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vendredi 10 janvier 2014

Monsieur Albin mushe, l'Autofictif poursuit

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Dans la grande famille (1) des Plume, Songe, Teste, Dézert et autres mâles solitaires qui mâchonnent, rêvassent, arpionnent, s'emballent, délirent ou temporisent - qu'ils songent à La Rose de Thuringe, au temps qui passe ou à leur Fauteuil vert -, il est un nouvel arrivant nommé Albin Bis.
Publié au même catalogue que Lucien Suel ou Jean-Louis Bailly, il s'est inventé un personnage comme on s'invente une île imaginaire ou une république de fantaisie, afin de "prendre en marche le réel. En sortir aussitôt par la métaphore" et tracer un journal doux, pensif, nuageux, drôle souvent, où le détachement alterne avec l'observation du monde, au lieu-dit Le Glémand, par exemple, où passent les autorails comme les bus sur la place Saint-Sulpice.
Le personnage d'Albin Bis est millénaire, et il paraît qu'il est mort. Il n'en est pas tout à fait convaincu lui-même, notamment parce qu'il est capable de faire le musher et de tirer "sur la bride. Riquita, son dernier escargot d'attelage, est encore bien impétueux"...

On le sait, l'écriture d'un blog pousse à l'introspection ou au fantasque débridé. Tout l'un ou tout l'autre. Pensées choisies versus épopées dingues. L'Autofictif d'Eric Chevillard doit bien en dire quelque chose quelque part, lui qui dans son sixième volume de journal à paraître donne toujours des signes de vie cérébrale très encourageants. il faut dire que l'exercice du billet de blog quotidien fatigue vite les moins alerte...
« En fait, dit l'Autofictif chevillardien, c’est assez simple, il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise.
« Les premiers sont inutiles, possiblement nocifs (cette dose de réel encore pourrait être celle de trop) et ils ont la préférence des critiques de la presse (les journalistes aiment le réel tel qu’il est comme le boutiquier les rossignols de son fonds de commerce) et de la majorité des lecteurs qui souvent ne conçoivent que ce qu’ils perçoivent… mais les seconds ourdissent dans leur coin une terrible vengeance. »


Albin Bis Albin Saison 1, cent épisodes. - Mugron, Éditions Louise Bottu, 124 p., 14 €

Eric Chevillard L'Autofictif en vie sous les décombres. Journal 2012-2013. - Talence, L'Arbre vengeur, 240 p., 15 €

(1) Il ne peut s'agir de fraternité, et surtout pas élective.


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