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lundi 30 janvier 2017

Les Larmes d'Henri Roorda (1894)

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Henri Roorda toujours.
Cette fois, sa première intervention dans la presse en 1894.
Il aura eu la surprise, après avoir adressé son article à Alphonse Allais, de le voir transformé en une chronique du maître.
Le bizutage de la bleusaille en quelque sorte.


Larmes

Un homme, jeune encore, qui cache sous le prestigieux pseudonyme de Balthazar une des personnalités les plus en vue des hautes études françaises, veut bien m'adresser, en m'en faisant hommage, un très substantiel et très élégant travail qu'il vient de terminer sur ce sujet : Les Larmes.
Publier cet opuscule entier serait sortir du léger cadre de mes badinages. Je me contenterai donc de le résumer, en tâchant celui conserver sa rare savante et sa haute originalité.
M. Balthazar — conservons-lui ce nom, puisque cela semble lui faire plaisir — eut un professeur de philosophie dont la devise favorite était : L'essentiel est de se poser beaucoup de questions. Et il s'ne posait, le signe homme, paraît-il, des myriades ! Seulement, il ne se préoccupait jamais d'en résoudre une seule.
C'est ainsi qu'un jour il fit à ses élèves :
— L'un de vous, en avalant les siennes, s'est-il parfois demandé pourquoi les larmes sont salées ?
Et sur cette cordiale parole, la casse se trouvant terminée, le digne professeur prit congé de ses élèves.
Le jeune Balthazar se piqua au jeu et fit le serment de venir à out de cette thèse, coûtât que coûtât.
Il éplucha des bibliothèques entières, la Physiologie psychologique de Wundt, les Leçons d'hydraulique de Puiseux, les exquises Perle et larmes du poète norvégien Bjoernson, et constata que le problème n'y était point abordé, même de loin.
Des esprits superficiels répondraient : "Eh ! parbleu ! les larmes sont salées parce qu'elles contiennent une forte proportion de chlorures alcalins."
Nous le savons aussi bien que vous, esprits superficiels ! Mais la question ne gît pas là. Nous vous demandons pourquoi la Providence intima aux larmes d'avoir le goût salé plutôt que tout autre goût.
M. Balthazar employa la méthode indirecte et se dit :
"Les larmes devaient avoir un goût ou ne pas en avoir."
Démontrons d'abord qu'elles devaient avoir un goût, et ensuite que tout autre goût que le goût salé aurait présenté des inconvénients dans lesquels le ridicule l'aurait disputé à l'odieux.
1° Les larmes doivent avoir un goût — A n'en pas douter. S'imagine-t-on, par exemple, une mère versant des larmes insipides sur le cadre de son enfant ?
Non, mille fois non, n'est-ce pas ? Eh bien, alors ! (C. Q. F. D.)
2° Les larmes ne sauraient avoir un autre goût que le goût salé. — Vous représentez-vous, entre autres, des larmes acides ? Les quelques personnes de la société dont une maîtresse grincheuse aurait aspergé le visage de vitriol, d'acide azotique ou même chlorhydrique connaissent les inconvénient résultant du contact trop direct de ces substances avec les tissus si délicats de l'appareil ophtalmique.
Les larmes ne sauraient être amères. Nos grands classiques ont té un immense parti des larmes amères. Or, cette amertume est, ici, purement métaphorique. Si nos pleurs étaient véritablement amers, il n'y aurait plus de métaphore et nos romanciers auraient ainsi une image de moins à leur arc. Quittait même si notre grand Ohnet ne doit pas ses meilleures pages et les plus poignantes à ces trouvailles qu'un long usage n'a pu défraîchir ? La Providence, raisonnablement, pouvait-elle consentir à en priver la langue française ?
3° Les larmes ne sauraient être sucrées. Car les enfants se pleureraient tout le temps dans la bouche. Au lieu de donner un sou au petit Emile pour s'acheter du sucre d'orge, on lui ficherait une claque, et ce serait une économie. Oui, mais où serait la sanction paternelle ?
M. Balthazar poursuit son travail dans cet esprit d'une impitoyable logique. Il démontre péremptoirement que les larmes ne sauraient avoir le goût de fromage, ni de groseille, ni de haricot de mouton, ni de tabac à priser, etc., etc.
Sa conclusion est certainement une des plus belles pages qu'on ait écrites en français depuis ces vingt dernières années.

