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mardi 24 mars 2015

Couleurs de Bonnard, notes de Terrasse

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L'exposition Pierre Bonnard qui vient de démarrer au musée d'Orsay se complète opportunément d'une publication et d'une vente colossale, en tout cas historique, celle de la collection du petit-fils de son beau-frère Claude Terrasse (lequel avait épousé sa soeur Andrée), fils de l'historien d'art Charles Terrasse qui fut de ses neveux tant aimés.

Dispersée le 29 mars prochain à Fontainebleau, cette collection proprement stupéfiante nous provient en droite ligne de ce temps enfui où Bonnard côtoyait la Revue blanche et le Grand-Lemps, Alfred Jarry et les îles de Lérins, sous forme de toiles, parfois inachevées, de portraits familiaux, de croquis, d'albums, de photographiques fruits de Kodak, de manuscrits et de livres, en particulier L'Ubu roi en édition originale annotée par Claude Terrasse en vue de la préparation de sa musique et comportant un portrait d'Ubu en poire par Alfred Jarry lui-même, le Petit solfège illustré de Claude Terrasse qui est l'un des premiers livres illustrés par Bonnard en 1893 (on trouve aussi ses travaux pour Léopold Chauveau ou Claude Anet), des éditions d'Ambroise Vollard, etc.

Passée cette pléthorique avalanche de pièces, restent la déjà ancienne édition en fac-similé des carnets de Bonnard par Ides et Calendes (2006) en deux coffrets de trois livres, et ces notes sur la peinture réunies en volume selon le manuscrit que Bonnard avait laissé mis au net. On y lit ses interrogations et ses doutes, son souci de la lumière dans les couleurs, ses pensées sur son art :

J'espère que ma peinture tiendra, sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l'an 2000 avec des ailes de papillon.


C'est chose faite. Un truc dont ne pourra pas se vanter Mondrian...

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Pierre Bonnard Observations sur la peinture. Préface d'Alain Lévêque. Introduction d'Antoine Terrasse. — Strasbourg, L'Atelier contemporain-François-Marie Deyrolle éditeur, 69 pages, 15 €

Catalogue de la vente de la collection Antoine Terrasse. Experts Michel Maket et Raphaël Maket, Alain Nicolas, Anne Lamort. - Fontainebleau, Osenat, dimanche 29 mars 2015.

samedi 29 juillet 2006

Emile Guillaume et Henry Poulaille : deux prolétariens

On citait hier son nom parmi les auteurs des éditions La Fenêtre ouverte et, coïncidence charmante, le voilà annoncé au nombre des auteurs de la fameuse rentrée littéraire.
Parmi les parutions de l’automne, on ne ratera donc évidemment pas l’appétissante livraison des Cahiers Henry Poulaille, qui annoncent la correspondance Henry Poulaille/Emile Guillaumin.
Nom d’une pipe !

Emile Guillaumin (1873-1951), citoyen d’Ygrande et défenseur de la cause paysanne, est l’auteur, notamment, de La Vie d’un simple, qui manqua de peu le prix Goncourt, laquelle distinction fut décernée, cette année-là, à Léon Frapié, autre brillant représentant de la veine prolétarienne, qui signait le très beau La Maternelle.
Guillaumin avait, pour sa part, obtenu les suffrages d’Octave Mirbeau et Lucien Descaves. On peut se souvenir en outre que son ami Charles-Louis Philippe était également sur les rangs.
Quelle année ! On n’espère plus des prix littéraires autant de bons candidats.

En somme, nous nous réjouissons de cette nouvelle, et nous en profitons pour souligner ubi et orbi la qualité, l’audace et la nécessité des éditions Plein Chant. Edmond Thomas, en sa Charente, a construit depuis trente ans un catalogue qui fera baver, c’est sûr, des générations de bibliophiles, de savants et, évidemment, de lecteurs exigeants.

Les Cahiers Henry Poulaille sont accessibles à ces deux adresses :

Plein Chant, 16120 Bassac
ou
Jean-Paul Morel (qui met le point final à une biographie d’Ambroise Vollard dont nous vous donnerons bientôt des nouvelles), 33, rue Taine, 75012 Paris.



Signalons aux plus curieux cette référence : Louis Lanoizelé, Emile Guillaumin écrivain et paysan. — Paris, Plaisir du Bibliophile, 1952, plaquette, avec un avant-propos d’Edouard Peisson, des lettres inédites et une bibliographie.

De plus, il existe un Musée Emile Guillaumin à Ygrande, lequel offre cette bibliographie de Guillamin :

1899 Dialogues bourbonnais Crépin-Leblond, 1899.

1901 Tableaux champêtres Crépin-Leblond, 1901 ; 1905 ; 1931.

1902 En Bourbonnais. La Propriété et l’agriculture, les moeurs, les divers catégories de travailleurs Pages libres, Paul Delagrave 1902.

1903 Ma Cueillette Crépin-Leblond, 1903.

1904 La Vie d’un simple Stock, 1904 ; Livre de poche, 1973 ; Stock, 1974.

1905 Près du sol Calman-Lévy 1905 ; Pleint Chant, 1979.



1906 Albert Manceau, adjudant Fasquelle, 1906.

1908 Rose et sa parisienne Calmann-Lévy, 1908 ; Cahiers du Boubonnais, 1970.

1909 La Peine aux chaumières Cahiers Nivernais, 1909.

1911 Baptiste et sa femme Fasquelle, 1911.

1912 Le Syndicat de Baugignoux Fasquelle, 1912 ; La Fenêtre Ouverte, 1960 ; Ipomé, 1982.

1912 Au Pays des ch’tits gars Cahiers du Centre, 1912 ; Plein Chant, 1978.

1913 La Ruche viticole de Prunet Cahiers Nivernais, 1913 ; 1976.

1914 La Retraite d’un cultivateur Cahiers du Centre, 1914.

1925 Notes paysannes et villageoises Bibliothèque d’Education, 1925.

1931 A Tous vents sur la glèbe Valois, 1931.



1935 Panorama de l’évolution paysanne L’Emancipation Paysanne, 1935-1936.

1937 François Péron, enfant du peuple Crépin-Leblond, 1937 ; Les Marmousets, 1982.

1942 Mon Compatriote Charles-Louis Philippe Grasset, 1942.

1944 Comment j’ai vaincu la misère. Mémoires de Henri Norre Editions Balzac, 1944.

1949 Sur l’appui du manche Crépin-Leblond, 1949.

1953 Paysans par eux-mêmes Stock, 1953 ; 1980.

1969 119 lettres d’Emile Guillaumin présentées par Roger Mathé Klincksieck, 1969.

1970 Les Mailles du réseau Cahiers du Bourbonnais, 1970.

1973 Au vieux temps et Contes et Légendes Cahiers du Bourbonnais, 1973.

1974 Histoires bourbonnaises, Contes Bassac, Plein Chant, 1974.

1975 Fleurs d’Alsace Plein Chant, 1975.