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vendredi 29 décembre 2017

Joël Cornuault parle d'Élisée Reclus avec Marie Chartron

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Vous rêvez d’abolir le salariat, de vivre l’autogestion, peut-être même, soyons fous, d’instaurer des rapports harmonieux entre femmes et hommes ? Bonne nouvelle : Vous êtes moins seuls que vous ne croyez ! D’autres y ont pensé avant vous - ils sont passés à l’acte et c’était il y a plus d’un siècle. Toute cette semaine, la série documentaire emprunte la route des utopies réelles et traverse le bois de Phénix, le lac Majeur, la forêt des Ardennes et les montagnes de Provence
Abolition du salariat, des hiérarchies formelles ; végétarisme et végétalisme, amour libre, pédagogies nouvelles…
Bien avant les communautés hippies quittant la ville à la fin des années 1960, avant les néo-ruraux d’aujourd’hui et l’essor contemporain de la conscience écologique, cette série remonte tout d’abord le temps jusqu’au XIXe siècle pour s’installer ensuite dans les premières décennies du XXe siècle : en réaction à l’électrification des villes, à l’accélération et à l’industrialisation brutale, des expérimentations collectives critiques de la modernité, de l’exploitation de l’homme par l’homme et du matérialisme dévorant prennent corps en France, en Suisse, en Allemagne. La traversée s’achève par l’évocation de Longo Maï, coopérative agricole autogérée née en 1973 dans les Alpes de Haute-Provence.
Les émissions seront disponible à l'écoute et au podcast après diffusion
Lundi 1er Janvier : Sur les sentiers de la liberté : Henry David Thoreau, Élisée Reclus

Que signifie la beauté de la nature quand les hommes sont vils ? (…) Le souvenir de la bassesse des politiciens trouble mes promenades. Je nourris d’homicides pensées. En vain j’essaie d’observer la Nature. Involontairement, je me remets à conspirer. Tous les justes en feront autant, je l’espère. Henry David Thoreau, Journal, Après-midi du 16 juin 1954

Joël Cornuault, écrivain, éditeur et traducteur de naturalistes des XVIIIe et XIXe siècle, dont Henry David Thoreau, fut l’un des premiers en France à remettre en lumière les écrits d’Élisée Reclus. Les deux hommes, imagine-t-il, auraient pu se croiser. Thoreau, philosophe, arpenteur, naturaliste, part s’installer deux années durant dans les bois ; Reclus, géographe, communard, anarchiste, plusieurs fois exilé, parcourt le monde.
Animés par un vif sentiment de la nature, un sens de la beauté, tous deux sont savants et poètes, bien loin des figures de spécialistes qui émergent au XIXe siècle dans les milieux académiques déjà corsetés par la séparation des disciplines. Ils racontent les forêts, les pierres et les rivières, la nature des oiseaux et celle des hommes qui doivent se libérer des dominations intolérables. Ils veulent « abolir un dégradant esclavage. (…) Simplifier radicalement le mode de vie des civilisés ». (J. Cornuault)
En promenade dans le bois de Phénix en Dordogne, avec Joël Cornuault, nous cheminons au fil des mots et des idées des deux écrivains.

Avec Joël Cornuault, écrivain, traducteur et éditeur, Bertrand Guest, maître de conférences en littérature à l’Université d’Angers, Johann Chapoutot, professeur d’histoire à l’Université Paris-Sorbonne etMarc Cluet, professeur émérite au Département d'Etudes allemandes de l’Université de Strasbourg.
Lectures : Régis Royer



Mardi 2 Janvier : Monte Verità, une réforme de la vie sur la montagne
Mercredi 3 Janvier : [Les clairières libertaires, une vie communautaire d’anarchiste en 1900 |https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/retours-a-la-nature-34-les-clairieres-libertaires-une-vie-communautaire-danarchiste-en-1900]
Jeudi 4 Janvier : Longo Maï, l’utopie dure longtemps



Illustration du billet : Draco Semlich © 2017

lundi 24 avril 2017

Reclus président !


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Il faut s'y faire : tant qu'on n'aura pas compris qu'il nous faut un président comme Élisée Reclus, on se tapera des soirées électorales de zombies.
Mais un Reclus, ça ne se trouve pas sous le sabot du petit cheval.
D'ailleurs, il faudrait commencer par dégotter le cheval.
Et à moins d'être châtelain ou bourgeois enrichi dans la grande distribution (Plastiques et Malbouffes Réunis), le cheval...
Ce que l'on trouve aisément grâce à plusieurs éditeurs aussi convaincus qu'admirables, grâce aussi à Joël Cornuault, Federico Ferretti et Alexandre Chollier, ce sont les écrits d'Élisée Reclus (1830-1905), le penseur français le plus courtois, le plus humain et le plus pertinent de la seconde moitié du XIXe siècle.
Anarchiste convaincu, militant et théoricien, géographe et précurseur de l'écologie, réformateur de la pédagogie (sa nièce n'est autre que Pauline Kergomard; 1838-1925), il en faudrait beaucoup des comme lui. On a fini par s'en apercevoir. La preuve : la librairie française est en mesure d'étaler une trentaine de références sur ses tables. Et une trentaine d'ouvrages à condition de se limiter aux seuls opus signés d'Élisée, car si l'on compte gloses et biographies, c'est beaucoup plus. C'en est presque terrible : chacun veut avoir sa version de l'Histoire d'une montagne, et de l'Histoire d'un ruisseau et, ce mois-ci, c'est Arthaud qui en sort un nouveau tirage...
Mais tant mieux. Lire du Reclus ou à propos de Reclus, Élisée ou son frère Élie d'ailleurs, c'est toujours ne pas perdre son temps. A la seule enseigne des éditions Héros-limites, ce sont quatre volumes importants, et tout récemment encore dans la famille Benet, ce sont des lettres de Reclus, de Léon Benet, le dessinateur de certains de ses livres, et de leur éditeur commun Hetzel.

