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Mot-clé - B. Traven

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dimanche 2 mai 2010

Razzia sur la couv.

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En couverture du riche catalogue de la librairie Ultime Razzia, ce très beau dessin original non signé destiné à la jaquette de la traduction française du Vaisseau des morts, l'hallucinant chef-d'oeuvre de B. Traven (Calmann-Lévy, 1954).

Ne vous excitez pas, il est déjà vendu...




Ultime Razzia
13, rue Thiers
13120 Gardanne
ultimerazzia@yahoo.fr

vendredi 7 août 2009

Lectures d'été : B. Traven

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Les pédagogues pourraient avoir une inspiration : faire découvrir à leurs élèves Le Trésor de la Sierra Madre.
L’édition de Sillage est bien complète, nouvellement traduite, idéale.


B. TRAVEN Le Trésor de la Sierra Madre. Traduction de Paul Jimenes. — Paris, Sillage, 319 pages, 19,50 euros

mardi 3 février 2009

B. Traven connaît la musique (Sylvaine Viel-Notte)

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Ah ! Si certain Mister President avait lu Le vaisseau des morts de B. Traven, il aurait tourné sept fois sa langue avant d’éructer l’une des plus belles inepties présidentielles : « Travailler plus pour gagner plus ».
Le gag.
On s’en gausse encore en abordant le chapitre XXVI dudit ouvrage (réédité en 2004, soit trois ans avant telle arrivée au pouvoir, laissant largement le temps de découvrir et un grand texte et un slogan moins pernicieux). On savoure ces quelques phrases de B. Traven, écrivain aussi pertinent que mystérieux :

« On accroche dans tous les bureaux et dans toutes les usines une affiche qui vous incite à en faire plus. L’explication vous est fournie sur un tract distribué sur les lieux de travail : « Fais-en plus ! Si aujourd’hui tu en fais plus que ce qu’on te demande, si tu travailles plus que ce pour quoi tu es payé, on te revaudra ça un jour ».
« Personne n’a encore pu m’avoir de cette manière. C’est pourquoi je ne suis pas devenu non plus le directeur général de la Pacific Railway and Steamship Inc. On lit régulièrement dans les magazines et les suppléments dominicaux des journaux – et, d’ailleurs, les gens qui ont réussi le savent bien – que, grâce à cette surcharge de travail volontaire, qui dénote ambition, zèle et désir de pouvoir commander, plus d’un simple ouvrier et devenu directeur général ou milliardaire, et que quiconque suit consciencieusement cette voie pourra lui aussi accéder au poste de directeur général. Mais les postes de directeur général et de milliardaire ne sont pas si nombreux en Amérique. Je risque donc de travailler toujours plus pendant trente ans, sans pour autant toucher davantage, tout ça parce que je suis censé devenir directeur général. Si je demande un beau jour : « Alors, il n’y a toujours pas de poste de directeur général à prendre ? », on me répondra : « Désolé, pas pour l’instant, mais nous vous avons remarqué, continuez encore à travailler aussi assidûment, nous ne vous perdrons pas de vue. »
« Autrefois on disait : « Chacun de mes soldats porte un bâton de maréchal dans son havresac », aujourd’hui on dit : « Chacun de nos ouvriers et employés peut devenir directeur général. » Dans ma jeunesse j’ai vendu des journaux à la criée, ciré des bottes et, dès l’âge de sept ans, j’ai du gagner ma pitance, mais jusqu’à maintenant je ne suis pas encore devenu directeur général ou milliardaire. (…)
« Si la foi déplace les montagnes, c’est l’incroyance qui brise les chaînes des esclaves. »



Eh oui, Mister President, nombre de salariés connaissent de longue date le goût de cette carotte amère…


Sylvaine Viel-Notte



B. Traven Le vaisseau des morts, roman traduit de l’allemand par Michèle Valencia. - Paris, La Découverte, 2004, coll. Culte Fictions, 286 pages, 13, 50 euros

lundi 29 décembre 2008

Pour partir un peu (B. Traven, Joël Cornuault, Alain Jugnon, Léo Barthe & Jacques Abeille, Félix Vallotton, B. S. Johnson, Eric Chevillard, Joël Roussiez, Walt Whitman)

