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jeudi 10 août 2017

La flemme Cossery

CosseryRodolphe.jpg


On aurait voulu parler plus tôt de ce bel essai consacré à Albert Cossery.
Le temps nous a manqué.
Entre les siestes et le désir provoqué par le travail de Rodoplhe Christin, nous avons été entraîné à des relectures.
Et relire Cossery, c'est enchaîner un livre après l'autre.
Cela prend du temps.
D'autant que cette relecture s'effectue dans un état proche du rêve éveillé, en pleine chaleur d'été, lorsque la pierre répand son odeur, où flotte dans l'air des senteurs qu'on dirait opiacées.
Rodolphe Christin l'a bien cherché.



Rodolphe Christin Le Désert des ambitions : Avec Albert Cossery. - Paris, L’Échappée, 143 p., 14 €
P. S. Plutôt qu'un long discours plein de mots où nous entraînerait la philosophie des sybarites-réfractaires de Cossery - les professionnels de ce type d'éloge des rétifs relâchés hors-barrières ont déjà balancé la purée standard - ajoutons seulement les titres des chapitres qui valent synthèse : (plus tard, si on a le courage)


lundi 2 décembre 2013

Albert Cossery 1913-2013

Cossery2013.jpg



Noël approche. Plutôt que d'acheter des chocolats, des trucs électroniques inutiles et un sapin, procurez du bonheur autour de vous en offrant Mendiants et orgueilleux d'Albert Cossery, un grand roman francophone.
L'oeuvre de Cossery, sublime cossard originaire d'Egypte installé en France - et installé est un grand mot pour cet homme qui voyageait léger dans la vie - est toute rassemblée chez Joëlle Losfeld qui la fait vivre avec dignité.
Outre deux volumes d'Oeuvres complètes, voici les version poche des chefs-d'oeuvre du fainéant magnifique, et cette édition du centenaire de sa naissance, avec préface de Roger Grenier, huit pages d'inédit, des notes de l'auteur, un portrait rédigé en 2008 par Christophe Ayad, un cahier photo et des témoignages de Patti Smith, Georges Henein, Henry Miller, etc.

En insistant encore un peu (vous connaissez la subtilité du Préfet !), voici quelques extraits goûteux. Et nous ne dirons rien des premières pages du roman, délicieusement étranges et belles.

Il faut dire à son avantage - caractéristique assez rare chez les poètes - que Yéghen ne se prenait pas pour un génie. Il trouvait que le génie manquait de gaieté ! L'immense entreprise de démoralisation que certains esprits dits supérieures exerçaient sur l'humanité lui paraissait relever de la plus malfaisante criminalité.

(On dirait que Cossery avait prescience des propos de ce d'Onfray à la télé hier au soir...)

Il trouvait exagérée et morbide l'attitude de cette foule dont rien ne venait rompre la navrante monotonie. Quelque chose manquait à cette cohue bruyante : le détail humoristique par quoi se reconnaît la nature de l'humain.

La réalité dont tu parles, dit Gohar, est une réalité faite de préjugés. C'est un cauchemar inventé par les hommes.

Malgré le bruit des tramways, les klaxons des automobiles, la voix stridente des marchands ambulants, Yéghen avait l'impression d'un monde où les gestes et les paroles étaient mesurés en fonction d'une vie éternelle. La fureur était bannie de cette foule qui se mouvait dans l'éternité; elle semblait animée d'une joie savante, qu'aucune torture, aucune oppression ne parvenait à éteindre.



A vos paquets cadeaux !

Albert Cossery Mendiants et orgueilleux. — Paris, Joëlle Losfeld, 248 pages, 15,90 €

samedi 29 juin 2013

Albert Cossery 1953

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(...)

Je n'aborderai pas Albert Cossery avec ces mots d'André Chédid sur les style. Il rirait sans doute :
— La sagesse est en Égypte.
— Et la folie à Paris ?
— Eh bien, je mène une vie de fou, oui, je ne fais qu'écrire et traîner dans mon quartier, comme un touriste perpétuel. De même que les Américains, qui n'ont pas de politique de rechange, je n'ai pas de ville de rechange. J'obéis au hasard. N'est-ce pas un hasard si mes parents, qui ne parlaient l'arabe, m'ont mis, à quatre ans, au lycée français ? A quinze ans, je chipais les Gide et les Valéry de mes frères... Aujourd'hui, je chipe Paris.
— Vous ne songez pas à écrire un roman qui se passerait en France ?
— Non. Mes dialogues, je les dis en arabe et les traduis au fur et à mesure en français.
— Et vous titres somptueux , "Les Fainéants dans la vallée fertile", "Les Hommes oubliés de Dieu"... ?
—Ils montent en moi de l'abare. Seulement, ma matière est confuse, il me faut des insultes pour aiguiser mes récits, il faut que mes gens parlent avec leurs mains. Comment dire tout cela en beau français ? J'ai beaucoup de peine... Il faut qu'on me lise comme on lirait de l'arabe traduit.
— Mais, à tous vivre à Saint-Germain-des-Près, votre "réservoir", si j'ose dire, de souvenirs arabes...
— Va s'épuiser ? Je suis plein de l’Égypte. Je conçois la vie à l'égyptienne. Il y a une chaleur humaine, un optimisme, en Égypte, dont vous n'avez pas idée. On rit de la pire misère. La dignité dans le dérisoire : c'est le thème du romain que je viens d'écrire... Remarquez, j'adore écouter les femmes françaises expliquer leurs âmes compliquées. Elles s'expliquent bien. En Egypte, les femmes sont. Les vôtres, on leur donne tous les prix littéraires ! C'est dangereux...
(...)

Propos recueillis par François-Régis Bastide




Les Nouvelles littéraires, 26 avril 1953, p. 5

mercredi 23 janvier 2013

Une biographie d'Albert Cossery

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On s'explique mal comment on peut manifester un intérêt marqué pour Christine Angot (au point d'en faire un personnage de roman) pour se livrer ensuite à une exploration de la vie d'Albert Cossery (1)...

C'est pourtant un fait, Frédéric Andrau promet pour très bientôt une biographie du plus égyptien des Parisiens aux éditions Courlevour.

Cocktail de lancement le 4 mars, à Saint-Germain-des Prés — évidemment, pas place Tahrir !

On vous en dira plus ensuite, après lecture.



(1) Seraient-ce leurs communes initiales qui excitent ?