
A partir de 1880, Octave Uzanne (1851-1931) fut un bibliopole extra, spécialisé dans le livre superbe, diablement illustré à la mode du temps, tel ce Miroir du monde de la maison Quantin. Parfois confiné à l’anecdotique, ou au pittoresque, il fut en premier lieu un bibliographe et un bibliophile dont la production personnelle reste utile et parfois délicieuse, témoin son rarissime Dictionnaire biblio-philosophique, typologique, iconophilesque, bibliopégique et bibliotechnique à l’usage des bibliognostes, des bibliomanes et des bibliophilistins (Paris, Académie des beaux livres-Société des Bibliophiles contemporains, en l’an de grâce bibliophilique, 1896) tiré à 176 exemplaire, ou ses revues comme Le Livre. On lui doit aussi un Barbey d’Aurevilly (1927), Le Livre Moderne, Nos Amis les Livres, les Caprices d’un bibliophile, La Nouvelle Bibliopolis et beaucoup d’autres ouvrages encore consacrés à des sujets futiles mais agréablement illustrables et fort plaisants à l’esprit : la mode et les curiosa. (Pour en savoir plus long, il existe une thèse rédigée par Fati Glamallah, Octave Uzanne, Bibliophile et revuiste).
Rééditées ces jours, ses Figures de Paris, ceux qu’on rencontre et celles qu’on frôle, dont le sous-titre obéit à une curieuse grammaire, sont un ouvrage collectif de 1901 où quelques plumes notoires de la Belle Epoque ont formé un recueil de portraits sous l’angle de la profession, ou du mode de vie. Un genre bibliographique en soi, adopté par les chroniqueurs qui suivaient les traces de Rétif et avaient pris l’habitude de pondre de la copie pour la presse si pléthorique au XIXe siècle. En voici le menu :
Snobs et snobinettes de sport, par Hugues Rebell
Sergot, par André Beaunier
Pierreuse, par Jean Lorrain
Camelot, par Alfred Jarry
L’Invalide, par Franc-Nohain
Terrassiers, par Maurice Beaubourg
Le Crieur de dernières nouvelles, par Edmond Pilon
Cochemuche, par Albert Lantoine
Silhouettes de Montmartre, par Gustave Kahn
Trimbaleur de Refroidis, par Saint-Georges de Bouhélier
Petite Blanchisseuse, par Edmond Pilon
Ramasseur de mégots, par Tristan Klingsor
Femmes du d’Harcourt, par Hugues Rebell
Troubades, par Edmond Pilon
Cipal (Gardes de Paris), par Charles-Louis Philippe
Le Garçon de Café, par Franc-Nohain
Coltineurs, par Louis Codet
Porteurs de Babillardes (facteur), par Georges Pioch
Fleuriste, par Saint-Georges de Bouhélier
Trottins, par Octave Uzanne
Si l’on ne craignait un très relatif anachronisme, il n’y manquerait que la ramasseuse de crottes de chiens, périphérique figure dont Léon Bonneff parlera un peu plus tard dans Aubervilliers, active lorsque les “marquis de quatre sous” chers aux vingt ans de Charles Monselet n’étaient plus.
Dépaysant à souhait, parfois spirituel, l’ensemble réuni par Octave Uzanne forme en outre un excellent memento mori, puisque bientôt, le “Trimbaleur de Refroidis” modernisé emportera nos carcasses, comme autrefois…
Une soirée a lieu ce jour à la librairie l’Arbre à Lettres de la rue Edouard Quenu (quartier Mouffetard), à partir de 19 heures, autour de ce livre et des Inventions de Pawlowski dont nous avons parlé il n’y a pas si longtemps. le Master of Ceremony est le préfacier des deux opus.
Octave Uzanne (dir.) Figures de Paris, ceux qu’on rencontre et celles qu’on frôle. — Paris, La Bibliothèque, coll. “Les Billets de la Bibliothèque”, 135 pages, 14 euros
Tag - Alfred Jarry
jeudi 12 novembre 2009
Feues les Figures (1900)
Par Le Préfet maritime le jeudi 12 novembre 2009, 02:54 - Dernier reçu Premier servi
vendredi 6 novembre 2009
Les Ecrevisses, de Jacques Normand
Par Le Préfet maritime le vendredi 6 novembre 2009, 04:16 - Apostille

Extirpée du catalogue de livres à prix marqués de William Théry (novembre 2009), cette notice nous a inspiré le billet du jour.
81. NORMAND (Jacques), Le Laurier Sanglant (Poèmes de Guerre) 1870-1914. Paris, Calmann-Lévy, 1916. In-12 br. 279 pp. E.O. Envoi a. s. de l’auteur. ― Ecrivain oublié, Jacques Normand fut le collaborateur de Guy de Maupassant quand celui-ci voulut tenter sa chance au théâtre. Il est aussi l’auteur du poème burlesque, Les Ecrevisses en cabinet particulier, qui désopilait fort Jarry, dit-on.
Oublié sans doute, Jacques Normand (1848-1931) n’est pas un complet inconnu. On trouve jusqu’à sa photographie sur internet. Et nous avions dans une profonde le texte des “Ecrevisses”, qui suit.
Bibliographie Indicative
Jacques Normand Les Écrevisses, fantaisie en vers…. - Paris, Tresse, 1879, in-12, 12 p., fig.
Jacques Normand Les Écrevisses, fantaisie en vers…. - Paris, Tresse, 1882, in-12, fig., 12e éd.
Jacques Normand Les Écrevisses, fantaisie en vers…. - Paris, Tresse, 1884, in-16
Jacques Normand “Les Écrevisses, fantaisie en vers…”. in Le Cri-Cri, bibliothèque théâtrale (n° 66, 1889, Paris, J. Strauss).
Jacques Normand “Les Écrevisses”, in Le Progrès Illustré (n° 36, 23 août 1891, p.2).
jeudi 8 novembre 2007
OmajaJari
Par Le Préfet maritime le jeudi 8 novembre 2007, 07:13 - Ad Usum Bibliofilous