Alphonse Allais



Le Journal, lundi 28 mai 1894, « Larmes », p. 1. Texte repris dans Deux et deux font cinq (Paris, P. Ollendorff, 1895, p. 136-139), etc..


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Henri Roorda Le Roseau pensotant. — Paris, Mille et une nuits, 159 pages, 4,50 €
Le Rire et les rieurs, suivi de Mon suicide. — Paris, Mille et une nuits, 112 pages, 3,50 €
Le Pédagogue n'aime pas les enfants. — Paris, Mille et une nuits, 134 pages, 4,50 €
A prendre ou à laisser. - Paris, Mille et une nuits, 248 p., 5 €
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vendredi 4 avril 2014

Couleurs sur Paris

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Une semaine avant l'ouverture du Salon du Livre ancien au Grand Palais, Pierre Saunier publie une nouveau catalogue à prix marqué. Thématique, il aborde les rives du cercle chromatique et, plus généralement, de l'art.
Largement illustré, comme on nous y a habitué, ce nouveau recueil de notices solidement établies réclame lecture. S'y découvrent en effet les particularités d'un Victor Joze jaquetté par Bonnard, celles de différents exemplaires de la plaquette de Fénéon sur les Impressionnistes, du Cercle Chromatique de Charles Henry (C. Verdin, 1889), d'une photographie de la jeune et belle Suzanne Valadon, de l'affiche de la VIIIe et dernière exposition impressionniste (1886), de la Théorie scientifique des couleurs d'O. N. Rood (1881), d'une photographie d’Émile Bernard en pharaon, des planches macabres de Maurice Dumont (La Dame inexorable), et l'on en passe, notamment une foule de Gauguineries superbes. Sans parler des pièces illustrées à la main, aquarellées, etc.
Bref, on en sort étoudi et plein de curiosités nouvelles. Ce catalogue est un musée.


Bazar à treize, catalogue de la Librairie Pierre Saunier
22, rue de Savoie
75006 Paris
144 pages.


dimanche 16 décembre 2012

Pour mémoire, l'inventeur Allais

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Il ne sert à rien de ne pas se répéter, Alphonse Allais le savait fort bien, aussi voici de nouveau ce fragment intitulé L'agonie du papier, issu des chroniques réunies l'an dernier par Le Pont du Change.
Nous dédions naturellement ce fragment à tous les possesseurs et futurs propriétaires de "tablettes", pour qu'ils se sentent résolument modernes, comme en 1902. Et à la mode avec ça !


