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mercredi 24 mai 2017

Dans la rue avec Jean-Pierre Martinet

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Proche de Jean-Pierre Martinet durant sa période parisienne, Alfred Eibel publie un court volume de souvenirs où les lecteurs de Jérôme et autres Grandes Vies vont trouver une clé pour entrer dans l'esprit de l'oeuvre martienne.
Mieux qu'une longue thèse, les épisodes relatés par l'éditeur Eibel, l'éditeur et l'ami de Martinet, transmettent à qui sait entendre les ambiances, astuces de langage, récurrences, points de fixation ou points de fuite du langage et de l'univers martinien.
Une pièce sans doute un peu hirsute, à la manière eibelienne, mais assurément capitale pour entrer dans le vif.
En somme, la preuve par l'exemple avec figures présentes.



Alfred Eibel Dans la rue avec Jean-Pierre Martinet. Préface d'Olivier Maulin . Postface du Préfet maritime. — Metz, Editions des Paraiges, 116 pages, 13 €

mardi 30 juin 2015

En compagnie de Jean-Pierre Martinet

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Le phraseur empêche la digestion. Nous avons tous lu Le Bavard de René-Louis des Forêts. Il nous arrive après avoir bien éclusé de nous donner la réplique. Jean-Pierre prend les premières lignes, j'enchaîne avec les dix suivantes et ainsi de suite jusqu'à ce que le garçon se plante devant nous et nous dise, je vais vous apporter deux verres de verveine. Vous n'y pensez pas, dit Jean-Pierre. Il nous faut du rouge. Je règle d'avance. Connaissez-vous beaucoup de clients qui règlent d'avance leurs consommations ? Je m'incline ! dit le gardon. Nous avons l'art de transformer la clientèle du restaurant La Belle Rivière où nous attend notre table, en patins, en personnages burlesques. Nous ne leur prêtons pas d'existence. Ce sont des ombres. Peut-être que Richard Strauss aurait pu en titre un opéra. Jean-Pierre me dit, pitié pour les personnages falots. Notre drame à tous deux : ne pas croire à l'existence de nos contemporains. Nous ne sommes que des mains ; c'est quoi serrer des mains ? Non plus ces embrassades qui ne sont que des baisers volés, des baisers mouillés. Je me souviens d'un homme pris de boisson répétant, vous n'existez pas pour moi, vous n'existez pas pour moi. Pour nous c'était un peu ça. Nous n'arrivons pas à nous incarner (...) Moi, dit Jean-Pierre je ne suis pas très jus de raisins. Notre impuissance à créer une dimension nous vaut des quolibets, chapeau cabossé, qu'un ventriloque habile réussit à faire parler.



Alfred Eibel

Texte issu des souvenirs d'Alfred Eibel à paraître, Jean-Pierre Martinet le ventriloque.

vendredi 20 février 2015

Clefs de Jérôme

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Alfred Eibel a bien connu Jean-Pierre Martinet : il était son voisin de palier et fut son premier éditeur.
Il va livrer en fin d'année ses souvenirs sur cette relation dans un volume qu'il éditera grâce à vos souscriptions.

Voisin de palier de dix ans, une amitié indéfectible, une complicité qui nous mena sur des chemins qu'on ne recommande pas. Mise à nu de protagnonistes, ces souvenirs seront parcourus de fourmillements, de rencontres nocturnes, d'ébriété, d'errances, de conduites perverses, d'érotisme, d'invectives, de prises de bec dont l'oeuvre de Jean-Pierre Martinet porte les stigmates. La littérature y prendra sa part, dans ce qu'elle a de plus secret, mais aussi de plus futile. Enfin, l'humour, la dérision, l'ironie couronneront cet ensemble.
Alfred Eibel


N'omettons pas de souligner que c'est dans ces stigmates et conduites que vont s'éclairer moult aspects et références nichés dans son œuvre estomaquante.
Pour ce procurer ce qui ressemble bougrement à une nécessaire clef de Jérôme, un chèque de souscription de 35 euros à :


Alfred Eibel
6 rue Henri Bocquillon
75015 Paris
Parution prévue pour décembre 201
5.
Tirage limité à 150 exemplaires.

