L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Mot-clé - Alcanter de Brahm

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 16 janvier 2011

Jeunesse d'Alcanter

JeunessedAlcanter.jpg



(...) ALCANTER DE BRAHM, primate dolichocéphale, très dolicho, au chef ombragé d'une chevelure calamistrée galamment, dont Fortunio dirait que le soleil «. la dore et qu'elle est blonde comme l'Hébé » de la brasserie où je passe mes soirées à prêcher les doctrines anarchistes. Cette tête fière, toujours en équilibre, repose avec quiétude sur la première vertèbre cervicale, sans se pencher jamais, jamais ! Immobile et dédaigneuse, laissant au repos les muscles sterno-hyoïdien, omoplathyoïdicn, slerno-cléido-mastoïdien et trapèze ; — doux noms ! D'ailleurs, rictus suffisamment satanique, œil monocle comme il sied aux disciples de Scholl, allure Montmartroise d'un Masher de la Butte, à l'aise dans les salons de l'Elysées-Montmartre. Circumchahutez, débris du monde enduit de C6H2 (Az06H)3, vous pourrez tourbillonner autour d'A. de B. sans que le plus fugitif émoi vienne ravacholer son front, impavide emmi les ruines. Voici SAINT-JEAN, dont on connaît toutes les herbes : esprit objectif, fortune insolente, système pileux très développé. Conrartiquement silencieux avec les inconnus, cette constipation verbale ne résiste pas à l'Hunyadi-Janos tics laxatives sympathies. Littérateur discret, il découpe des phrases d'une élégance menue, avant de les vernir de poésie, amoureusement ; alors, avec le rire muet du trappeur, il les regarde luire. Une grande dame, une très grande dame, la baronne X...(vous l'avez reconnue) m'a confié que des sombres cheveux de Saint-Jean se dégagent des effluves « délicieuses » comme dit la jeune bourgeoisie, toujours, et la jeune littérature, quelquefois.
Poilante, leur technique. Jamais, — fût-ce devant les alexandrins de l'âge de pierre taillés par Leconte de Lisle, ou les strophes ductiles qu'étirent de trop roublards praticiens, chipeurs de métaux à La Forge des Complaintes — jamais je ne ressentis d'impression aussi poilante. Tantôt, Alcanter de Jean, grâce à une consommation d'apostrophes dont on ne trouverait l'équivalent que dans les plus incandescentes vociférations oratoires de Paul Déroulède, mue cette indication topographique « Près de l'Ecole de médecine », en un hexapode « Près d'I'Ecol' de méd'cine », car Moréas lui-même ne manie pas plus audacieusement l'apocope. Tantôt Saint Brahm, s'amuse à la Messe des Oiseaux, parodie dont la finesse n'a pas été comprise de tous, notamment de M. Brunetière qui l'a passée sous silence au cours de ses récentes conférences odéonesques ; il accumule l'ingénuité des hiatus, la puérilité voulue des énumérations ornithologiques, la naïve fraîcheur des sensations et les ruisselets et les cou-cou, et les cui-cui, à faire crever «le jalousie le spécialiste Jean Rameau. Pour synthétiser en un seul mot mon jugement sur cette œuvre, je n'hésite pas à la déclarer... Poilante. (...)


Willy Soirées perdues (Paris, Tresse & Stock, 1894, pp. 215-216)


Alcanter de Brahm est alors, avec Saint-Jean, l'auteur de Chansons poilantes (Alcanter et Saint-Jean, Au Nouvel Echo, 1892).

dimanche 19 juillet 2009

Marc Stéphane contre Alcanter de Brahm

alcanterdebrahm.jpg



Bruno Leclercq nous communique cet entrefilet déniché dans La Critique (n° 4, 20 Avril 1895), à la rubrique « La Critique – De Tout », signé Aspic :

« Notre collaborateur Alcanter de Brahm vient, dit-on, de publier une réédition de l’Arriviste, cette étude si curieuse du monde des lettres modernes et des cénacles décadents. Mais pourquoi diantre a-t-il pris pour pseudonyme Marc Stéphane ? »


Pour avoir lu L’Arriviste de Marc Stéphane, roman de formation, nous ignorons tout de celui d’Alcanter de Brahm qui nous permettrait de nous faire une idée.

Deux hypothèses :

“Comme tu le sais, ajoute Bruno, Alcanter de Brahm avait fait paraître chez Souque, son Arriviste en 1893, il inventait ainsi ce néologisme.”
Néologisme réutilisé par Stéphane ?

