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jeudi 23 janvier 2014

Retour de Patorni (Aurèle) sur les meurtrières rodomontades de Barrès

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Hier apparaissait sur les étals les Notes intimes d'un embusqué d'Aurèle Patorni. Ce récit satirique composé par un certain Simplice, soldat auxiliaire resté loin des combats, est une vraie curiosité qui méritait de reparaître au moment des commémorations de la Première Guerre mondiale.
Son auteur, Aurèle Patorni, est lui aussi une sorte de curiosité : libraire, anarchiste, pacifiste, il a laissé une série de livres étonnants dont nous reparlerons. Adressé à Maurice Barrès, ce va-t-en-guerre plastronnant loin des schrnapels, les Notes de Simplice brossent tout à la fois la figure du planqué pétri de lâcheté et de compromissions, mais aussi celle des absents de la Grande Guerre, ces civils qui trouvent que les obus ont bien du toupet de tomber en ville. Mais comme l'écrivait en juillet 1917 Roland Dorgelès dans Le Bochofage, son journal de tranchée,

On est toujours l'embusqué de quelqu'un.




Aurèle Patorni Notes d'un embusqué. Présentation du Préfet maritime. - Paris, Mille et une nuits, 2014, 100 pages, 3 €

Jean Arbousset Le Livre de Quinze grammes, caporal. - Bussy-le-Repos, Obsidiane, pages, 12 €

René Dalize Le Club des neurasthéniques. Roman de 1912 inédit en volume. - Talence, L'Arbre vengeur, 333 pages, 20 €

Marc Stéphane Ma Dernière relève au bois des Caures. Verdun. Souvenirs d’un chasseur de Driant (18-22 février 1916). — Triel-sur-Seine, Italiques, 2007, coll. “Les Immortelles”, 152 p.

samedi 4 janvier 2014

Aurèle Patorni, le Rossignol des massacres et les Embusqués

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Comme l'écrivait en juillet 1917 Roland Dorgelès dans Le Bochofage, son journal de tranchée,

On est toujours l'embusqué de quelqu'un.

Le soldat du train est celui de l'infirmier, qui est celui de l'artilleur, qui est celui de la piétaille promise à la boucherie.
Et finalement, assez proches du front, tous courent assez le risque d'y passer.
Ceux qui ne risquent vraiment rien, en revanche, en tout cas pas de ramasser un schnarpell dans le gras du bidon, ce sont les embusqués de l'arrière. Ils vont devenir au cœur de la guerre le sujet de toutes les attentions, une sorte de verrue morale contredisant les vertus guerrières, honnie de tous ceux qui, pataugeant dans la boue, souhaitent sortir vivant de la guerre.

Libraire engagé, Aurèle Patorni (1880-1955), fils de bonne famille aux amitiés nettement libertaires (il aurait hébergé Ho Chi Minh à Paris), donnait au sujet des planqués le Carnet de Simplice, sous-titrés Notes intimes d'un embusqué, où, narquois, il imaginait en 1919 les notes candides d'un embusqué aux prises avec le quand-dira-t-on et les remarques acerbes de ces concitoyens souvent aussi planqués que lui...
C'est tout le paradoxe de la bonne conscience du Parisien tenu à distance des combats mais se plaignant que les canons boches pulvérisent à l'occasion un parterre d'Ïle-de-France, "en plus". Patorni se paye en satiriste la fiole du râleur parfaitement inconscient des conditions d'existence des soldats au front... il faut qu'on lui bourre le crâne depuis 1914. Bref, un livre drôle et acide, qui n'est pas sans rappeler La Queue où Paul Achard (1) relayait les commentaires des citadins faisant la queue devant les boutiques d'alimentation durant l'Occupation. Puisqu'il y en eut une autre...

Homme d'esprit engagé dans le combat moral et politique contre les bourreurs de crâne et le "rossignol des massacres" lui-même, Maurice Barrès auquel la satire à vocation pamphlétaire est dédiée, Aurèle Patorni méritait d'être relu alors que l'on prépare la commémoration du vilain conflit.



Aurèle Patorni Notes d'un embusqué. Présentation du Préfet maritime. - Paris, Mille et une nuits, 2014, 100 pages, 3 € Parution le 22 janvier.



(1) Paul Achard. La Queue. Postface d'Eric Dussert - Paris, Mille et une nuits, 2011, pages 4,60 €

mardi 10 décembre 2013

Des idées de cadeau ?

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Le lecteur voudra bien se persuader que tous les jours il s'élève un vent frais qui porte aux îles Fortunées les feuilles périodiques et les ouvrages de quelque intérêt. Ainsi, les hommes célèbres y sont connus avant d'en faire le voyage ; et les bienheureux les attendent avec autant d'empressement que les héros et les savans en ont peu à les aller joindre. (1)



C'est un peu ainsi que le Préfet maritime appréhende la mer de papier et contribue nuitamment à grossir telle vague. Depuis son île lointaine, il a turbiné ces derniers mois assez de pages imprimées pour se sentir l'envie de vous faire partager ses plaisirs. Nulle obligation d'achat, c'est ça qu'est chouette. Que non. Juste une rapide information qui peut-être formera incitation... au moment où il faut mettre des objets dans du papier cadeau...


Vous pouvez donc lire désormais


René Dalize Le Club des neurasthéniques. Roman de 1912 inédit en volume. - Talence, L'Arbre vengeur, 333 pages, 20 €

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Jean Arbousset Le Livre de Quinze grammes, caporal. - Bussy-le-Repos, Obsidiane, pages, 12 €

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Léon Deubel Une arche de Clarté. Anthologie suivie d'une bibliographie. - Paris, Archives Karéline, 140 pages, 10 €

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André de Richaud Échec à la concierge. - Talence, L'Arbre vengeur, 160 pages, 13 €


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Vladimir Korolenko La Gelée. - Vichy, La Brèche, 6,90 €

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Marc Stéphane Ceux du trimard. - 160 pages, 13 €


et prochainement, une douceur d'Aurèle Patorni ! (parution prévue : janvier 2014)

(1) S. C. S. Bernard de Ballainvilliers, Montaigne aux Champs-Élysées, dialogues en vers... - P., Delaunay, 1823).