Les plus malins sauront quoi faire...


lundi 7 juillet 2014

Aphorismes un jour, aphorismes toujours

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En 1982 paraissaient discrètement sous la forme d'un album, et c'est bien paradoxal si l'on y songe, Les Aphorismes d’un publicitaire (s.n.) d'un certain Jean-Marc Requien, patron d'agences de com rhônalpin devenu artiste du papier collé, qui, du slogan s'étant lassé, peut-être, avait choisi de placer sa plume plus à l'ouest. Sans avancer quoi que ce soit de la qualité de sa production, il rejoignait une cohorte qui a toujours été sensible à la forme courte et, sinon du haïkaï ou de la nouvelle, produit de l'aphorisme. C'est très tentant il faut dire : peu coûteux en huile de coude et parfois pleinement réussi, l'aphorisme procure à son auteur une aura indéniable de sage en acier trempé.
Mais nous ne nous traînerons pas ce jour sur les terres de l'analyse, aussi orientales soient-elles. Non, nous nous contenterons de signaler quelques volumes qui ont paru récemment dans le domaine et offrant ici ou là une phrase choisie.
Et pour commencer par un double échauffement léger, les Aphorismes de Fagus (Paris, Sansot, 1908), révélé dans la seconde moitié de son opus très préoccupé des relations hommes/femmes. Il ne s'y limite certes pas :

Un sage mort ne vaut pas une chienne en vie.

Nul logis qui ne recèle son cadavre. Le bon politique sonde à propos les planchers.

Penseur, ou politique, ou poète, garde-toi de biffer les contradictions de ton oeuvre : elle leur doit la vie.

Un peu plus tard, le dessinateur Paul-Franz Namur, ancien des tranchées de 14-18 et futur membre de la Légion, emprisonné à ce titre en 1945 à Nice, commit quelques sentences qui eurent l'heur de plaire, et même d'être commentées (A mon ami Kokolando. Pour plaire aux uns, déplaire aux autres, satisfaire ma pensée. — Paris, édition (sic) de l'éléphant vert, 68, rue Spontini (XVIe), 1929) :

Certains amis sont comme les primeurs : ils surgissent vite si on a grand soin d'eux.

On cherche parfois le bonheur comme on cherche un chapeau en l'ayant sur la tête.

La gloire est un enfant que vous adoptez avec enthousiasme, bien qu'il soit toujours en danger de mort.

Beaucoup plus près de nous, ce sont des salves d'aphorismes qui jaillissent comme portées par l'air du temps, le besoin de condenser la parole — pour lui éviter une vacuité de la parole par ailleurs assumée ?
Paraissent donc sporadiquement des ouvrages très divers, parfaitement non-attendus, d'autant plus excitants, parfois bien agaçants pour les dents, et en provenance d'horizons très variés.
Le plus obscur peut-être, et pas seulement pas son funèbre désespéré, est sans doute Nihil Messtavic. Le pseudonyme n'échappe à personne. Quant à la première page de son premier recueil, elle est à elle seule digne d'entrer en anthologie (on recommande également ses "Sentences létales", de la même eau :

Rien ne va bien, jamais, tout est toujours en attente sur la grand-route du pire.

Lorsque je suis seul, il en reste un de trop !

Le sens de la vie, c'est de sonder la mort avant d'y plonger.

Rien n'est vrai, tout est faux. Sauf la mort.


Voilà qui est dit. Olivier Hervy est pour sa part un documentaliste au sourire léger. Il trace le plus souvent des aphorismes ironiques qui semblent parfois de poétiques instantanés, des haïkaï en prose. Ou quelques chose de ces petites touches de couleur qui imprègne le papier buvard.

La petite gomme au bout du crayon sous-estime le travail de correction.


