian Gabrielle Guez Ricord (1948-1988) : textes rares, hommages, documents inédits – correspondance, dessins et graphismes provenant du fonds Bernard Noël de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet ainsi que d’autres fonds privés – constituent la riche matière de ce dossier : Textes inédits et confidentiels de Christian Gabrielle Guez Ricord
Pour une lettrine du nom de Marie,
Le Mouchoir d’Ephèse,
Notes sur le Tombeau vide,
Stèle d’un voyage secret,
Lettre à Mireille Mammini (fragment),
Lettres à Hubert Birringer
Bernard Noël : Correspondance croisée avec Christian Gabrielle Guez Ricord
Stèle pour Samael
Dominique Sorrente : Il dit encore …
Antoine Graziani : L’ l’


Fusées #22
180 pages, 20 € franco de port.

Editions Carte Blanche
29, rue Gachet
95430 Auvers-sur-Oise


Illustration : Abesh Bivore Mitra Transformed Lead 2 Landcape, aquarelle, 2007, 295/205 mm

mercredi 20 avril 2011

Courriers saignants (lettres de Jean-Pierre Martinet à Alfred Eibel)

Capharnaum2.jpg



C'est un document extraordinaire qui paraît dans la deuxième livraison de la revue Capharnaüm : les lettres de Jean-Pierre Martinet, fameux auteur de Jérôme à son voisin de palier, ami et éditeur Alfred Eibel. On espérait les lire depuis des lustres et les voici, toutes tendues, nouées, pleine de verve, de rancœur et de traits magnifiques.
Au moment où cette correspondance s'engage, Jean-Pierre Martinet, lassé par le travail à la télé (trop d'énergie dépensée) et déçu par l'insuccès (relatif) de Jérôme (628 exemplaires vendus) est de retour à Libourne, chez sa mère. Il chercher une librairie pour s'y installer, et finit par dénicher un bureau de presse à Tours.
Déçu et oppressé par la capitale, dégoûté par les cercles littéraires et cinématographiques, Jean-Pierre Martinet conserva un contact avec le monde qu'il aimait, celui de la littérature, du polar et du cinéma, grâce à l'ami Eibel.
Sans en dévoiler trop, il est bon d'ajouter que les coups de gourdin épistolaires qu'il assène à certaines figures du milieu littéraire ne sont pas sans sel. Il est drôle, amer mais drôle et sait bien à quoi s'en tenir. (Curieusement, il nous semble avoir aujourd'hui un cousin, que l'on peut lire sur le net, un certain Louis W.-O. qui place encore plus haut la barre de l'expression de son goût, de la diatribe et du style — mais il est vrai que Martinet tenait une correspondance privée). La désillusion serait donc bonne conseillère ?

"La littérature, c'est comme avec une femme, si on ne bande plus, cela n'a plus le moindre intérêt. Enfin, moi, c'est ainsi que je vois les choses, et pas du tout comme le Révérend Père Guégan en termes de devoir, ou de salut (quelle blague !). Comme on entoure cet acte somme toute banal de phrases pompeuses. Si un artisan n'a plus envie de travailler le bois, même momentanément, il ne fait pas chier le monde entier parce qu'il ne travaille plus le bois. Un détail horrible : je n'écris pas, et cela ne me manque pas. Je ne suis pas un champion sportif, je n'ai pas d'exploit à accomplir, je ne suis pas non plus un pommier (hélas), et je ne suis pas on plus un mystique de l'écriture, type Blanchot, Laporte ou Bernard Noël."




Capharnaüm (n° 2, été 2011, parution le 19 mai)
Finitude
112 pages, 13,50 €