L'Alamblog

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Mot-clé - Albert de Pouvourville

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vendredi 24 août 2012

Bibliographie très lacunaire des éditions du Monde Moderne

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En guise de reprise un peu sérieuse, mais pas trop ardue tout de même non plus, voici une bibliographie comme l'Alamblog a l'habitude de les fournir : lacunaire, par la force des choses, et illustrée, autant que possible.
Rien ne vous empêche de signaler les lacunes (qui sont nombreuses dans le cas présent) de cette maison, Les Éditions du Monde moderne dont le catalogue se chevauche allègrement, et se mélange, avec les Éditions du Monde nouveau (une bibliographie est à venir), et autres "Éditeurs associés".
Fruit de l'immédiat après-guerre, le catalogue du Monde moderne se développe durant dix ans, à partir de 1921 et jusqu'en 1931, date à laquelle seule semble paraître la collection des "Grands Classiques Illustrés", reprise par Rombaldi en ce qui concerne certains titres.
Installée d'abord 42 boulevard Raspail puis au 79 bis rue de Vaugirard dans la seconde phase de son existence, la maison semble avoir été bien implantée - il suffit pour s'en convaincre d'évaluer le nom des préfaciers - la maison une autre particularité : le nombre d'imprimeurs différents qu'elle a utilisé, depuis l'imprimerie F. Paillart (Abbeville) aux presses du Publication de l'Orne (Domfront), sans oublier les parisiennes Paris-Typo ou Ramlot et Cie.
Enfin, d'un point de vue graphique, soulignons ses parti-pris résolument modernes et... traditionnels à la fois : deux manières de concevoir les couvertures sont en effet à l'oeuvre : typographiques ou illustrées. Mais à l'instar des travaux de certains bibliopoles, ceux des Éditions du Siècle par exemple, un travail de fond est mené pour renouveler le graphisme des couvertures - il ne fait nul doute que l'on reconnaît de loin une couverture typo de la maison, quelle que soit la couleur utilisée : elle est "clairement" choisie pour être vue. Après ces efforts et cet investissement imaginatif, on reste décidément bien étonné d'avoir assisté durant la seconde moitié du siècle dernier à un engouement pour des graphismes fades et tristes (Minuit, la collection blanche, POL, etc.) qui en revenaient aux traditionnelles couvrantes au petit pied, sans joie (et surtout sans coût), sans imagination, sans le moindre sex-appeal, qui rappelaient nettement les bonnes vieilles couvertures du siècle antérieur. Passons, la mode généralisées des photographies n'est guère plus intéressante de ce point de vue.
Chez le Monde moderne, pour ainsi dire, il semble que la "manière" typographique soit réservée à ce qui constitue la collection du "Roman nouveau", ensemble de titres qui pourraient aisément être publiés à l'enseigne du Monde nouveau. Nous ne sommes toujours pas parvenus à comprendre ce qui présidait au choix de l'une ou de l'autre marque. Quoi qu'il en soit, la collection est à la fois "moderne" et... "nouvelle" puisque partagée par les deux marques. (L'enquête reste en cours car la collection "Le Vaste Monde", dirigée par ALbert de Pouvourville, se trouve elle aussi disséminée sous plusieurs marques, parfois concurrentes).

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Au nombre des collections relevées au catalogue de la maison Moderne :
Problèmes contemporains
Le Vaste monde (sous la direction d'Albert de Pouvourville, 1925-1927), ensemble qui pose plusieurs difficultés (la collection semble avoir paru chez plusieurs éditeurs en même temps, ou à peu près).
Collection canadienne
La Belle Aventure
Collection Pantagruel
Les Essais du XXe siècle
Les Grands classiques illustrés (1930-1931)
La Geste d'Eros
Petite Collection Etrangère

NB : Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle entité éditoriale spécialisée dans le communisme fait son apparition (1947) et la marque Monde moderne est reprise en guise de titre de revue par Jean Vigneau dans les années 1974. Il n'y a problablement aucun rapport entre les différentes initiatives.


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dimanche 1 avril 2012

L'ex-libris d'Albert de Pouvourville

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Il est en vente sur ebay ces jours, l'ex-libris d'Albert de Pouvourville, par Georges Demeufve, sur vergé (700/700 mm).


