L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Mot-clé - Anthologie

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 11 octobre 2015

Basiques de la 'pata

anthoPata.jpg


A l'initiative des éditions du Sandre, une anthologie à petit prix permet de faire une incursion dans les classiques de la 'pataphysique, depuis Cicéron jusqu'à Alfred Jarry, grand initiateur en passant par Lie-Tse, Rabelais, Cervantes et Raymond Queneau ou Boris Vian, Lewis Caroll, Huysmans ou Alphonse Allais.
Composée comme un parcours, elle nous enseigne que la pataphysiques est une science des exceptions — elle est aussi la science des solution imaginaires —et que le collège qui préside à sa destinée est une société de recherches savantes et inutiles. C'est ce qui fait tout son charme. Sachant que le pataphysicien est modeste, humaniste, optimiste et loyalement hypocrite, que la pataphysique est la fin des fins, on est en proie aux affres de l'excitation lorsqu'on apprend que son collège est sociétaire et didactique et qu'il permet d'appréhender d'autres univers que celui-ci. Si tant est que ce dernier existe. Bref, la pataphysique est à l'oeuvre aussi bien dans la poésie que dans les sciences, les comportements sociaux ou l'enseignement et les jeux de l'Oulipo et ça n'est pas Lie-Tse qui vous dira le contraire, lui qui ignorait la pataphysique et en était nimbé.
Mieux que la pataphysique pour les nuls, la pataphysique par l'exemple.
Celui-ci en particulier qui met les rapports de La Cantatrice chauve d'Ionesco et de L'Anglais sans peine de Cherel. Il n'y a entre les deux qu'un verre d'eau. Nous recommandons aussi tout particulièrement les travaux de Franc-Nohain au sujet des propos convenus (son livre Dites-nous quelque chose est une merveille du siècle dernier) et, finalement, tous les grands moments de l'esprit auxquels nous convoque la pataphysique.
Débridons-nous, vivons plus grand avec les soixante-douze auteurs de cette grande cocasserie qui glingue depuis un bon siècle, ce vieux siècle propice aux fantaisies, parfois explosives, de l'esprit.

Collectif Anthologie Pataphysique. De L'Antiquité à nos jours. — Paris, Editions du Sandre, 397 pages, 18 €



mercredi 5 décembre 2012

Anthologie des chansons paillardes (Pierre Enckell)

diguenckell.jpg



Oyez ! Les éditions Balland consacrent une soirée à l'ooeuvre et à la vie de Pierre Enckell à l'occasion de la parution de son Anthologie des Chansons Paillardes.

Une occasion de se souvenir que nos ancêtres entonnaient sans scrupule "La fille de Camaret", "La digue du cul" ou "Le cocu de Paramé", sans oublier certain curé dont l'appareil génital flottait.

Chansons de salles de garde, d'étudiants ou de caserne, ces gauloiseries parfois amusantes, nonsensiques et toujours cocasses sont exécrées par les plus snobs d'entre nous. Les plus sages savent qu'elles ne sont pas moins culturelles que les limericks ou que les vers de Rimbaud et, surtout, qu'elles se chanteront encore lorsque s'écraseront dans le silence nos grandiloquents prix Goncourt tout à coup transis.

Pour une histoire de la langue et de la chanson populaire, rendez-vous donc à La Lucarne des Écrivains le 20 décembre prochain à partir de 19h30, en présence de Monique Enckell, de Marianne Enckell et d'Yves Cukierman.

Et, décidément, vivent les habitants de Camaret !




La Lucarne des Écrivains
115 rue de l’Ourcq
75019 Paris
01 40 05 91 51

mardi 3 janvier 2012

Des vers uniques !

SchehadeVersuniqu.jpg



C'est un régal ! Un pur et subtil régal de l'esprit que l'on s'étonnait de ne pas voir reparaître : la subtile Anthologie du vers unique du poète libanais Georges Schehadé (1907-1989), publiée initialement par Robert Abirached chez Ramsay en 1977, reparaît grâce aux éditions Bartillat, avec le concourt d'Albert Dichy...
D'Héraclite à Jean Follain et Patrice de La Tour du Pin en passant par Pontus de Tyard, Robert Garnier ou Mallarmé, Schehadé y cumula des vers qui l'avaient marqués au point de les savoir par cœur.
A l'heure où l'enthousiasme pour les trois vers du haïkaï ne se démentait déjà plus (une vraie furie !), l'anthologie de Schehadé poussait le bouchon plus loin et lançait une mélodie singulièrement délicate et aérienne.
Composée sous les roquettes qui pleuvent sur Beyrouth durant l'automne 1976, cette anthologie est la "non-réponse" du poète (A. Dichy) qui use de son excellente mémoire pour convoquer le ban et l'arrière-ban de la poésie francophone disparue contre cette folie de feu. Imaginée vingt-cinq ans plus tôt, ce livre unique en son genre devait avoir un complément sous la forme d'une anthologie du vers stupide qui ne vit jamais le jour.
Fruit d'une mémoire gigantesque - parfois défaillante, évidemment, et ça c'est qui est beau car il impose aux vers originaux des déformations subtiles -, cet hommage aux vers leur rend leur puissance et leur grâce en les isolant.
Au total on trouve dans le recueil deux cents dix-neufs fragments au milieu desquels Alfred de Musset fréquente Xavier Forneret

Et quand je pense à toi, croire que j'ai rêvé !

Un parapluie ouvert est un beau ciel fermé

où Jules Laforgue précède Maurice Scève et Agrippa d'Aubigné :

Voici l'œuf à la coque et la lampe du soir

Tes cheveulz d'or annellez et errantz

Par le cul d'un coquin chemin au cœur d'un roy...

Lequel vers d'Aubigné précède lui-même celui de Francis Jammes :

Le soleil faisait luire d'eau du puits dans le verre




En cette saison, nous sommes tentés de conseiller à tous ceux qui ont un cadeau en retard de se tourner vers ce volume délicieux s'ils souhaitent passer pour gens fins et de goût...



Georges Schehadé Anthologie du vers unique. - Note de Robert Abirached, postface d'Albert Dichy. - Paris, Bartillat, 242 pages, 12 €



A propos des formes courtes, bientôt un billet sur certains Épigrammes d'un certain philosophe.