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samedi 24 octobre 2009

Le Préfet maritime ne chômait pas... (2 : André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan)

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André Pieyre de Mandiargues, lauréat du prix Goncourt 1967 avec La Marge, reste assez mal connu, ou bien il est connu de travers. C’est du moins notre avis.
Sa correspondance avec Jean Paulhan, le manitou de la NRf, “playboy de l’art moderne”, devrait jeter un jour nouveau sur cet auteur à la fibre aussi baroque qu’onirique, et aussi onirique qu’aristocratique. Pour avoir potassé longuement (et c’est peu dire) l’échange de ces deux hommes singuliers, nous pouvons affirmer qu’il y a dans les trois cent cinquante pages de lettres et quatre-vingt de matériau annexe, de quoi revenir sur des idées reçues. Les trois cents lettres qui composent le volume regorgent en effet d’informations inédites — et comment !
On en apprend ainsi des vertes et des pas mûres sur François Mauriac en corbeau talapoin, sur Ricardo Paseyro et Octavio Paz ne dédaignant pas le coup de poing, sur Marcel Zerbib en filigrane (nous y reviendrons), sur Albert Paraz, Katherine de Porada, Pierre Bettencourt, Henri Michaux, Giuseppe Ungaretti, Filipo de Pisis, Charles-Albert Cingria, Jean Dubuffet, Louis Lecoin et alii qui parcourent les alentours. Un vrai panorama des années 1947-1968, un dîner de têtes, un recueil d’anecdotes piquantes et de petits faits signifiants, une anthologie de curiosités choisies.
Et si l’on y pense un peu, André Pieyre de Mandiargues fut aussi un chroniqueur mémorable du siècle dernier. Son Cadran lunaire, fruit de ses échanges avec Paulhan et de sa collaboration à la rubrique “le temps, comme il passe” de la NNRf, n’est pas un moindre opus.


André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan Correspondance, 1947-1968. Edition établie par Iwona Tokarska et votre serviteur. — Paris, Gallimard, 2009, 448 p. 35 euros

Paru
Henriot Paris en l’an 3000. Préface de votre serviteur. - Paris, Phébus, 2009, 120 p. 20 euros

à paraître
Robert C. Sherriff Le Manuscrit Hopkins — Talence, L’Arbre vengeur, collection “L’Alambic”, 27 novembre 2009.

dimanche 19 avril 2009

Aux quatre vents (9 septembre 1939)

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AUX QUATRE VENTS
Ceux qui sont partis
Tous les ans, à cette époque, les courriers littéraires ont coutume de recenser les « partants » pour la course aux prix de fin d’année, Goncourt et Femina. Si l’on parle aussi de départ cette année, c’est d’un autre départ qu’il s’agit.
André de Richaud, qui faillit avoir le PrixFemina l’année dernière, et Jean Malaquais, qui a débuté cette année, ont rejoint leurs régiments, ainsi que P.-J. Launay, le plus récent lauréat du « Renaudot ». Albert Paraz, plusieurs fois décoré à la dernière guerre, est reparti pour la nouvelle. Les poètes Jean Follain et Roger Lannes sont mobilisés. François Dallet s’est engagé. Jacques Baïf et Georges Blond sont officiers de marine. Thierry Maulnier lieutenant de réserve.
Ces quelques noms ne sont mis là que pour faire penser à bien d’autres, car nos jeunes écrivains sont nombreux, et presque tous sont aux armées. Chez les anciens Prix Goncourt, on compte beaucoup de mobilisés, de Jean Fayard, interprète auprès de l’armée anglaise, à Roger Vercel, censeur en Bretagne.





Le Figaro, n° 252, 9 septembre 1939, p. 4.