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Jean-Pierre Le Goff (1942-2012)

Né le 2 août 1942 à Douarnenez où son père était marin, l’écrivain Jean-Pierre Le Goff est mort le 26 février dernier à Montmorillon (Vienne) des suites d’une longue maladie. Il avait découvert le surréalisme au lycée de Brest et fait la connaissance de Georges Perros installé à Douarnenez. Venu ensuite à Paris, il avait rencontré les membres du groupe surréaliste et gardé de cette époque le goût des analogies et des correspondances comme moyen de connaissance, mettant par exemple en rapport les dessins des coquillages et les cartes géographiques. Il a publié son premier livre, Journal de Neiges, en 1983 : il s’agit d’un journal intime tenu seulement le premier jour de l’année où la neige tombe sur Paris. Sa démarche poétique s’exprima ensuite par des textes qu’il adressait régulièrement à ses amis, les invitant à l’accompagner dans des interventions liées au nom d’un lieu, comme le village de Perles en Picardie, ou un phénomène météorologique, comme la recherche du rayon vert. Une de ses interventions, au phare de l’île Vierge, filmée par Patrick Viret, a donné le court métrage Le Sens de la marche, présenté dans plusieurs festivals. Elle était centrée sur un texte comportant autant de mots qu’il y a de marches dans ce phare. L’ensemble de ces courts textes a été publié par les éditions Gallimard en 2000 sous le titre Le Cachet de la poste. Un double numéro de la NRf lui avait été consacré en 1992. Il avait participé dans les années 80 au mouvement appelé Banalyse puis était devenu membre du Collège de ᾿Pataphysique. Son dernier ouvrage, Les Abymes du Titanic, publié en 2006 aux éditions du Crayon qui tue, explorait les légendes du Titanic et évoquait en parallèle le destin de son père, perdu en mer en 1945.
Ses archives, comprenant une importante correspondance, ont été confiées à la Bibliothèque de Brest en 2011 par sa fille, Alice. Jean-Pierre Le Goff a été enterré à Douarnenez ce 1er mars 2012.

Stéphane Mahieu