Ce cheval qui avance à pas lents - curieux et blasé.


Carte pré-imprimée glissée dans le livre que j'ai commandé : "Passez un bon moment". Mais il s'agit de "Si c'est un homme".



Grand maître en la matière, Peter Altenberg, traduit et présenté par Alfred Eibel, réapparaît en d'inédits exercices de haute voltige depuis sa Mitteleuropa chérie. Nous y retrouvons l'amateur de brasseries, personnage complexe et riche, paradoxal souvent, cabré dans sa position de chroniqueur et d'admirable faiseur de phrases :

Nous portons en nous une source inépuisable, intarissable, d'alternatives.

Traîner la jambe. Façon commode de fuir ceux qui marchent à vive allure.


Bien entendu, Maxence Caron, qui arrive juste après Altenberg dans notre pile, souffre de la comparaison. Mais il faut admettre que son Bréviaire de l'agnostique un peu vieille droite s'autorise quelques réussites dans l'exercice du paradoxe ou de l'aphorisme. Discutant naturellement beaucoup de la question de la divinité, il parvient à surprendre son lecteur qui a craint de s'ennuyer :

Parler, c'est chiquer du silence.

L'homme en sait juste assez pour être malheureux.


Épatant d'un bout à l'autre, le recueil du juré Nobel Horace Engdahl mérite que l'on s'y arrête - et vous en particulier, Alamblogonautes — car on retrouve quelque chose de l'esprit de Renard ou d'Allais, quelque chose qui emporte l'adhésion sans coup férir. Au point que l'on se demande bien pourquoi les livres de ce monsieur ne sont pas encore traduits en français...

La perspective de la fin du monde serait parfaitement supportable, si seulement on pouvait s'en griller une après.

Sans un petit goût de main courante, pas de biographie convaincante.

Tout aphorisme trébuche fatalement sur cette faille incontournable : il trahit l'admiration de l'auteur pour son art de la formule.

Et sur cette dernière sentence sentie qui nous rapproche du travail en jeu dans les recueils rapidement évoqués ici, il reste à signaler l'essai de Dominique Noguez qui confine à l'exercice de salubrité publique : la recherche des sources véridiques des grands aphorismes et l'explication des intentions de leurs auteurs. Son livre est délicieux et assez surprenant. Songez que vous allez enfin savoir qui a écrit "A chaque jour suffit sa peine" et "Je veux tout, tout de suite". Ah !





Nihil Messtavic Le Crachoir du Solitaire. — Dôle, La Clef d'argent, 2008.

Nihil Messtavic Sentences létales, aphorismes. — Dôle, La Clef d'argent, 2010.

Olivier Hervy Agacement mécanique. — Talence, l'Arbre vengeur, 2012.

Peter Altenberg A mots cours, à demi-mot, au bas mot... Textes réunis, traduits et présentés par Alfred Eibel. — Paris, France Univers, 2013

Maxence Caron Bréviaire de l'agnostique. Paradoxes, aphorismes, poèmes. — Paris, Pierre-Guillaume de Roux, 2013.

Horace Engdahl La Cigarette et le néant. Traduit du suédois sous le direction d'Elena Balzamo. — Paris, Serge Safran, 2013.

Dominique Noguez La Véritable origine des plus beaux aphorismes. — Paris, Payot, 2014.

lundi 29 avril 2013

Jérôme se danse !

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Il nous aura tout fait !

Jérôme, le récit fabuleux de Jean-Pierre Martinet va être dansé au théâtre Confluences par cinq danseurs qui interprètent à tour de rôle Jérôme, Mamane Bauche et monsieur Cloret. Avec la participation du sémillant Alfred Eibel, ami et éditeur de l'auteur.

Mais on a du mal à croire que cela donne "une pièce normale pour cinq personnes ordinaires"... Même "librement inspiré du roman de Martinet, même chorégraphié par Mélanie Mesager. A voir donc.


