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On a passé l'été chez Joseph Conrad et l'on se demande bien ce qui va nous pousser à sortir de son oeuvre... Au coeur des ténèbres, Lord Jim, Typhon, Nostromo, Des souvenirs, rendus par les vaillantes éditions Sillage - elles ont également republié Le Miroir de la mer et tutti quanti. On ne s'en plaint pas : voilà qui guérit d'une éventuelle velléité de se tenir informé de la vie du globe. Une épidémie, où ça ?

Ce qui serait parfait, c'est que la parution de ce billet provoque une pandémie conradienne (rêvons un peu) et il me semble que le virus double en existe déjà : c'est Au cœur des ténèbres lié à la nouvelle traduction d'Un avant-poste du progrès, sa préfiguration, son annonce inverse où l'on découvre Bouvard et Pécuchet aux prises avec les "brutes", avec les ténèbres et la sauvagerie.

C'est un texte éclairant, mais aussi éblouissant, où sont déjà installés tous les thèmes, éléments, mobiles qui exploseront Au coeur des ténèbres.

Une lecture passionnante, fort bien amenée par le traducteur. Bravo.



Joseph Conrad Un avant-poste du progrès. Traduit et présenté par Maël Renouard. - Paris, Rivages, 93 pages, 5 euros.