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La saison est aux tempêtes dans notre région du monde. Afin d’éviter tout drame, nous avons choisi de nous retirer dans les grottes des hauts de l’île.
Vous devinez comment cela se passe : les enfants raffolent de ses incartades où la routine est rompue par les adultes eux-mêmes ; ils croient à un immense pique-nique, et ils n’ont pas tort. Instruit par Kenneth Grahame dans ses deux volumes de souvenirs d’enfance, L’Âge d’or et Jours de rêve (t’excite pas, Toto, ils sont disponibles), nous savons qu’il ne sert à rien de chercher à nous adresser aux enfants un invoquant un ordre supérieur qui leur échapperait. Rien ne leur échappe d’essentiel.
Les adultes quant à eux rechignent, râlouillent et ronchonnent. C’est le diable si j’arrive à les faire grimper quelques kilomètres avec un panier à provisions et un sac à dos. Manquerait plus que je leur demande de prévoir aussi des bouquins ! Et j’use cependant de toutes mes prérogatives de préfet maritime. Rien n’y fait : la partie de campagne n’émeut pas l’adulte. A peine la coercition… Heureusement que les ados nous refont les Stooges et le MC5 à la nuit tombée dans les grottes qui sonnent bien, et beaucoup. C’est très tribal tout ça. Certains dessinent sur les parois. Ne manque que le mammouth.
Pour le reste, quelques livres dans mon sac, et hop, sur le side-car. Les singes adorent le trajet pétaradant.
Parmi ces livres, le nouveau Roussiez dont les maindesingonautes ont pu déguster plus qu’un fragment grâce au flair de Louis Watt-Owen ; un Vallotton noir ressuscité avec des illustrations ; des traductions de Whitman par Cornuault (le meilleur traducteur de l’Américain, sans conteste) ; la suite de la fresque de jacques Abeille (versant érotique en l’occurence) ; un nouveau B. S. Johnson (avons-nous bien parlé de Chalut ici ?), et surtout la traduction intégrale (enfin) du Trésor de la Sierra Madre de Traven : les éditions Sillage font la preuve qu’elles ont ouvert leurs ailes. Nous les saluons une fois encore ici. Elles dament le pion à certains “grands éditeurs” qui ont édité à cinq reprises un livre incomplet en masquant soigneusement le fait, comme le caractère d‘“adaptation” du dit produit (ça c’est “10/18”), sans l’ombre d’une pudeur.
N’oublions pas les pensées malicieusement décalées d’Eric Chevillard issues de son blog (le cousinage avec Julien Grandjean est frappant). Quant à Alain Jugnon, c’est Alain Jugnon dans un exercice dédié à Jean Paulhan (à suivre).


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B. TRAVEN Le Trésor de la Sierra Madre. Traduction de Paul Jimenes. — Paris, Sillage, 319 pages, 19,50 euros

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Walt WHITMAN Quatre rameaux de novembre. Traduits par Joël Cornuault. — Librairie La Brèche, 2008, 32 pages, 6, 90 euros.

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Joël ROUSSIEZ Nous et nos troupeaux. — Versailles, La Rumeur libre, 63 pages, 10 euros

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Léo BARTHE (Jacques ABEILLE) Le Cycle des Contrées IV. Chroniques scandaleuses de Terrèbre. — Ginkgo, 141 pages, 15 euros

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Alain JUGNON Encyclique anale. Vous n’aurez plus jamais mal. — Lyon, Parangon/Vs, 128 pages, 8 euros


A paraître en janvier

Eric CHEVILLARD L’Autofictif. Journal 2007-2008. — L’Arbre vengeur, 2009, 255 pages, 15 euros (la couverture est reproduite en tête de ce billet)

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B. S. JOHNSON Albert Angelo. Traduit par Françoise Marel. — Quidam, 184 pages, 20 euros

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Félix VALLOTTON La Vie meurtrière. — Phébus, coll. “Libretto”, 207 pages, 10 euros