Vous pensez bien, mes petits amis, que ce n'est pas uniquement à titre de prunes, ni sans le plus sérieux des motifs que je viens de me livrer à d'intarissables jérémiades sur l'imminente disparition des arbres, causée par la de plus en plus folle consommation de papier imprimé.
De derrière la tête, oh! j'avais mon idée.
Comme dirait si bien mon maître François Coppée.
Et cette idée, j'aime autant l'avouer tout de suite, car, aussi bien, vous ne serez pas longs à vous en apercevoir - cette idée c'est le lancement d'une brave petite affaire appelée à révolutionner le monde entier tout bêtement.
Surtout à la petite épargne, depuis quelque temps si éprouvée, je m'adresse, mais aussi à la grande et principalement à la moyenne.
Les capitaux ne provenant pas d'épargne sont également invités à jeter un coup d’œil sur l'exposé ci-dessous; tout ce qu'on leur demande à ces agents, c'est d'être disponibles.
Le but de notre nouvelle société, but éminemment anticataclysmal et géophile, vous le devinez d'ici: suppression de l'emploi du papier partout où cette substance ne se trouve pas strictement indispensable, et son remplacement par des matières ou procédés plus conformes à l'état actuel des connaissances humaines.
Les enorgueillis qui, par stupide analogie, vaniteusement caractérisent notre époque comme «l'âge du papier» sont d'effroyables niais imbéciles, à torpiller dans les vingt-quatre heures.
N'en doutez pas : au regard de nos rosses de petits-neveux, le papier apparaîtra plus brut encore que le paléontologique silex plus ou moins taillé.
Ah ! chers amis, soupé, soupé, de ces errements.
Continuons, fichtre, à publier des journaux, des revues et des livres.
Qu'à pleins flots circule et nous pénètre la torche de la pensée humaine !
Que le Vérité, la Justice, la Beauté nous roulent éperdus en leurs vagues d'amour, d'harmonie et de rythme !
Que... !
... Mais revenons aux choses sérieuses.
... Le but de notre nouvelle société, répétons-le, c'est la suppression catégorique du papier dans ce petit monde des quotidiens, périodiques et autres ouvrages jusqu'à présent tributaires de l'exclusive, de la barbare typographie.
Ne nous attardons pas à dissiper la stupeur des personnages si tellement ancrés dans le mystérieux passé, comme dit M. Pourquery de Boisserin, que l'idée tant soit peu nouvelle, continue-t-il à s'exprimer, les jette en des abysses de perplexité.
Un journal sans papier !
Une revue sans papier !
Un roman sans papier !
Et pourquoi pas ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La nouvelle société en question s'apprête à publier très incessamment sa première publication, un journal quotidien portant ce nom significatif : La Pellicule, on va voir pourquoi.
Les abonnés de notre journal (le mieux informé, le plus littéraire du monde entier) recevront en même temps que le premier numéro, un petit appareil ressemblant fort à une lanterne magique, mais infiniment plus simple, appareil muni de ses accessoires avec la façon, d'ailleurs élémentaire, de s'en servir.
Notre organe, La Pellicule, parviendra chaque matin à nos abonnés sous forme d'une légère carte transparente, pas plus énorme qu'une carte à jouer.
Cette carte, insérée dans la rainure ad hoc, un bouton qu'on pousse, et sur la toile en face vient se projeter la plus clairement lisible de nos gazettes françaises et même étrangères.
Le miracle s'est simplement accompli par micro-photographie des huit ou douze pages d'un immense journal sur la mignonne et sus-indiquée pellicule.
Nous étudierons prochainement les avantages financiers, la puissante moralisation et le chambardement dans les vieilles coutumes de la bourgeoisie française que ne manquera pas d'apporter notre curieuses innovation.
Pour souscrire, se hâter.
Bien que très occupé en ce moment, je recevrai volontiers les fonds de nos futurs actionnaires.
Encore une fois, pour éviter les regrets, se hâter.




Alphonse Allais L'Agonie du papier. - Lyon, Le Pont du Change, 80 pages, 12 €

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mercredi 12 octobre 2011

Yes we have ! (it)

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Alphonse Allais et Henri Roorda nous ont donné du fil à retordre. Mais on a fini par les dénicher !


Prochaines informations à la fin de l'automne...

dimanche 14 août 2011

L'Agonie du papier

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On annonce la parution de L'agonie du papier, et autres textes d'une parfaite actualité, d'Alphonse Allais, tous textes issus de ses Oeuvres posthumes.

Topo de l'éditeur :
« Un journal sans papier ! Une revue sans papier ! Un roman sans papier ! Et pourquoi pas ? » s’interroge déjà Alphonse Allais en 1902, imaginant le texte sur d’autres supports. L’humoriste avait en bien des domaines un temps d’avance ; évoquant la réforme de l’orthographe, il anticipe le langage SMS : « J’écris NRJ pour Énergie, RIT pour Hériter ». Visionnaire, il prévoit les énergies nouvelles, éolienne ou marémotrice ; il propose des solutions pour l’amélioration de la qualité de l’air en ville ou des éclairages économiques et naturels, suggère la création d’une plage à Paris...


