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jeudi 8 septembre 2011

Promesse d'assassinat (1887)

Deibler.jpg Anatole Deibler (1863-1939)


Promesse d'assassinat
Aux pitres du palais-Bourbon


Quand à mon pays j'aurai tout donné, bras et cerveau, que les seigneurs du capital me rejetteront ainsi qu'un vieux citron ridé dont ils auraient exprimé tout le jus, je ne me tuerai point.

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mardi 9 août 2011

Affiches anarchistes à Saint-Denis

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La France numérise à tour de bras ses fonds d'archives.

C'est l'occasion de découvrir des documents éphémères et fragiles que de rares spécialistes avaient (peut-être) eu l'occasion de voir un jour.

La ville de Saint-Denis propose ainsi des affiches, parmi lesquelles quelques pièces anarchistes.

jeudi 16 septembre 2010

Un panorama de l'anarchie

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C'est aujourd'hui que reparaît le grand livre de Victor Barrucand !

Roman panoramique de l'anarchie fin-de-siècle, il est probablement le seul ouvrage de fiction, avec Le Voleur de Georges Darien, à présenter les différentes thèses anarchistes, les sensibilités diverses qui parcourent les milieux prolétaires, violents ou intellectuels des années 1890.

Les pages de haut style qui ouvrent le livre devraient lui attacher encore quelques lecteurs nouveaux.

N'omettons pas de préciser que Victor Barrucand était un familier de Félix Fénéon. A bon entendeur...



Victor Barrucand Avec le feu. Préface du Préfet maritime. - Paris, Phébus, 208 pages, 11 €

vendredi 25 juin 2010

Et vive le feu !

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Le 16 septembre 2010 reparaîtra Avec le feu, le grand roman de Victor Barrucand, musicien, journaliste et familier de Félix Fénéon, avec lequel il conçut les articles qui ont inspiré la manière des Nouvelles en trois lignes.

Dans ce livre injustement oublié durant un siècle, un vaste panorama de l'anarchie intellectuelle et pratique est mis en mot. Cela commence au tribunal où tel avocat porte un "pantalon à la crotte", cela se poursuit avec un pauvre gars de flic en planque le jour de Noël, et cela se finit, fort métaphysiquement, au bord de la Méditerranée après l'exécution d'Emile Henry - on raconte du reste que Fénéon et Barrucand ont participé à la rédaction de sa fameuse déclaration lors de son jugement...

Des scènes d'anthologie en pagaille, un point de vue informé sur chacune des différentes thèses anarchistes (individualistes, collectivistes, terroristes, etc.), des personnages à clefs, un amour malheureux pour une féministe farouche, un compositeur génial mais ignoré, bref, un livre aussi important que Le Voleur de Darien.

Seuls ceux qui ne l'ont pas lu oseront vous dire le contraire.



Victor Barrucand Avec le feu. Préface du Préfet maritime. - Paris, Phébus, coll. "Libretto", 208 pages, 11 €

lundi 3 mai 2010

Bibliographie lacunaire de la collection Table Rase (Plasma)

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Collection Table rase, dirigée par Roger Langlais et André Laude

Émile Henry Coup pour coup. Textes établis par Roger Langlais. Préface d'André Laude. — Paris, Plasma, coll. "Table Rase", 1977 (a. i. 18 février), 211 p.

Ernest Cœurderoy Hurrah !!! ou la Révolution par les cosaques. Edition de J. Le Glou. - Paris, Plasma, 1977, 481 p.


Collection Table rase, dirigée par Roger Langlais

Marcel Mariën (dir.) Les Lèvres Nues, réédition en fac-similé des douze numéros de la première série (1954-1958), augmentée par Marcel Mariën et Roger Langlais de nombreux documents et d'un index. — Paris, Plasma, coll. "Table Rase", 1978.



