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lundi 12 décembre 2011

Aline et Ali, par A. Léo

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Caroline Granier, que les Alamblogonautes connaissent déjà, nous annoncent la parution d'un ouvrage d'André Léo (Victoire Léodile Béra, 1824-1900), fameuse militante féministe et écrivain notoire, Aline-Ali, un roman de 1869, intéressant à plus d'un titre.
Luttant avec Louise MIchel, André "Coupons-le-câble" Léo fut une romancière, une journaliste et une essayiste socialiste qui fonda en 1868, soit un an avant la publication de son roman à la Librairie Internationale, la "Société pour la Revendication des droits des femmes". Membre de la Commune, elle connut l'exil et un relatif effacement des mémoires.
Le samedi 17 décembre 2011 prochain, à 15h30, aura lieu une présentation à la bibliothèque La Rue, par C. Granier et Alice Primi, deux des instigatrices de cette réédition.


Voici le résumé qui nous est proposé de son roman - que nous n'avons pas eu la chance de lire encore :

Paris, années 1850. La jeune et charmante Aline de Maurignan s'apprête à épouser l'aimable et fortuné Germain Larrey, quand cette idylle est brutalement interrompue par les révélations de Suzanne, la sœur aînée d'Aline. Désespérée par ses propres malheurs, qui lui ont ouvert les yeux sur l'assujettissement des femmes, elle exhorte sa cadette à ne pas se marier afin de préserver sa liberté et sa dignité.
Dotée d'un caractère ferme et indépendant, Aline se voue dès lors à une quête idéaliste : vêtue d'habits masculins, elle voyage sous le nom d'Ali, cherchant à vivre librement, à égalité avec les hommes. Le travestissement engendre des confusions riches d'enseignement : entre Ali/ne et Paolo, des sentiments troubles voient le jour, mais le retour d'Aline à son identité féminine n'apporte pas de solution : comment poursuivre une relation nouée entre égaux, dans une société où les rapports entre hommes et femmes reposent sur une inégalité fondamentale ? De désillusions en renoncements, l'héroïne choisira finalement de dépasser sa révolte personnelle pour se vouer à un engagement social et politique collectif.
Un siècle avant l'invention du concept de genre, le personnage d'Ali/ne démontre que les identités sexuées sont des constructions culturelles, historiques et profondément politiques. Par ce roman d'apprentissage et d'amour, qui relève à la fois de l'écriture engagée et de la littérature utopique, André Léo cherchait à éclairer ses contemporain-e-s sur le système patriarcal, mais aussi à interpeller l'ensemble des démocrates sur la question de l'émancipation. Aujourd’hui encore, cette étrange fiction nous met face aux contradictions de notre société concernant les rapports entre les sexes et nous invite à réfléchir aux moyens de notre propre émancipation.

André Léo Aline-Ali. Réédition présentée et annotée par Cecilia Beach, Caroline Granier et Alice Primi. - Association André Léo-Publications Chauvinoises, 2011, 184 pages, 20 €


Bibliothèque La Rue
10 rue Robert Planquette
Paris 18ème (métro Blanche ou Abbesses)

Et, pour information, un classique de la pensée hors-barrière, discours prononcé en 1871 au congrès de la pais de Lausanne, qui constitue, selon Michelle Perrot, l’une des rares irruptions d’une présence et d’une parole féminine en des lieux qui leur étaient jusque-là interdits. Léo y rappelle l'indissociabilité des principes d'égalité et de liberté et dénonce les politiques fondées sur l'ignorance des masses... Voilà qui nous évoque quelque chose, non ?

André Léo La guerre sociale, présentée par Michelle Perrot. - Le Pré-Saint-Gervais, Le Passager clandestin, 2011, 75 pages, 7 €



Le Passager clandestin
c/o Nicolas Bayart
71 Rue André Joineau
93310 Le Pré-Saint-Gervais

mardi 2 décembre 2008

Caroline Granier enfin en volume

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Caroline Granier s’est consacrée à l’étude des écrivains anarchistes. Précisions : aux fictionneurs anarchistes, ou aux anarchistes usant de la fiction pour diffuser leurs thèses. On les connaît plus ou moins, mais on réclamait une synthèse, et la voici qui nous taxinomise intelligemment Jules Vallès, Louise Michel, Georges Darien, Charles Malato, Emile Pouget, Bernard Lazare, Mécislas Golberg, Séverine, André Léo, Octave Mirbeau, Jean Grave et ses Aventures de Nono, Sébastien Faure, Georges Eekhoud, Zo d’Axa, Han Ryner, Victor Barrucand… Leur appétance pour la prose et ses effets secondaires est désormais traitée, de même que leurs origines, leurs thématiques de prédilection, leurs effets sur les artistes à venir (les avant-gardes…), le tout sous la forme d’une chronique mêlée d’analyse bigrement bien ficelée.
D’abord diffusé généreusement sur internet, le travail de Caroline Granier a connu naguère une illustration dans la revue Brèves Les Retourneurs d’idées et voit enfin le jour en volume.
Les amateurs sauront que l’opus sera présenté le samedi 13 décembre à partir de 18 heures à l’Espace Louise Michel (42ter rue des Cascades, Paris XXe, mo Pyrénées).


Caroline GRANIER Les Briseurs de formules. Les Ecrivains anarchistes en France à la fin du XIXe siècle. — Coeuvres-et-Valsery, Ressouvenances, 2008, 469 p., 35 euros.

Ressouvenances
3, rue de la Cidrerie
02600 Coeuvres-et-Valsery
03 23 55 36 97