Compagnie Jérôme 11 et 12 mai à 20 h 30
Théâtre Confluences
190, boulevard de Charonne
75020 Paris

jeudi 18 avril 2013

Soirée Jean-Pierre Martinet à Caen (Imec, Festival Passage de témoin)

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C'est ce soir, ne ratez pas la soirée Jean-Pierre Martinet si vous fréquentez le festival Passage de Témoin à Caen.

L'abbaye d'Ardenne (IMEC) accueillera Jérôme Bauche avec ou sans le manteau d'Adolphe Marlaud en la personne de Denis Lavant, lauréat du Silver Hugo du Meilleur acteur, qui lira Jérôme ou La Grande Vie.

Un débat animé par Rémi David regroupera Alfred Eibel, Thierry Boizet, Julia Curiel et Éric Dussert, ainsi que Denis Lavant, artiste interprète et fameux "Silver Hugo du Meilleur acteur". Le tout en partenariat avec la librairie Eureka Street.



Jean-Pierre Martinet La Grande Vie. Préface du Préfet maritime. — Talence, L'Arbre vengeur, 64 p., 9 euros
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Illustration du Billet : "Le Manteau d'Adolphe Marlaud selon Denis Lavant", Copyright Draco Semlich 2011.

mardi 5 juillet 2011

Alfred Eibel pose des questions

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Quand Alfred Eibel pose des questions, ça finit par donner des livres plein d'entretiens, comme ça :

Samuel Blumenfeld
Stéphane Bourgoin
Nicolas Bouvier
Serge Brussolo
Maurice G. Dantec
Pierre Drachline
Gilles-Morris Dumoulin
Jean Dutourd
Claudine Frabre-Vassas
Frédéric H. Fajardie
Pascal Garnier
José Giovanni
Daniel Giraud
Armand Guibert
Fritz Lang
Auguste Le Breton
Michel Lebrun
Jack-Alain Léger
Gérard Legrand
Robert Levesque
Georges Londeix
Léo Malet
Yves Martin
Jean-Pierre Martinet
Georges Perros
Jacques Perry, Guy Rohou, Jacques Serguine
Patrick Raynal
Françoise Sagan
Jacques Serguine
Jacques Siclier
Michel Surya
Albert t'Serstevens
Marc Villard



Alfred Eibel Garde à vue. Entretiens et rencontres. - Sète, Editions du Dauphin vert, 317 pages, 18,50 €


Editions du Dauphin Vert
19 bis, rue Maurice Clavel
34200 Sète

lundi 16 mai 2011

Jean-Pierre Martinet épistolier

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C'est un document extraordinaire qui paraît dans la deuxième livraison de la revue Capharnaüm : les lettres de Jean-Pierre Martinet, fameux auteur de Jérôme à son voisin de palier, ami et éditeur Alfred Eibel. On espérait les lire depuis des lustres et les voici, toutes tendues, nouées, pleine de verve, de rancœur et de traits magnifiques.
Au moment où cette correspondance s'engage, Jean-Pierre Martinet, lassé par le travail à la télé (trop d'énergie dépensée) et déçu par l'insuccès (relatif) de Jérôme (628 exemplaires vendus) est de retour à Libourne, chez sa mère. Il chercher une librairie pour s'y installer, et finit par dénicher un bureau de presse à Tours.
Déçu et oppressé par la capitale, dégoûté par les cercles littéraires et cinématographiques, Jean-Pierre Martinet conserva un contact avec le monde qu'il aimait, celui de la littérature, du polar et du cinéma, grâce à l'ami Eibel.
Sans en dévoiler trop, il est bon d'ajouter que les coups de gourdin épistolaires qu'il assène à certaines figures du milieu littéraire ne sont pas sans sel. Il est drôle, amer mais drôle et sait bien à quoi s'en tenir. (Curieusement, il nous semble avoir aujourd'hui un cousin, que l'on peut lire sur le net, un certain Louis W.-O. qui place encore plus haut la barre de l'expression de son goût, de la diatribe et du style — mais il est vrai que Martinet tenait une correspondance privée). La désillusion serait donc bonne conseillère ?

