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Réjouissons-nous l'humeur (remède de saison)

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Voilà des années que Thierry Beauchamp (traducteur) et Frédéric Brument (éditeur) militent pour la reconnaissance en France de Stephen Leacock (1869-1944), pince-sans-rire canadien de génie. Associés une nouvelle fois pour présenter le chef-d’œuvre de Leacock, Bienvenue à Mariposa, ils cassent la baraque en mettant en circulation une édition magnifique, reliée sous jaquette d’or et de bronze, illustrée par Seth, le dessinateur du New Yorker. Un véritable bijou pour ces scènes de la vie de province qui cernent les personnages majeurs de la bonne ville de Mariposa, bourgade charmante étendue près d’un lac peu profond où le vapeur à aubes fait parfois gentiment naufrage — sans pertes humaines. Le titre canadien, « Sunshine Sketches of a little town », un classique outre-atlantique, complète les informations en soulignant le ton souriant du récit. L’humour dont le professeur d’économie politique Leacock a nimbé ses portraits moqueurs est en vérité bien bonhomme et affectueux. Lui qui aurait fait des étincelles s’il avait croisé Alphonse Allais ou Jules Renard, s’inspirait de la commune de sa résidence secondaire, Orillia, dans l’Ontario, pour peindre une communauté délicieusement rêveuse où les zozos côtoient les énergumènes et les affairistes de balsa, les commerçants vagues et un juge en chêne plus ou moins à l’ouest (quand il n’est plus à l’est). Sa fille en revanche est belle comme le jour et inspire la passion à un employé de banque dont le seul drame est d’être affublé de parents… trop riches. Imaginez un peu le drame. C’est toute la délicieuse vie tranquille qui est doucement épinglé par un intellectuel détendu et grand adepte de la litote et du non-dit. Une friandise formidable à déguster cet hiver.


Stephen Leacock Bienvenue à Mariposa. Traduit de l’anglais (Canada) par Thierry Beauchamp. Graphisme, illustrations et postface de Seth. - Paris, Nouvelles Editions Wombat, 288 pages, 29 €.

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