Il a paru l’hommage à Jarry, un siècle après sa disparition, jour pour jour, à la Toussaint. Et sous une forme assez originale pour être détaillée : seize brochures indépendantes composant un collectif de 388 pages. C’est épatant.
De textures variées, ces écrits d’auteurs, variés eux-mêmes, relèvent de tentatives aussi hétéroclites que rêvées. Au poil.
Aussi, le Préfet maritime se réjouit-il (grave) de partager le sommaire - mais un collectif en fascicules peut-il comporter un sommaire ? - avec Pierre Ziegelmeyer et Paul Edwards, et d’autres auxquels il n’a pas toujours l’honneur d’avoir été présenté.
Autre précision nécessaire : toutes les couvertures sont illustrées de dessins des auteurs. Ouiche. C’est pas triste, et c’est foutrement réussi, étonnament, jusqu’à ce qui ressemble bigrement à un détournement d’Ambroise Vollard…
Cynthia 3000 a dignement rempli son office.
Table des “interventions”
Michel Arrivé Il n’y a que la lettre qui soit littérature
Jacques Barbaut des ch 1 ffres & des 1 ettres d’A.J. (1907-2007)
Henri Bordillon Spéculation en forme de poire autour d’Ubu
David Christoffel Faustroll à l’étouffé
Jean-Louis Cornille Honte au génie (débuts et fins de Jarry)
Billy Dranty Ubu bu – drame-vitesse en un acte vain dédié aux bons qu’à rien
Eric Dussert Alfred et l’Omnibus
Paul Edwards Projet de mise en scène d’Ubu Roi dans les rues de Paris
Foutre de Dieu Rosalie superstar
Jacques Jouet Jarry contre le théâtre (tout contre)
Samuel Lequette Introduction à l’Herménoptique
Clément Maraud Le Massacre du roy Venceslas – scénographie en dix tableaux
Christian Prigent Criterium Jarry suivi de Bienvenue au Père Ubu
Nathalie Quintane Finis ton potache ! – Jarry lecteur de Daudet
Lucien Suel Déjà vu, déjà lu, déjà ri (hommaRge à Jarry)
Pierre Ziegelmeyer Actes & Paroles de Sangulus Epiphène, renézidorien
Collectif Omajajari. - Là-bas, du côté de la Pologne, Cynthia 3000, 388 p. en 16 livrets, 150/107 mm, 320 gr. ISBN : 978-2-916779-04-1. 25 € (port 2,90 €)
Cynthia 3000 (cynthias3000atyahoo.fr), 43 avenue du Général Sarrail, 51000 Châlons-en-Champagne
dimanche 24 septembre 2006
Il a paru ! Gloire lui soit rendue !
Par Le Préfet maritime le dimanche 24 septembre 2006, 23:38 - Dernier reçu Premier servi

Nous l’attendions : il a paru, c’est formidable. Ce livre de Paul Edwards, le fondateur de l’Ouphopo (ouvroir de photographie potentielle), est un ouvrage de référence rassemblant les récits et fictions dénigrant un art neuf, la photographie. Son sous-titre (celui du livre) en dit la haute importance. Ce qu’il ne dit pas, ce sous-titre, en revanche, c’est qu’au-delà des galéjades réactionnaires, des moqueries bien naturelles et des fictions de belle eau, digne de séduire les plus experts, tels Coolter et Quincampoix (Codex Atlanticus), suggérées par cet art naissant, on y découvre le vrai visage du véritable inventeur, jusqu’ici anonyme, de la photographie.
Oui, nautesses, nauteux, vous trouverez en avant-première la gravure qui, désormais, fera foi en la matière.
Si l’on ignore encore l’identité du bonhomme qui créa dans l’anonymat la photographie, on assiste à la présentation de sa trouvaille.
Vous ne pourrez pas dire que l’Alamblog se moque de vous ! Voilà de l’information inédite, nous la devons à Paul Edwards lui-même.
Toute librairie digne de ce nom contient d’ores et déjà une pile de cet ouvrage majeur, plaisant, savant et décillant entre ces murs. Pour faire court, ce livre est un must, un vade-mecum, un usuel, un indispensable. Et je pèse le choc de mes mots.
Paul Edwards, Je hais les photographes. Textes clés d’une polémique de l’image. — Paris, Anabet, 2006, 23 €
Et pour découvrir l’image et le sommaire, suivez le guide :
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