Mon cher ami,
Allez de l'avant : imprimez, je ne veux point gâter un livre jeune en le vieillissant un peu pour le mettre à l'âge de l'auteur.
Je comptais un peu sur la visite de M. Bennet et je l'aurais reçu avec joie.
Je recevrai aussi avec bonheur le livre que vous m'envoyez, puisque ce livre c'est vous.
Je vous serre bien cordialement et vigoureusement la main gauche, et la main droite avec caresse.
Votre dévoué
Élisée Reclus



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Élisée Reclus Lettres de prison et d'exil, précédées de "La Rivière et La Montagne", par Federico Ferretti. - A la frontière, 2012, 160 pages, 12 €
- Écrits cartographiques. Avec des textes de Franz Schrader, Charles Perron et Paul Reclus. Édition établie par Alexandre Chollier et Federico Ferretti. - Héros-limite, 205 pages, 12 €
- Les Alpes. Avec des textes de James Guillaume et Charles Perron. Édition établie par Alexandre Chollier et Federico Ferretti. - Héros-limite, 152 pages, 10 €
- Écrits sociaux. Édition établie par Alexandre Chollier et Federico Ferretti. - Héros-limite, 251 pages, 11 €
- L'Homme des bois. Les populations indiennes de l'Amérique du Nord. Édition établie par Alexandre Chollier et Federico Ferretti. - Héros-limite, 218 pages, 10 €
- Histoire d'une montagne. Préface de Joël Cornuault. - Arles, Actes Sud, "Babel", 2006, 226 pages, 7,70 €
- A propos du végétarisme. - Paris, Mazeto square, 2016, 17 p., 4,90 €
- Pourquoi sommes-nous anarchistes ? (1889). Avant-propos François L'Yvonnet. Paris, L'Herne, 2016, 95 pages, 7,50 € Etc.


mardi 28 février 2012

Les archives de Jean Grave

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Une partie des archives de Jean Grave (1854-1939) passent en vente demain mercredi 29 février 2012 à 14 h à l'Hôtel Drouot (salle 6) On y trouve, par exemple, ceci :

Lot n° 149
Anarchie. GRAVE Jean. Ouvrier cordonnier anarchiste né en 1854 au Breuil-sur-Couze au Puy-de-Dôme et mort en 1939. Il participe au journal «Le Révolté» avec Élisée Reclus, ce qui lui vaudra diverses condamnations. Initialement socialiste il devient anarchiste à partir de 1880 et popularise les idées de Pierre Kropotkine. Importante correspondance politique et littéraire, adressée à l'anarchiste Jean Grave, par John Grand-Carteret, Hermann-Paul, la Comtesse de Noailles, Bernard Naudin, Jean Normandy, Louise Michel, Gustave Monod, Paul et Victor Marguerite, Laurent Tailhade, Séverine, Paul Reclus, Auguste Roubille, Jean Ajalbert, Adolphe Willette, Errico Malatesta, Michel Zévaco, Paul Adam, Jean Richepin, Rosny ainé, Léon Frapié, Louis de Gramont, Urbain Gohier, Gyp, Paul Ginisty, Lucien Descaves, Marc Stéphane, Gustave Geffroy, Alexandre Zévaes, Alfred Capus, Maurice Barrès, Alfred Dreyfus, Van Rysselberg, Alphonse Allais, Jehan Rictus et de nombreux autres écrivains ou personnages politiques. La réunion forme un ensemble d'environ 300 lettres


Lot n° 150
Anarchie. Jean GRAVE. Ensemble de 27 lettres autographes signées, adressées par Élisée Reclus à Jean Grave, entre 1885 et 1905, à propos de leur collaboration et de leurs idées politiques.


Lot n° 151
HUYSMANS Joris-Karl
De son vrai nom Charles Marie Georges Huysmans (1848-1907). Ecrivain et critique d'art français. Lettre autographe signée, adressée le 30 octobre 1890 à l'anarchiste Jean Grave à propos de l'autorisation qu'il lui donne pour la reproduction dans son journal «La Révolte» de certaines pages de «A Rebours». Une page in-4.


Lot n° 152
COURTELINE Georges
Nom de plume de Georges Moinaux. (1858-1929). Romancier et dramaturge français. Deux lettres autographes signées, adressées à l'anarchiste Jean Grave, à propos de la reproduction de ses textes dans son journal «La Révolte». Il est joint une petite carte autographe signée de Courteline et une lettre réponse signée de Jean Grave à l'en-tête de «La Révolte» que Courteline a contresignée en marge d'un «Vu et autorisé».


Lot n° 153
GORKI Maxime
Nom de plume d'Alekseï Maksimovitch Pechkov, écrivain russe (1868-1936). Il est considéré comme un des fondateurs du réalisme socialiste en littérature et un homme engagé politiquement et intellectuellement aux côtés des révolutionnaires bolchéviques. Lettre dictée à son épouse, signée de sa main, adressée à l'anarchiste Jean Grave, de son exil de Capri, le 4 juin 1912, regrettant de n'avoir pu le rencontrer lors de son passage à Paris. Il est joint deux lettres autographes signées de la femme de Gorki dont l'une est adressée à la rédaction des «Temps Nouveaux».



Expositions publiques : Hôtel Drouot
Le mardi 28 février 2012 de 11 h à 18 h
Le mercredi 29 février 2012 de 11 h à 12 h

Gros & Delettrez
E-mail - contact@gros-delettrez.com
Tel. 01 47 70 83 04