L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Durrell au paradis

durrelljardin.jpg



Grâce à Loustal, la "Trilogie de Corfou" de Gerald Durrell (1925-1995) devient particulièrement appétissante, si elle ne l'était déjà...
Bleues de mer, le triptyque de ses couvertures donne des envies de vacances et de plongée au cœur des pages qu'elles protègent. Même si Ma famille et autres animaux, et Oiseaux, bêtes et grandes personnes, les deux premiers volumes n'ont guère besoin de pousse-au-crime : ce sont des merveilles de grâce que leurs lecteurs ne peuvent s'empêcher de conseiller à qui veut bien les entendre, les comparant sans coup férir à L'Âge d'or et à Jours de rêve de Kenneth Grahame.
Longtemps isolés, ces premiers volumes viennent d'être rejoints par Le Jardin des dieux qui clôt cet ensemble ionien du frère cadet de Lawrence Durrell. Devenu naturaliste fameux, autant écrivain que son frère, et formidable conteur de son enfance (déjà largement tournée vers la zoologie, on l'aura compris), il connut du reste un succès mérité en 1956 avec Ma famille et autres animaux.
La trilogie débute par un "plaidoyer pro domo" qui donne le ton :

Ce livre est le récit d'un séjour de cinq années que j'ai fait avec ma famille dans l'île de Corfou. Je le voyais, à l'origine, comme un exposé légèrement nostalgique sur l'histoire naturelle de l'île, mais je commis la grave erreur d'y introduire les membres de ma famille dès les premières pages. Une fois sur le papier, ils s'y installèrent et invitèrent divers amis à partager avec eux les chapitres suivants. C'est avec la plus grande difficulté et grâce à beaucoup d'astuce que j'ai réussi à leur arracher quelques pages et à les consacrer aux animaux.

Il y avait là Larry (23 ans), Leslie (19), Margo (18) et Gerald (10), ainsi que leur mère, veuve, et Gerry parvint à condenser cinq années de vie, de plaisirs, d'incidents et d'observations "en quelque chose d'un peu moins long que l'Encyclopaedia Britannica". De beaucoup plus plaisant aussi, cette évocation enchantée de l'archipel enchanté et de sa faune de tout poil.

— Oui... bon... assez parlé des animaux, dit Mère, très vite. Le déjeuner doit être prêt. Si nous passions à table ?




Gerald Durrell Ma famille et autres animaux. Traduction de Léo Lack revue. — Paris, La Table ronde, 400 pages, 14 €
Oiseaux, bêtes et grandes personnes. Traduction de Léo Lack. — Paris, La Table ronde, 352 pages, 14 €
Le Jardin des dieux. Traduit par Cécile Arnaud. — Paris, la Table ronde, 304 pages, 14 €

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet