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Fragments de lettres à Jean Duperray

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Aujourd'hui, rangement. Aussi replongée dans les papiers, les archives, les documents. Et là, copies de lettres adressées à Jean Duperray par André Breton et Albert Camus (Archives municipales de Saint-Etienne).

D'abord André Breton :


Cher Jean Duperray,
Je vous remercie de votre lettre si amicale. Je suis sensible à ce ton de rêverie et de confidence qu'elle prend presque d'emblée : c'est cela la confiance, on laisse même l'interrogation pour aller vers ce qui tient le plus à cœur, j'aime cet abandon avec lequel vous m'entretenez des êtes que vous avez aimés et je suis aussitôt très près de vous, Simone Weil n'est pas loin (...)
Depuis que vous m'avez écrit, je suis heureux de mettre un point lumineux sur St Etienne, que je n'ai jamais fait qu'apercevoir par la vitre d'un train (...)


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Jean Duperray Harengs frits au sang. Préface du Préfet maritime. - Talence, L'Arbre vengeur, "L'Alambic", 320 pages, 15,00 €



A propos des souvenirs de Jean Duperray sur Simone Weil, sa camarade en syndicalisme, citons ces mots d'Albert Camus sollicité pour faire paraître le texte de l'instituteur stéphanois à l'enseigne de la NRF :


Paris, le Juillet 52
Cher Monsieur,
Votre témoignage sur Simone Weil est extrêmement intéressant et je vous remercie d'avoir bien voulu me le communiquer.
En ce qui concerne les faits eux-mêmes, c'est la première fois, grâce à vous, que j'ai pu me faire une idée de l'attitude de S. Weil dans les milieux syndicalistes et ouvriers. Je crois donc votre témoignage difficilement remplaçable (...).

Suit une correspondance régulière, au cours de laquelle Camus prodigue des conseils et, en dernier ressort (la biographie de Simone Pétrement avait déjà été prévue chez Gallimard et incorporera des éléments du texte de Duperray), propose à son "cher Duperray" de placer le texte dans une revue, ce qui sera fait.

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Jean Duperray Quand Simone Weil passa chez nous. Témoignage d'un syndicaliste, suivi de textes inédits. Édition présentée par le Préfet maritime. - Paris, Mille et une nuits, 175 pages, 12,00 €

Commentaires

1. Le mercredi 27 juillet 2011, 20:16 par Palussière

C'était il y a un an déjà, ou presque. Au lendemain du 15 août 2010, le Préfet maritime mettait une dernière main à l'édition du Stéfanois qui vit passer la comète Simone parmi les ouvriers syndicalistes et anarchistes foréziens, et mit toute une vie à restituer quelque chose de l'accident météorique qu'elle avait créé. Sur le moment, en 1952, aucun éditeur n'avait tendu à Duperray une perche pour concrétiser son portrait. Le Préfet maritime y a mis bon ordre.

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