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jeudi 30 avril 2015

Le point sournois

Andre_BIely_1928.jpg



Et caquetant, il se répondait à lui-même : "Pétersbourg a une quatrième dimension, que les cartes n'indiquent pas si ce n'est par un point. Car ce point est le lieu de contact du plan de l'être avec la surface sphérique d'un gigantesque cosmos astral. Ce point peut, en un clin d'oeil, nous envoyer un habitant de la quatrième dimension, dont aucun mur ne nous préservera. Ainsi, il y a un instant, j'étais en pointillé dans le cadre de la fenêtre et maintenant je viens d'apparaître dans..."



Andréi Biély Pétersbourg. Roman traduit par Georges Nivat et Jacques Catteau. Préface de Pierre Pascal. Postface de Georges Nivat. — L'Âge d'homme, 1967, 372 p. Portrait d'A. Biély par N. Vychéslavski.

mardi 28 avril 2015

Une époque de saine barbarie

Andre_BIely_1928.jpg



A cette époque il avait été amené à développer la théorie paradoxale d'une inévitable destruction de la culture. La période de l'humanisme attardé était terminée. L'histoire n'était plus qu'un roc effrité. C'était le début d'une époque de signe barbarie qui montait du fond populaire, qui déferlait aussi des hautes couches de la société (la révolte de l'art contre les formes établies, l'amour des arts primitifs, l'exotisme) ainsi que de la bourgeoisie (les modes orientales pour dames, le cake-walk qui était une danse nègre, etc...). A cette époque, Doucine avait prêché qu'il fallait brûler les bibliothèques, les universités, les musées ; il avait salué la mission mongole (par la suite il avait eu peur des Mongols !). Il se rappela qu'il avait professé tout cela, dans un café d'Helsingfors, et que quelqu'un lui avait demandé ce qu'il pensait du satanisme.
A la table d'à côté de lui était assis Chichnarfné et il ne le quittait pas des yeux.
Sa propagande en faveur de la barbarie avait subitement pris fin, à Helsingfors même. (...)



Andréi Biély Pétersbourg. Roman traduit par Georges Nivat et Jacques Catteau. Préface de Pierre Pascal. Postface de Georges Nivat. — L'Âge d'homme, 1967, 372 p. Portrait d'A. Biély par N. Vychéslavski.