On le trouvait dans le Répertoire général des ex-libris français (réf. P0558)

jeudi 20 octobre 2011

La canne et le bâton

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C'est au cours de nos pérégrinations au coeur de l'oeuvre de Victor Fournel, vaillant lecteur, que le Préfet maritime, ombrageux ces derniers temps, a découvert avec une surprise non feinte l'existence de l'improbable Centre de Recherche sur la canne et le bâton dont les travaux s'inspirent évidemment du fameux essai de Fournel, Du rôle des coups de bâton dans les relations sociales et, en particulier, dans l’histoire littéraire (A. Delahaye, 1858) dont nous allons avoir l'occasion de reparler.


Et puis cet article consacré à un chapitre d'Albert de Pouvourville.

mardi 13 septembre 2011

Pouvourville et l'opium

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Comme promis, songeons un peu à Albert de Pouvourville.

Pour une fois.

Réédité par la formidable maison Kailash entre 1996 et 2004 (on se demande bien si elle est toujours active), cet auteur de la grande époque de la littérature coloniale française mérite un coup de projecteur. Ne serait-ce que pour L'Annam sanglant, L'Heure silencieuse (les rééditions avaient paru avec des préfaces de Xavier Legrand-Ferronnière), ou Le Cinquième Bonheur de 1911, recueil de nouvelles qu'il dédiait à Loti, Saint-Saens ou Farrère.

Aujourd'hui, aujourd'hui voici la couverture de Physique et psychique de l’opium, un ouvrage assez peu courant publié en 1925 sous le pseudonyme de Nguyen Te Duc Luat et dans le format 12,5x16,5 (ça n'est pas le seul nom dont Pouvourville fit usage, on le connait aussi sous le nom taoiste de Matgioi). La première partie du livre proposait un descriptif de la préparation de la drogue et des instruments de la fumerie, tandis que la seconde, c'était tentant, déployait une « théorie psychique de l’opium » doublée encore d'une « théorie psychologique ». Prenant sa place dans la filiation des Gautier, Baudelaire, Boissière ou Varlet, tenait de donner un panorama des états sensoriels provoqués par la drogue en restant le plus clinique possible, sans effet poétique.

Sur le même sujet, il n'en était pas à son coup d'essai puisqu'il avait déjà publié :

Matgioï L'Esprit des races jaunes. L'opium, sa pratique. Paris, édition de "l'Initiation", 1903, 56 p.

Comité des congrès coloniaux français. Congrès de 1908 à l'École des hautes études commerciales. L'Opium, conférence donnée le... 1er juin 1908, au siège du Congrès, Paris, au Secrétariat général du Comité, 1908, 30 p. Ce texte a été réédité en complément de la récente édition des Propos d'un intoxiqué de Jules Boissière (Paris, Zanzibar, 1995).

Pour souligner le fait que l'opium n'était pas seulement un sujet d'étude 'médicale' pour Matgioi-Pouvourville, voici un poème où l'on constatera qu'à l'instar d'un Théo Varlet, il n'était pas défavorable au néologisme.

L'Opium

Doux regret du matin, doux sourire du soir,
Indifférent du los et mépriseur des blâmes,
Opium doré, muet conseiller, amorçoir
De tous les raffinés plaisirs que nous aimâmes,

Directeur du savoir, du pouvoir, du vouloir,
Créateur de concepts, générateur de flammes,
Frère aîné du sommeil, père du nonchaloir,
Règle des sens, poison des cœurs, soutien des âmes,

Réconfort du songeur, espoir du continent,

Endormeur des soucis, bouche d'or des légendes,
Excitateur des doigts, titillateur des glandes,
Invisible empereur du rêve hallucinant,

Vin du cerveau contrit, pain de l'âme affamée,
Noir compagnon, baiser secret, maître immanent,
Viens, mon ami ; viens, ma maîtresse ; viens, fumée.



(Rimes chinoises, Paris, A. Lemerre, 1904, pp. 61-62)

samedi 10 septembre 2011

Résultat du Grand Jeu de l'Alamblog

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La question rituelle, et apparemment simple du Grand Jeu de l'Alamblog était celle-ci : qui est donc ce monsieur ?

Nous pouvons affirmer qu'il s'agit d'Albert de Pouvourville, personnage dont nous parlerons dès demain... si l'on y songe... (c'est qu'une grande fête se prépare sur l'île du Préfet maritime).
Deux personnes ont reconnu Pouvourville : l'anonyme Adria d'abord puis Monsieuey Am Lepiq, plus connu sous le nom de Jacques Barbaut... Bravo à eux, et message à Adria (un nom, une adresse !).
le lot du jeu : la prochaine publication du Préfet maritime : Le Roseau pensotant d'Henri Roorda à paraître le 19 octobre prochain.