"La littérature, c'est comme avec une femme, si on ne bande plus, cela n'a plus le moindre intérêt. Enfin, moi, c'est ainsi que je vois les choses, et pas du tout comme le Révérend Père Guégan en termes de devoir, ou de salut (quelle blague !). Comme on entoure cet acte somme toute banal de phrases pompeuses. Si un artisan n'a plus envie de travailler le bois, même momentanément, il ne fait pas chier le monde entier parce qu'il ne travaille plus le bois. Un détail horrible : je n'écris pas, et cela ne me manque pas. Je ne suis pas un champion sportif, je n'ai pas d'exploit à accomplir, je ne suis pas non plus un pommier (hélas), et je ne suis pas on plus un mystique de l'écriture, type Blanchot, Laporte ou Bernard Noël."




Capharnaüm (n° 2, été 2011, parution le 19 mai)
Finitude
112 pages, 13,50 €

vendredi 6 mai 2011

Jubilé Alfred Eibel

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Alfred Eibel fait son jubilé. Journaliste, éditeur, sinophile et spécialiste du roman noir, ce drôle de paroissien récolte aujourd'hui les fruits d'une longue activité littéraire qui l'a amené à fréquenter d'autres personnages singuliers, tels son voisin de palier Jean-Pierre Martinet ou le poète Yves Martin.
S'il se définit lui-même comme un "garagiste de la langue" (entretien dans le Matricule des anges à paraître en mai), il est indéniable qu'il est aussi constructeur (voir la bibliographie lacunaire de ses éditions ici même) et un producteur (roman, essais, pré et postfaces, articles, etc.)
Trois ouvrages paraissent coup sur coup et... quelques autres s'annoncent, comme ces souvenirs depuis longtemps attendus.
Deux titres sont déjà disponibles : le fameux Hors Commerce dont nous reparlerons car ce livre est un ouvrage unique repris par les éditions du Sandre qui n'ont certes pas ménagé leur audace en rééditant avec enthousiasme cet opus magnum étonnant ; et un premier recueil d'articles consacrés à des écrivains américains, De passage à Paris.
La couverture conçue comme un flyer dit l'essentiel de ce que contient le livre. On peut souligner toutefois que les pages consacrées à Edward Bunker ou Iceberg Slim ne sont pas les moins étonnantes... (les autres auteurs passés à la question sont Jim Harrison, Robin Cook, Russell Banks, James Grady, Paul Auster, Toni Morrison, Jim Nisbet, Robert Ludlum, Lawrence Block, Michael Connelly, Kenneth White).


A suivre...


Alfred Eibel De passage à Paris. Entretiens. - Finitude, 120 pages, 13,50 €


A paraître

Alfred Eibel Garde à vue. Entretiens et rencontres. - Sète, Editions du Dauphin vert, 17 € En librairie le 20 juin prochain.
Table des matières :
Samuel Blumenfeld
Stéphane Bourgoin
Nicolas Bouvier
Serge Brussolo
Maurice G. Dantec
Pierre Drachline
Gilles-Morris Dumoulin
Jean Dutour
Claudine Frabre-Vassas
Frédéric H. Fajardie
Pascal Garnier
José Giovanni
Daniel Giraud
Armand Guibert
Fritz Lang
Auguste Le Breton
Michel Lebrun
Jack-Alain Léger
Gérard Legrand
Robert Levesque
Georges Londeix
Léo Malet
Yves Martin
Jean-Pierre Martinet
Georges Perros
Jacques Perry, Guy Rohou, Jacques Serguine
Patrick Raynal
Françoise Sagan
Jacques Serguine
Jacques Siclier
Michel Surya
Albert t'Serstevens
Marc Villard

