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Pohol, histoire de 1829 (XIV)

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XIV

Un amour d'homme

Voilà, parbleu ! un riche appartement, une belle tenture, de beaux meubles, un lit voluptueux, ma foi ! sans son manteau de soie... et puis, cette petite lampe qui.se meurt et laisse tomber sur tout cela ses débiles rayons blanchis par le verre brut qui l'entoure !... Oh ! cet appartement me plaît.

Dans ce lit une femme dort. — Est-elle jeune ou vieille? — Mais, pas très vieille, sans doute, puisque son appartement est si frais !

C'est madame de Bax. — Minuit.

Voici que les rideaux de soie de la croisée se meuvent... voici qu'un homme en sort, vêtu de noir, grand... Voici qu'il s'avance sans bruit, s'arrête auprès du lit, croise les bras et appelle : « Julie ! »

Ne tremblez pas; vous allez voir.

« Point de cris, femme ! » dit l'homme, « c'est Pohol que tu aimes et qui repoussait ton amour, comme Dieu repoussait le sien. Je t'aime aujourd'hui, et je reviens vers toi... Oh ! cela te semble un rêve, n'est-ce pas ? tu ne m'attendais pas aujourd'hui; à cette heure, jamais... regarde, c'est bien moi, pourtant !... Mais tu ne me dis rien ?... est-ce que tu as peur?... est-ce que tu n'as pas de joie à me revoir ? »

Elle avait peur, vrai Dieu! et sa main, que l'homme avait saisie et qu'il pressait dans la sienne, tremblait !

« Tu m'aimais bien Julie... je le sais, c'est pour cela que tu m'as empêché de consacrer à Dieu ma vie ; tu la voulais pour toi. Eh bien ! à toi ma vie ! mon âme, je ne te quitte plus... toujours auprès de toi... Auprès de toi toute l'éternité ! ajouta-t-i! en serrant les dents.

Mais il se remit.

(à suivre.)

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