Annoncés à paraître (en 1977)

E. Le Flambeur Le Mouvement anarchiste mexicain
Emma Goldman Living my life
Alexandre Skirda Les Anarchistes et l'organisation. Plate-forme dite d'Archinov, et autres textes.
Alexandre Berkman Le Mythe bolchevik

samedi 6 mars 2010

L'anarchiste-singe (Filadelf Gorilla)

chiromonkey.jpg.gif J.-L. Faure, Chiromonkey



L’anarchiste-singe

Voilà donc que le singe apparaît. Aussitôt que la faiblesse et la corruption s’emparent du corps social, le singe avance son museau et montre son rictus sarcastique… Le singe c’est la nature chaste, pure, saine, qui n’est pas fardée, exténuée, corrompue, empoisonnée.

L’argent c’est un métal, et, comme tous les métaux pris à grandes doses, un poison. La bête-ancêtre, l’architype père de l’espère apparaît juste au moment critique où l’espèce lutte contre la mort. Le Tiers-État, le serf, Danton, Marat, Saint-Just, Mme Rolland, étaient les singes du passé. Les socialistes, les anarchistes, Pini, Ravachol, Proudom, Krapotkine (1), Elisée Reclus, sont les singes de l’avenir. Les trois mots qu’on lit à chaque pas, Liberté, Egalité, Fraternité, à travers votre civilisation, sont ternis, sont presque éteints. Il faut que le singe avec sa brosse de peintre original, de père artiste, les repasse avec une couleur plus vive, celle du sang.

Entrez dans les catacombes do la misère, descendez dans les caves, insinuez-vous dans les coulisses de tous ces misérables que vous condamnez, de tous ces parias, ces singes déshérités que vous immolez sur l’échafaud, approchez-vous sans peur de ces bêtes fauves dont vous vous déliez tant et essayez de les connaître à fond, d’approfondir leur âme, de mettre le doigt sur leurs plaies, d’écouter leurs plaintes, leurs sanglots, leur râle, de les voir de près, de sentir leur pouls, de respirer l’acide carbonique des mansardes où ils grelottent, où ils grouillent pendant l’hiver et se rôtissent pendant l’été !…

« Triste égalité d’un peuple libre ! C’est encore Pini l’anarchiste qui parle ainsi (2), les parias, les ouvriers, je les comptais par milliers, pendant que par milliers aussi je comptais les panses ventrues des gros bourgeois qui, aux terrasses des cafés, prenaient leur apéritif pour se préparer à bien digérer et passer ensuite une joyeuse soirée avec quelque fille de meurt-de-faim.
« Comme la vie parisienne est belle pour ces gens ! Musique, bals, cafés-concerts, jeux, théâtres, femmes ; et pendant que, des somptueux édifices et des salles illuminées, s’envolaient les échos de ces fêtes, le policier, sur la voie publique, à chaque instant arrête les victimes de l’opulence, inculpées d’avoir l’estomac vide et d’être privées de domicile. Un vagabond pour la relégation est une bonne note pour le policier. Voilà la morale de vos lois et de la liberté d’un peuple républicain.
« Puis, le matin, pendant que le bourgeois, sur la douce plume, se délassait des soûleries nocturnes, je voyais arriver par bataillons ces ouvriers qui avaient tout produit et qui, mourant de faim, attendaient pendant trois ou quatre heures à la devanture de ces restaurants pour manger une soupe confectionnée avec des os dépouillés et les restes que la bourgeoisie rassasiée et soûle abandonnait en pâture aux chiens. J’en ai vu qui, pour être des premiers, dés quatre heures du matin, stationnaient pour la distribution de huit heures. Quatre heures ; l’estomac vide, en plein hiver, pour recevoir une soupe que le chien du bourgeois aurait dédaignée! El comme la distribution n’arrivait qu’à moitié colonne à cause du grand nombre de miséreux, ceux-ci se jetaient alors sur les caisses aux immondices gisant devant les maisons et disputaient aux chiens sans maître cet horrible repas. Et cela, je le voyais en plein boulevard, au restaurant Bréband et sur cent autres points de la ville sur le seuil de ces grands magasins remplis de toutes les belles choses de la nature et du produit des fatigues du travail. — Oh ! fraternité du régime démocratique ! »