Bibliographie d'Alfred Eibel
Trois lumières, choix de textes de Fritz Lang (Paris, Présence du Cinéma, 1964 ; rééd. Ramsay, 2007, "Ramsay poche").
Le chien merveilleux (Paris, Acropole, 1987).
Jean-Bernard Pouy (Paris, Méréal, 1996).
Les boulevards extérieurs de Marc Villard (Paris, Méréal, 1997).
Almanach du polar (Paris, Méréal, 1997).
Michel Lebrun, témoignages (Paris, Hors commerce, 2002).
En collaboration avec Françoise Montfort 500 façons d’éliminer son prochain (Paris, Éditions Hors commerce, 2004).
En collaboration avec Robert Gordienne Les grandes erreurs judiciaires (Paris, Le Cherche-Midi, 2007).
Tout sur Columbo (Sète, 2ditions du Dauphin vert, 2011).
Alfred Eibel (éd.) Hors Commerce (Paris, Éditions du Sandre, 2011).

Ajoutons à ces titres des préfaces à :
Peter Altenberg Ma vie en éclats (Cognac, Le Temps qu'il fait, 1989)
Armand Guibert Périple des îles tunisiennes (Paris, L'Esprit des péninsules, 1999).
Albert t'Serstevens Le Nouvel itinéraire espagnol (Paris, Mémoire du livre, 2001).
Albert t'Serstevens Un apostolat. Postface de Jean-Pierre Martinet (Courbevoie, Durante, 2002).

mercredi 20 avril 2011

Courriers saignants (lettres de Jean-Pierre Martinet à Alfred Eibel)

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C'est un document extraordinaire qui paraît dans la deuxième livraison de la revue Capharnaüm : les lettres de Jean-Pierre Martinet, fameux auteur de Jérôme à son voisin de palier, ami et éditeur Alfred Eibel. On espérait les lire depuis des lustres et les voici, toutes tendues, nouées, pleine de verve, de rancœur et de traits magnifiques.
Au moment où cette correspondance s'engage, Jean-Pierre Martinet, lassé par le travail à la télé (trop d'énergie dépensée) et déçu par l'insuccès (relatif) de Jérôme (628 exemplaires vendus) est de retour à Libourne, chez sa mère. Il chercher une librairie pour s'y installer, et finit par dénicher un bureau de presse à Tours.
Déçu et oppressé par la capitale, dégoûté par les cercles littéraires et cinématographiques, Jean-Pierre Martinet conserva un contact avec le monde qu'il aimait, celui de la littérature, du polar et du cinéma, grâce à l'ami Eibel.
Sans en dévoiler trop, il est bon d'ajouter que les coups de gourdin épistolaires qu'il assène à certaines figures du milieu littéraire ne sont pas sans sel. Il est drôle, amer mais drôle et sait bien à quoi s'en tenir. (Curieusement, il nous semble avoir aujourd'hui un cousin, que l'on peut lire sur le net, un certain Louis W.-O. qui place encore plus haut la barre de l'expression de son goût, de la diatribe et du style — mais il est vrai que Martinet tenait une correspondance privée). La désillusion serait donc bonne conseillère ?

"La littérature, c'est comme avec une femme, si on ne bande plus, cela n'a plus le moindre intérêt. Enfin, moi, c'est ainsi que je vois les choses, et pas du tout comme le Révérend Père Guégan en termes de devoir, ou de salut (quelle blague !). Comme on entoure cet acte somme toute banal de phrases pompeuses. Si un artisan n'a plus envie de travailler le bois, même momentanément, il ne fait pas chier le monde entier parce qu'il ne travaille plus le bois. Un détail horrible : je n'écris pas, et cela ne me manque pas. Je ne suis pas un champion sportif, je n'ai pas d'exploit à accomplir, je ne suis pas non plus un pommier (hélas), et je ne suis pas on plus un mystique de l'écriture, type Blanchot, Laporte ou Bernard Noël."




Capharnaüm (n° 2, été 2011, parution le 19 mai)
Finitude
112 pages, 13,50 €

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