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jeudi 9 décembre 2010

Les poèmes du colonel

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Au catalogue de la maison Jacques Brémond (unlimited) se cachent mille choses passionnantes, serties dans des livres superbes.
Au catalogue, L'océan et l'enfant de Giuseppe Conte (traduction de Jean-Baptiste Para), La Fausse Quête de Gaston Criel, Dolmen de Thierry Metz côtoient des auteurs contemporains (Bernard Noël, Sylvie Durbec, Michaël Glück, Cédric Le Penven, Albane Gellé, Marie-Céline Siffert, etc.), une collection de lettres (imprimées sur papier de cagettes) et des livres d'artistes admirablement reliés.

Aujourd'hui ce sont les Poèmes du colonel que nous souhaitons présenter en deux mots, ne serait-ce que pour mettre en évidence cette couverture à croûte de collet de buffle marquée au fer, "véritable matériau de cordonnier éternel". Et ça n'est pas la seule particularité de cet ouvrage.

Il est en effet équipé d'une quatrième signée par Claude Couffon, le fameux traducteur hispanophone, d'une préface de Rodrigo de Zayas, et d'un fameux fragment de Cent ans de solitude servi en préambule - parce que Gabriel Garcia Marquez y évoque le colonel en question, Aureliano Buendia.

militaire aux trente-deux défaites, poète et fabricant de petits poissons d'or, le poète Buendia a laissé trente-trois poèmes "amicalement instinctifs", comme ce "Réquisitoire contre la ligne droite". "Bien sûr, explique Claude Couffon, Macondo, ses pluies torrentielles, ses paysages oniriques, ses personnages farfelus ou incongrus et délirants, son ambiance envoûtante, y sont présents."

La balle était illettrée

On a signé l'armistice dans une ambiance de deuil.
Dans l'inventaire de la reddition
j'ai fait figurer les 62 briques d'or
que notre comptable a rendues l'une après l'autre.
A trois heures et quart je me suis tiré une balle
en plein cercle d'iode
Pour rien. Juste le trou de son passage.
Le médecin m'a eu.
J'aurais dû viser le palais pour éviter le ridicule.
Même mes ennemis m'ont proclamé martyr.
Les salauds !


Et le colonel lyrique au moment de conclure :

Maintenant
j'ai un mystère très urgent à résoudre.



Marquez n'y avait pas songé : Buendia avait laissé des poèmes et ils sont délectables.


Ramiro Oviedo Valdivieso Les Poèmes du colonel. Préface de Rodrigo de Zayas - Remoulins-sur-Gardon, Jacques Brémond, 2002, 62 pages, 12 €



Jacques Brémond
Clos de la Cournilhe
30210 Remoulins-sur-Gardon
04.66.57.24.79
editions-jacques-bremond@wanadoo.fr