Je cite beaucoup de son carnet d’anarchiste. Mais est-ce qu’on trouverait ailleurs une peinture plus fidèle, plus navrante de ces drames de la misère ? Ce sont de vrais tableaux de Rembrandt, tant leur réalisme est écrasant, tant la nature saute aux yeux, tant l’homme-singe apparaît avec tous ses os, sa chair et son squelette !… Ibsen n’aurait pas décrit une scène plus réaliste que celle-ci… Oh ! cette misère que nous ignorons, que nous apprenons par bribes, que nous entrevoyons dans les courts récits et les reportages des journaux !…

Et dire que Zola est un malfaiteur, que ses livres sont infectieux, puisqu’ils disent la vérité, puisque dans un de ses chefs-d’œuvre, dans Germinal, il nous décrit tout ce monde qui vit dans les cavernes, dans les cloaques, dans les ténèbres, près des morts ! Non, vénéré Père Cornut, qui avez écrit les « malfaiteurs littéraires », ni la presse, ni le roman, ni Zola, ni Monpassant (3), ni Bourget, ni la Philosophie, ni Renan, ni Fabre, ni Havet ne sont des malfaiteurs et des corrupteurs !

Notre époque a le virus dans le sang, c’est l’âge avancé, c’est la vieillesse de l’Europe, c’est la décadence de la race latine plutôt que ces hommes, qui honorent, ces jours derniers et qui jettent la lumière dans les ténèbres qui nous envahissent; la vraie cause de vos malheurs, de cet état lamentable de votre société !…

Ce ne sont plus les curés et les cardinaux, les archevêques et les papes, les seuls représentants du Christ et du christianisme, la presse, la philosophie, les universités, les littérateurs, les professeurs, les romanciers, tous sont des prêtres et des éclaireurs, tous répandent la lumière !…


Filadelf Gorilla


Notes de l’éditeur
(1) Sic et resic. N’oublions pas que Filadelf est un singe arrivé récemment à Paris…
(2) Vittorio Pini (circa 1860-1903 à Cayenne), anarchiste italien, auteur du Manifeste des anarchistes de langue italienne au peuple d’Italie.
(3) Sic.

lundi 11 janvier 2010

Badaboum

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Affiche de Tavio I Dinamitardi di Parigi (Roma, E. Perino Edit., 1890)

jeudi 17 septembre 2009

L'Humanisphère de Joseph Dejacque

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Joseph Dejacque (1822-1864) n’est pas le plus notoire des penseurs politiques français, il n’en est pas moins des plus remarquable. La réédition de son Humanisphère va permettre de le constater ubi et puis orbi.
Exilé aux Etats-Unis, cet ouvrier décorateur acquis à la pensée socialiste et libertaire — il est le premier utilisateur de ce dernier terme — y conçut des écrits plutôt stupédiants, dont cet Humanisphère utopique dont la verve unique n’est pas sans rappeler le lyrisme emballé du “sauveur du vers français”, le fameux Auguste Boncors. Soit un texte à déguster, comme on a pu apprécier Ernest Coeurderoy.
Préambule en guise d’illustration :

Ce livre n’est pas une oeuvre littéraire, c’est une oeuvre INFERNALE, le cri d’un esclave rebelle. (…)
Ce livre n’est point écrit avec de l’encre, ses pages ne sont point des feuilles de papier. Ce livre, c’est de l’acier tourné en in-8° et chargé de fulminate d’idées. C’est un projectile autoricide que je jette à mille exemplaires sur le pavé des civilisés. Puissent ses éclats voler au loin et trouer mortellement les rangs des préjugés. Puisse la vieille sociélé en craquer jusque dans ses fondements (…)


La grosse toile fourmille de textes de Joseph Dejacque : ici, la version châtrée de L’Humanisphère (édition écourtée de la Bibliothèque des Temps nouveaux, Bruxelles, 1899) dont les coupes dûment et honnêtement signalées sont particulièrement intéressantes puisqu’elles disent tout haut ce que la propagande anarchiste considérait en 1899 comme trop “avancé”, ou trop contestable pour être diffusé.
Voici ensuite A bas les chefs ! (édition de 1912) où les patrons, contremaîtres, chefs d’entreprise et autres régents de bureau prennent pour leur grade — un texte de saison !
Puis Aux ci-devant dynastiques, aux tartufes du peuple et de la liberté (1848)
Et ces Vers récités, le 24 juin 1852, sur la tombe d’un proscrit
(liste non exhausive).
Toutes choses qui imposent de rendre à Dejacque son lustre et de le rétablir à son rang.