Extrait

Vous pensez bien, mes petits amis, que ce n'est pas uniquement à titre de prunes, ni sans le plus sérieux des motifs que je viens de me livrer à d'intarissables jérémiades sur l'imminente disparition des arbres, causée par la de plus en plus folle consommation de papier imprimé.
De derrière la tête, oh! j'avais mon idée.
Comme dirait si bien mon maître François Coppée.
Et cette idée, j'aime autant l'avouer tout de suite, car, aussi bien, vous ne serez pas longs à vous en apercevoir - cette idée c'est le lancement d'une brave petite affaire appelée à révolutionner le monde entier tout bêtement.
Surtout à la petite épargne, depuis quelque temps si éprouvée, je m'adresse, mais aussi à la grande et principalement à la moyenne.
Les capitaux ne provenant pas d'épargne sont également invités à jeter un coup d'oeil sur l'exposé ci-dessous; tout ce qu'on leur demande à ces agents, c'est d'être disponibles.




Le but de notre nouvelle société, but éminemment anticataclysmal et géophile, vous le devinez d'ici: suppression de l'emploi du papier partout où cette substance ne se trouve pas strictement indispensable, et son remplacement par des matières ou procédés plus conformes à l'état actuel des connaissances humaines.
Les enorgueillis qui, par stupide analogie, vaniteusement caractérisent notre époque comme «l'âge du papier» sont d'effroyables niais imbéciles, à torpiller dans les vingt-quatre heures.
N'en doutez pas : au regard de nos rosses de petits-neveux, le papier apparaîtra plus brut encore que le paléontologique silex plus ou moins taillé.
Ah ! chers amis, soupé, soupé, de ces errements.
Continuons, fichtre, à publier des journaux, des revues et des livres.
Qu'à pleins flots circule et nous pénètre la torche de la pensée humaine !
Que le Vérité, la Justice, la Beauté nous roulent éperdus en leurs vagues d'amour, d'harmonie et de rythme !
Que... !
... Mais revenons aux choses sérieuses.
... Le but de notre nouvelle société, répétons-le, c'est la suppression catégorique du papier dans ce petit monde des quotidiens, périodiques et autres ouvrages jusqu'à présent tributaires de l'exclusive, de la barbare typographie.
Ne nous attardons pas à dissiper la stupeur des personnages si tellement ancrés dans le mystérieux passé, comme dit M. Pourquery de Boisserin, que l'idée tant soit peu nouvelle, continue-t-il à s'exprimer, les jette en des abysses de perplexité.
Un journal sans papier !
Une revue sans papier !
Un roman sans papier !
Et pourquoi pas ?
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La nouvelle société en question s'apprête à publier très incessamment sa première publication, un journal quotidien portant ce nom significatif : La Pellicule, on va voir pourquoi.
Les abonnés de notre journal (le mieux informé, le plus littéraire du monde entier) recevront en même temps que le premier numéro, un petit appareil ressemblant fort à une lanterne magique, mais infiniment plus simple, appareil muni de ses accessoires avec la façon, d'ailleurs élémentaire, de s'en servir.
Notre organe, La Pellicule, parviendra chaque matin à nos abonnés sous forme d'une légère carte transparente, pas plus énorme qu'une carte à jouer.
Cette carte, insérée dans la rainure ad hoc, un bouton qu'on pousse, et sur la toile en face vient se projeter la plus clairement lisible de nos gazettes françaises et même étrangères.
Le miracle s'est simplement accompli par micro-photographie des huit ou douze pages d'un immense journal sur la mignonne et sus-indiquée pellicule.
Nous étudierons prochainement les avantages financiers, la puissante moralisation et le chambardement dans les vieilles coutumes de la bourgeoisie française que ne manquera pas d'apporter notre curieuses innovation.
Pour souscrire, se hâter.
Bien que très occupé en ce moment, je recevrai volontiers les fonds de nos futurs actionnaires.
Encore une fois, pour éviter les regrets, se hâter.




