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Le soldat, sa future femme, les voleurs et le lieutenant en cercueil (Malaparte inédit)

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Bientôt en librairie, un texte de Malaparte resté inédit jusqu’en 2007 : Le Compagnon de voyage. Guère éloigné de la thématique abordée ailleurs par le même auteur (un soldat humble et timide incarnant une nation toute entière), ce court récit est terriblement synoptique, rapide et imagé. Un cinéaste aurait pu avoir eu l’idée de refaire ce périple en images, il était d’ailleurs écrit pour ça. Le Compagnon de voyage est âpre, dense, collectivement terrible. Un voleur de bicyclette au moment de la signature de l’armistice. Malaparte y fixe l’état de désarroi d’un pays tout entier, la déréliction de son armée, l’irruption des voleurs, les maris en allés, les femmes en exil, les convois d’orphelins, les colonnes de réfugiées et les profiteurs en action.

Plus que par la colère ou le chagrin, il semble ravagé par un sentiment plus profond, nouveau : comme si, à cet instant, pour la première fois, il voyait l’inutilité du sacrifice de ses compagnons, l’inutilité du sang versé dans ces années terribles, des larmes, de la faim, de la misère, de la peur, de toutes les humiliations de la défaite.


Calusia le Bergamasque, un soldat paysan de la dernière guerre, rescapé du débarquement allié, se plie à une parole donnée : il ramène le corps de son lieutenant à Naples, chez sa mère.
Comme d’autres périples de guerre mis sur le papier, Le Compagnon de voyage n’a qu’un rapport lointain avec La Vache et le Prisonnier



Curzio Malaparte Le Compagnon de voyage, traduit de l’italien par Carole Cavallera. — Paris, La Table ronde, 110 pages, cahier de 10 photographies, 14 euros.

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