Vive la Liberté ! Vive Dejacque !



Nota Bene : Dejacque nous renvoie dès le préambule de son récit à un essai complémentaire, une sorte de préacquis nécéssaire : Le Monde marche d’Eugène Pelletan (2e éd., 1858).



Joseph Dejacque L’Humanisphère. — Burozoïque, 163 pages 10 euros

vendredi 11 septembre 2009

Jean Grave (mais bien complet)

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Le 26 septembre prochain un débat aura lieu à la bibliothèque La Rue (10, rue Robert Planquette, Paris 18e) avec Isabelle Pivert, éditrice à la marque du Sextant (Paris-Bretagne), à propos de la réédition des mémoires de l’anarchiste Jean Grave (1854-1939), plaque tournante de l’anarchie française et militant permanent.
Ses mémoires, rédigés en 1920 et publiés dix ans plus tard (dans une version tronquée) sous le titre du Mouvement libertaire sous la IIIe République. Souvenirs d’un révolté (Les Oeuvres représentatives, 1930), est, toutes proportions gardées, le journal de Léautaud de l’anarchie française. Plus ou moins. Plus politique (néanmoins plein de figures littéraires, artistiques et du journalisme : d’Anatole France à Zola en passant par Pissarro) et bien moins volumineux (quoique assez épais), une foule d’anecdotes et d’échanges de correspondance ne laissent pas de leur donner du piquant et de la vie. Il en faut du reste que la vie de Jean Grave ait été un long fleuve :
Auvergnat, il s’était établi cordonnier à Paris puis choisit de devenir typographe. Son nouveau métier le rendant précieux à la diffusion des idées anarchistes, il s’installa en Suisse pour y diriger à partir de 1883 Le Révolté, le journal créé par Kropotkine et Elisée Reclus dont le titre deviendra Les Temps nouveaux. De retour en France, il est condamné en 1894 à deux années de prison pour avoir publié La Société mourante et l’anarchie, son grand texte avec les présents Mémoires qui constituent l’une des principales pièces de l’histoire de l’anarchisme en France.
Le militant Jean Grave connaîtra cependant, au moment de rédiger ces souvenirs, une faiblesse : le mouvement anarchiste flageolait durant les années d’après-guerre (une population songeant à profiter de la vie lutte moins), et lui-même, déçu, se détachait des questions politiques. Pour autant, ses souvenirs étaient frais et les débats entre courants divergents ou le foisonnement des journaux et feuilles de chou de toutes tendances bénéficiaient d’un chroniqueur équipé de solides archives.
On ne s’expliquait d’ailleurs pas bien ce qui pouvait retarder une réédition de ce volume (soldé dans son édition Flammarion de 1973 il y a une paire de lustres), tandis que les collections de “gros poches” foisonnent : remercions donc les éditions du Sextant, qui ont produit là un livre conséquent, et conséquemment épais pour une structure modeste. Saluons l’effort et encourageons-les.


Jean Grave Mémoires d’un anarchiste (1854-1920). - Paris, Editions du Sextant, 2009, 544 pages, 28 euros


Editions du Sextant
185 bis rue Ordener
75018 - Paris
editions.sextant—wanadoo.fr

lundi 7 septembre 2009

Le Procès des Trente par Sébastien Faure

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On trouve à cette adresse, sur le site des éditions Antisociales, l’édition originale pdf du Procès des Trente, vu par Sébastien Faure.
C’est un inédit issu du Libertaire (livraisons publiées entre août et décembre 1896).

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