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vendredi 2 décembre 2016

Magritte et quelques autres

CartedapresnatureMagritte.jpg




INtéressant catalogue conjoint des libraires Jean-Yves Lacroix et Benjamin Pitchal intitulé "Exilés & Précurseurs".
On y trouve en particulier la collection des rares Cartes d'après nature de Magritte, une publication uninominale, coloriée à la main ! dont le peintre gratifiait ses amis.
Parmi les autres jolies objets du désir :
un portrait photographie de Courbet par Appert
un moulage de la main droite de Victor Hugo de 1877 par GIrolami
un portrait de Verlain endormi par Paterne Berrichon
un exemplaire des Portraits du prochain siècle (1894)
l'Introduction à une Chimie unitaire d'August Strinberg (1895)
Le Pavillon ou La Saison de Thomas W. Lance. Petit poème cultique, de Levey (1897)
une rare édition du 41° d'Iliazd, Buka Russkoy literatury ("Le père fouettard de la littérature nationale", 1923)
le Genêt de Siegfried Kracauer (1933)
une page manuscrite de Walter Benjamin et une lettre
quelques folastries d'Auguste Boncors
une rare affiche du Dada Jazz Band des Réverbères de Noël Arnaud (mai 1939)
l'ultime livraison du Cheval de 4 de Michel Tapié (août 1944))
une lettre d'Emmanuel Peillet à Jacques Bonnefoy dévoilant de fait le pot-aux-roses de l'affaire Torma (20 juin 1947)
lae programme du Festival du film maudit (Biarritz, 29 juillet-5 août 1949) des envois d'André Hardellet dont l'un particulièrement touchant sur La Cité Montgol (Seghers, 1952)

A ma petite Maman,
ces images qui fardent un peu le souvenir de ma jeune,
En l'embrassant très fort, le fils

Ou celui-ci, amusant, sur Les Chasseurs deux (Pauvret, 1973)

Pour André Hardellet,
dans un moment d'oublié de la réalité.
André Hardellet




dimanche 12 septembre 2010

L'Aborigène se meurt (circa 1894)

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A l'instar de Remy de Gourmont étudiant les lapons, Elie Reclus, le frère du géographe anarchiste, se consacra aux peuples antichtones.
Ethnographe en chambre, il n'est sans doute pas le plus scientifique des anthropologues, pour autant son texte, publié aux alentours de 1894 par l'éditeur E. Dentu, présente beaucoup d'intérêt.
Sur la foi de son observation des sociétés occidentales, Elie Reclus y donne en effet sa version de la colonisation de l'Australie et l'oppression des aborigènes. L'accusation est sans appel, le style impeccable.

La Civilisation qui a mis nombre de siècles à venir, prononce l'arrêt de mort contre l'Antichtone, parce qu'il ne se civilise pas à première somation. L'aîné de l'espèce humaine n'a plus qu'à mourir, le cadet a hâte d'entrer dans l'héritage. Japhret, l'ambitieux Japhret, découvreur de continents et de pays nouveaux, est doué d'une terrible initiative. Depuis quatre siècles, les routes qu'il se fraie à travers le monde sont jalonnées de squelettes par millions entassés.

Comme le relève Joël Cornuault, l'éditeur-préfacier, on peut rester surpris que les savants ne se sont pas préoccupés avant les années 1970 de cette question relevée dès le XIXe siècle. Et on peut noter, en outre, qu'Elie Reclus donne à son propos des accents qui paraissent bien contemporains.

(...) Paris ne chôme ni d'Apaches, ni d'Aléoutes. Il y a des Papous et des Zoulous dans notre quartier. Aidons à vivre les Khonds et les Andamènes de notre rue.


Ainsi, nous sommes tous des Andamènes !



NB Joël Cornuault consacre par ailleurs ses nouvelles Notes de Phénix à André Hardellet et aux lettres de Breton à sa fille.


Elie Reclus L'Aborigène se meurt. Préface de Joël Cornuault. - Vichy, Librairie La Brèche, 36 pages, 6,90 €

Librairie La Brèche
A la page
5, rue Sornin
03200 Vichy

mardi 24 octobre 2006

Les mots sales




En contrepoint de l’entretien que nous a donné Bienvenu Merino il y a quelques jours — il y a exactement une semaine, le 17 dernier —, cette réminiscence du grand André Hardellet (Lourdes, lentes) :


“Je vais employer des mots sales. Il le faut. Il faut que je vous tire de votre sommeil et de votre hypocrisie, que je vous explique comment ça se passe. Gueulez au charron, ameutez les pouvoirs publics tant que vous voudrez, mais accordez-moi ceci ; je reste encore bien en deçà de vos divertissements cachés, de vos ballets oniriques.”