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Mot-clé - André Rolland de Renéville

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dimanche 26 mai 2013

Danse des morts et 6-4-2

QueneauparPrassinos.jpg



Superbe premier catalogue de la Librairie du Sandre de Guillaume Zorgbibe présent ce jour au salon de la bibliophilie, place Saint-Sulpice, pour les amateurs topographiquement favorisés...

Au sommaire :
Danse des morts, Édouard Dujardin, Fagus, Eugène Marsan, Ernest de Gengenbach, Séverine et Coco bleu, Émile Pouget et Émile Pataud (envoi aux frères Bonneff), Georges Ribemont-Dessaignes et Benjamin Fondane, PIerre Mabille et André Rolland de Renéville, Mario Prassinos et Raymond Queneau, Gabriel Pomerand et Jean Loize, Bruno Léandri et Marcel Gotlieb, François Taillandier et la Dame à la Licorne, Professeur Choron, etc.

Outre une maquette lettrée par Gotlieb, un jeu d'épreuves préparées pour la composition de Pomerand et diverses "spécialités" bien désirables, le Sandre s'offre le luxe de publier au cœur de son catalogue un texte inédit complet de Fagus, "Ceci n'est pas un conte" qui débute ainsi :

L'Académie Martin-Nadaud n'admet en soin sein que des Bellevillois d'origine, au nombre de 13, afin de signifier son mépris de la superstition.



Ensemble vraiment délectable et fort bien notulé, si l'on ose dire. Et au passage, en souvenir d'Yves Martin, on retiendra un exemplaire des Passantes d'Eugène Marsan, et puis aussi certains propos relatifs à l'enlaidissement du monde, par René Riesel.
Un vrai lecture, donc.


Librairie du Sandre
Catalogue n° 1, printemps 2013
5, rue du Marche-Ordener
75018 Paris



Illustration du billet : portrait de Queneau par Mario Prassinos (feutre).

lundi 29 août 2011

L’hiver, à lui seul, forme quatre saisons...

still11.jpg


A propos de météo bancale, on note au catalogue à prix marqués de la librairie William Théry :


Joseph MERY (1797-1866), journaliste, romancier, poète et auteur dramatique. Poème autographe signé de son initiale, Déplacement de la Voie Lactée, source de nos malheurs d’Eté, aux Bains de la Méditerranée ; 3 pp. in-folio oblongues (32 vers) ; bords très légt effrangés. Manuscrit probablement détaché de l’Album amicorum de Thérèse Greig. Une note du mari de cette dernière précise : « Ce sujet a été donné devant moi & plusieurs personnes à M. Méry qui a improvisé cette pièce au vol de la plume & en causant avec nous. F. Greig. » En voici le début :

« Arc-en-ciel nébuleux qui planes sur les nues ;
Chemin de lait, semé d’étoiles inconnues
Tu t’es donc déplacé sur les deux horizons,
& l’hiver, à lui seul, forme quatre saisons !
Aujourd’hui seize d’août, dans la villa d’Estienne,
Je cherche vainement un sol qui me soutienne,
Le gazon est gelé, comme au mois de janvier ;
Le Pin brûlant frissonne auprès de l’olivier,
& le pâle baigneur, remontant de la Grève,
Croit, dans un jour d’été, voir un nocturne rêve,
Qui montre aux nautonniers, avec d’horribles sons,
Vers le pôle du Nord, un fleuve de glaçons ?
Que fait donc Arago, sur son observatoire ? »… 100 €

Et puis aussi ceci, de première importance :

André ROLLAND DE RENÉVILLE (1903-1962), poète et essayiste. Cinq lettres au docteur René Allendy, psychanalyste qui eut pour patients célèbres Antonin Artaud et Anaïs Nin (celle-ci fut aussi sa maîtresse).
1) LAS, Paris, 22 mars 1932 ; 2 pp. ½ in-8°, en-tête Café de Flore 172, Bd St-Germain Paris (petit manque au pli central sans perte de texte). Il le remercie pour l’envoi de son dernier ouvrage (Capitalisme et sexualité). « Je vais lui consacrer les quelques jours de vacances que j’ai actuellement devant moi, à sa lecture. Depuis longtemps, je suis votre activité avec une attention particulière. Il me sera précieux de retrouver dans votre nouveau livre les suites d’une pensée dont les premiers mouvements n’ont pas cessé de me retenir. »…
2) LAS, Paris, 6 juillet 1932 ; 4 pp. in-8°, en-tête Café de Flore. Il a été très intéressé par ce qu’Allendy lui a écrit, avec toutefois quelques réserves. « … je crois que vous êtes injuste en m’accusant d’avoir écrit une « œuvre littéraire ». La littérature ne me paraît admissible qu’en tant qu’elle peut mener à la connaissance. Je n’en retiens donc que la Poésie, la réflexion sur elle, en dehors de tout souci de distraire qui que ce soit. Toutefois, je n’ai pas compris votre haine pour la pensée. Que comptez-vous mettre à la place ? Le désespoir comme au temps du dadaïsme ? la construction sociale comme objet et comme fin ainsi que les actuels surréalistes semblent vouloir le faire ? Mais non, le reste de votre lettre se défend d’accepter ces apparences de solutions. Je crois que nous avons à lutter contre un certain verbalisme qui est l’héritage du surréalisme, et de n’admettre qu’une révolte éclairée, dont toutes les raisons résident ailleurs que dans la sonorité de certains termes auxquels les mouvements de notre cœur sont attachés. »…
3) LAS, Paris, 28 août 1935 ; 1 p. in-4°. Il apprend « avec une très douloureuse stupeur » le deuil qui vient de frapper Allendy (il venait de perdre sa femme). « Certes, je vous avais vu inquiet, peu avant mon départ de Paris pour les vacances, mais j’étais bien loin de penser qu’une nouvelle si affreuse puisse ensuite me parvenir. »…
4) LAS, Paris, 22 août 1937 ; 1 p. in-8°, en-tête Ministère de la Justice. Remerciements pour l’envoi de son Paracelse « qui est vraiment une œuvre belle et passionnante. J’espère avoir l’occasion de la signaler. »
5) LAS, 2 juin 1938 ; 1 p. in-8°. Il le remercie pour l’envoi des Rêves expliqués : « J’en ai commencé déjà la lecture, et trouvé cet ouvrage passionnant. »… 300 €

Et aussi un dessin représentant Boris Vian, une photographie de Jacques Prévert nageant sur la Côte d'Azur, un dossier Jean Mermoz (avec photo), etc.



Librairie William Théry
1 bis, place du Donjon
28800 - ALLUYES
Tél. 02 37 47 35 63
E.mail : williamthery@wanadoo.fr