On ne peut s’empêcher d’imaginer l’hypothèse numéro deux : le créateur pléthorique de néologismes Marc Stéphane se réappropriait en 1895 un mot lancé trop vite près d’une oreille trop attentive ? La suite de sa carrière littéraire prouve qu’il avait du talent pour la néologosserie… Et la réappropriation individuelle était bien dans son caractère. L’anonyme Aspic faisant naturellement payer à l’impétrant l’outrage au maître (les maîtres ont toujours raison).
A bien y penser, il se pourrait qu’Alcanter de Brahm soit le personnage de maître peu vertueux peint par Stéphane ! Là, l’anecdote prendrait une profondeur insoupçonnée…

En attendant qu’une bonne âme nous permette de lire le roman d’Alcanter de Brahm, supputons…

samedi 28 février 2009

Alcanter de Brahm dans Toutes les lyres (1909)

alcanterdebrahm.jpg



Puisque l’on n’a pas souvent l’occasion de voir Alcanter de Brahm (pseud. de Marcel Bernhardt, Mulhouse, 1868-Paris, 1942), le fameux inventeur du point d’ironie, nous en remettons une couche avec, pour les plus curieux, le détail de sa notice dans Toutes les lyres, l’anthologie critique des éditions Gastein-Serge.
On y trouve quelques éléments d’informations et des vers qui ne signalent point trop le grand poète moderne. Il est vrai que ce sont des “Voix Anciennes”…

Lire la suite...

lundi 8 septembre 2008

Alcanter de Brahm par l'image

alcanterdebrahm.jpg


On n'a pas souvent l'occasion de voir Alcanter de Brahm (pseud. de Marcel Bernhardt, Mulhouse, 1868-Paris, 1942), le fameux inventeur du point d'ironie.

En voici donc la frimousse.

(Apparemment inchatouillable, le poète...).

jeudi 7 février 2008

Bibliographies des éditions éoliennes & à hélice

itwXDDC_13signe.jpg


Ancien élève des Arts déco, Xavier Dandoy (il est né en 1969 à Madagascar) aurait tout aussi bien pu suivre les cours de l’école Estienne où sont formés les typographes français. Déjà connu des lecteurs de Luc Dietrich et de René Daumal pour ses éditions à l’enseigne de l’Éolienne, il signe un petit traité typographique très plaisant consacré aux signes de la ponctuation ancienne et moderne. Jonglant avec une maquette colorée et extravagante, Xavier Dandoy rappelle l’histoire des douze signes usuels ([:.![{…, etc. et s’inspire des inventions telles que le “point de poésie” (J. Blaine), le ” trait de pensée ” que l’on retrouve chez Arno Schmidt ou les “…” déjà présents chez Paul de Kock Céline n’a pas tout inventé pour proposer la “bifurcation”, le “contrefort” et même la “virgule flottante”. Néanmoins, sa préférence va au “!” trafiqué. Attention, il ne s’agit pas d’un point d’exclamation standard, étique échalas d’usage courant, mais du ” point d’ironie ” (non reproduisible ici, satanés caractères iso, mais reproduit en couverture de l’opus) inventé par le poète Alcanter de Brahm (Marcel Bernhardt, 1868-1942).
Si l’on ajoute les noms de El Lissitzky, Maurice Roche, Henri Pichette, Raoul Hausmann, Hervé Bazin ou Jean-François Bory, on voit à quel point la ponctuation passionne. N’oublions pas non plus les typoèmes de Jérôme Peignot ou les types aux graphies de David Lee Fong qui rappellent cette autre curiosité que sont les poèmes exclusivement composés de signes typographiques. Leur prototype apparaît dès L’Histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux de Charles Nodier (1830) et pourrait bien encore faire des émules après André Martel. Les voies de la typographie sont insondables…


Ce livre, drôlement innovateur, fut publié en 2003. Xavier Dandoy, chercheur dans l’âme, en a produit depuis une version enrichie, comme nous le verrons au cours de ce panorama complet du catalogue de la maison éolienne.
Chaque chose en son temps, n’est-ce pas ?

La librairie La Hune fête éolienne/à hélice en lui consacrant depuis une quinzaine de jours une vitrine. A voir, si vous êtes à Paris.

Xavier DANDOY Le Treizième Signe, ou la Nouvelle Ponctuation ancienne et moderne. - Paris, à hélice/éolienne, 2003, 78 pages, 17 e

éditions éoliennes & à hélice
collectif de recherche fondamentale en ponctuation
6-8 rue Vulpian, 75013 Paris
01 53 80 20 33 — 08 71 49 33 13