L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

Le Livre de la Mort

GancheMortLivre.jpg




Nous l'évoquions à mots couverts dans Le Matricule des Anges d'avril 2011 (n° 122) : le Livre de la Mort, rare objet produit par Édouard Ganche (1880-1945) en 1909 vient de reparaître dans toute sa gloire.

Et avec son transi !

Superbe curiosité livresque et littéraire - c'est un livre-culte en somme dont les conditions de la commercialisation furent pour le moins castratrices. Néanmoins, sa couverture macabre à souhait représentant le "Transi de René de Châlons" (XVIe s.). attisait les appétits que le sous-titre "A l'hôpital, à l'amphithéâtre, à la morgue, au cimetière" ne pouvaient qu'attiser. Leurs terrain d'élection et sujet étant parfaitement explicites, les douze brillantes nouvelles de Ganche, précédées des étonnantes "Litanies de la mort" en guise de préambule, ne pouvaient aspirer le lecteur.

Livre recherché et partant difficile à dénicher, le voici donc remis en vente pour la modique somme de treize euros, dans une collection dont il constitue la treizième livraison, juste dandysme. Surtout, la version offerte par Philippe Gindre, Eric Foix et Philippe Gontier est aussi nouvelle que corrigée et augmentée selon les propres désirs de feu l'auteur qui avait porté sur un exemplaire ses larges modifications (il est aujourd'hui conservé à la BnF). Avec toutes les précisions historiques et éditoriales nécessaires, la Clef d'argent livre l'édition indépassable de ce classique de la Mort.

Quelques pages offertes sur le site de la maison suffisent à se faire une idée de la qualité littéraire de l'ensemble. Avec le Firmin Maillard consacré à La Morgue, et les histoires de Jean Richepin, il y a là les pièces essentielles d'un corpus de la Mort qui sera finalement peu exploité par la suite en dehors du cadre des littératures de genre, et beaucoup moins systématiquement à coup sûr.

Autopsies, squelettes, agonies, c'est sous les remarquables épigraphes de Poe, Baudelaire ou Rollinat que le médecin Ganche se plaçait. La seule évocation des titres de ces récits délectables, et effroyables, impose de les classer derechef parmi les récits à réindexer sans tarder au Panthéon des "livres à part".

Pour faire bonne mesure, un site est consacré au curieux personnage du docteur Édouard Ganche, étonnant bonhomme, musicologue sourd spécialiste de Chapin, dont on ignore toujours, tiens, comment il est mort...




Édouard Ganche Le Livre de la Mort, nouvelle édition par Philippe Gindre et Philippe Gontier. — Dôle, La Clef d'argent, 278 p., 13 €

Ganchewealam.jpg


Sur un sujet approchant : Paul Desmarie Les Morts Vivants. — Paris, Poulet-Malassis, 1862.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet