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Le printemps des enfumés

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Tandis que le père Noël se retire à pas de loups et en attendant que les invaders nous invadent enfin, depuis le temps, un petit coup d'oeil à la revue du Crieur (n° 5), qui, la bienveillante, apporte de l'air. D'abord l'article rétrospectif de Pierre Lagrange sur une étonnante publication de temps enfouis que l'on n'a vraiment pas envie de réveiller : 1960 et Le Printemps des magiciens, de Louis Pauwels (le crétin du "sida mental") et Jacques Bergier... Les frères Bogdanov avaient onze ans et on peut parier que la fissure vient de l'abus de Pauwels-Bergiers et de leur future revue Planète. De plus c'était "Français, Monsieur !" à une époque de la Grandeur de la France qui sentait bon la course à l'atome, cette formidable fiesta qui a tant plu aux Polynésiens. Bref, comment un joyeux pêle-mêle de poudres de perlimpinpin et de fumées oiseuses (nazis, martiens, civilisations disparues, île de Pâques, etc.) permettaient d'essayer de digérer malgré le reflux colonial en se coltinant à l'ailleurs consolateur. Le succès fut plus que colossal, il fut terrible.
Dans ce Crieur un autre article, de Pablo Servigne, nous renseigne sur la collapsologie, ou étude des effondrements. Ce qui n'est sans doute pas peu utile au retour des fêtes. Mais le sociologue évoque surtout le cas des sociétés humaines déclinantes. Pour le reste sont explorés les vérités des positionnements politiques du pape François ou de Pierre Rahbi, l’agriculture écologiste qui doute du mariage pour tous et refuse la procréation assistée. Par ailleurs, nos amis auteurs liront avec bénéfice l'intervention d'Aurore Gorius et Marion Rousset sur les scandales qui éclaboussent en silence les sociétés de gestion de droits, et puis sont évoqués encore les évolutions de la sociologie, les capitalistes reniant le capitalisme, etc. Et on laisse de côté l'article sur la poésie française contemporaine qui la cherche avec une loupe inefficace là où elle ne se trouve certes pas; et en ahanant un discours sans jugeote. C'est marrant cette manie qu'ont en parlant de leur taf certains poëtes de faire des phrases.
Pour le reste : excellent numéro, sans blague.


Revue du Crieur (n° 5), Médiapart/La Découverte, 160 pages, 15 €

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