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80 pages, format 11 x 18 cm, 12 €.
Prix de souscription jusqu'au 31 août : 10 € port compris.
Le Pont du Change, 161 rue Paul Bert, 69003 Lyon
http://lepontduchange.hautetfort.com

vendredi 13 mars 2009

On nous cache tout (Alphonse Allais fait des siennes)

Allais.JPG Trouvé sur le blog de lidiotduvillageglobal




Cueillie dans France Soir, cette information inouïe de 1963 :

Alphonse Allais a imposé un nouveau gouvernement au Dahomey.



On n’ose imaginer quelles furent les premières réformes de ce macoute-là.



France Soir, 29 octobre 1963 (éd. 4ca), p. 4.

mercredi 6 février 2008

L'Anarchie est de saison

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Avant que ne flambe la révolte que d’aucuns attendent, la revue Brèves, toujours en avance sur la prochaine ébullition, produit un numéro monté par la spécialiste Caroline Granier : Les Retourneurs d’Idées.
Consacré aux écrivains anarchistes, peuplade lue au sens large, on y lit des nouvelles de Georges Darien, Jules Vallès, Isabelle Eberhardt, Louise Michel, Félix Fénéon, Victor Barrucand, Octave Mirbeau, Jean Réflec, Flor O’Squarr, dont Apollinaire pensait tant de bien et qui livre ici une curiosité sur la Commune… ou encore Alphonse Allais qui ne dépare pas ici.
Et pour cause : Allais ne dépare jamais.
Entendu que pour ces hommes et femmes de combat, le livre est une arme destinée à libérer l’être humain, Caroline Granier explique en préambule comment ils dénoncent les « fictions sociales » dont l’ordre établi se sert pour abêtir et asservir le populo. Soit littérature de combat versus littérature de propagande. Dans le même numéro, mais à rebours, un dossier est consacré à Jacques Vallet, le Jacques Vallet, écrivain qui fut d’abord le meneur de la revue Le Fou parle, une revue de poids dont on n’a pas fini de parler - Il se pourrait bien que l’Alamblog, une fois les sommaires de Bizarre consommés, se consacre à lui dorer la vitrine, n° par n°. On découvrira alors peut-être quelle revue fondamentale fut Le Fou parle, organe libre et libéré.
Pour Brèves, on sait déjà.


BREVES. Les Retourneurs d’Idées (n° 84)
avec Photos et dessins de Despatin & Gobeli, Lise le Coeur, Kerleroux et Roland Topor. 144 pages, 12 euros

jeudi 11 octobre 2007

Allais est refait : les villes à la campagne étaient nées avant lui

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Un axiome de M. Pierre Leroux
Mais, mon bon monsieur Cabet, puisque vous aimez tant la paix des champs, il faut bâtir les villes à la campagne.



Le Pamphlet provisoire illustré (Auguste Vitu réd. chef), nouvelle série, Ière année, 16-19 octobre 1848, p. 4.

vendredi 9 février 2007

Monochrome (une enquête)

Yves Klein judoka, devant un monochrome rouge, sous un monochrome jaune, dans un monochrome blanc avec ligne noire (1956)


La récente exposition Yves Klein dans le tas de tuyaux du centre de Paris nous a offert de nous revisser la prunelle et l'envie, c'est idiot, d'étendre quelques dates et faits qui ne nous ont pas paru si bien mis en lumière par les astres de la manifestation culturelle. Pour dire tout ça en peu de mots, et si l'on en croit Pol Bury — et pourquoi ne le croirait-on pas ? — il apparaît que le monochrome n'attend pas la fin du XIXe siècle et le plaisant Alphonse Allais pour faire son apparition :
C'est en 1851 qu'une toile monochrome (de Louis Ghémar ?) est exposée au salon de Bruxelles. Et vive la sauvage Belgique !

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