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Réfugié dans sa librairie D'un livre l'autre (on sent l'influence célinienne), Emile Brami se sent à l'abri. Lorsqu'il sort dans la rue, qu'il parte ou revienne de son commerce, Emile Brami se met en danger. Ou bien se plaît-il à se sentir en danger. A moins, tout simplement, qu'il soit effectivement en danger. En l'occurence, c'est ce qu'il ressort de la confession qu'il donne sous le titre d'Emile l'Africain - il semblerait que la carte d'identité d'Emile Brami porte la mention "l'Africain" en guise de second prénom, choisie par son père inquiet du sort des Juifs de Tunisie (les historiens littéraires du futur n'aura qu'à vérifier ça). Là, avec beaucoup de courage, Brami met à plat l'essentiel de ses malaises, de ses manques et de ses faiblesses. Mais l'autoflagellation a toujours quelque chose de troublant, même si à travers la fable, ou une histoire vraie, on devine qu'Emile Brami se reconnaît tous les torts de l'Homme.
Mais qu'a donc Emile Brami à se fustiger ainsi ? Nous n'en dirons rien pour l'heure, car le livre ne paraîtra que le 20 août prochain. Indiquons simplement que sa faiblesse de caractère est, peut-être, la cause de tout. Faiblesse de caractère conjugué à un désir coupable. C'est donc le sentiment de la faute, de la faute grave, c'est-à-dire de la malhonnêteté humaine produite par l'aveuglement et le désir, qui a conduit à ce récit, même si l'on sent que l'opération de autodénigrement générale - tout de même appuyée - en est la souche profonde : Emile Brami ne s'aime pas. Idéalement chevaleresque, naturellement plus prosaïque et soumis aux contraintes sociales, Galaad tente donc d'être glorieux dans une tentative avortée.
Et le libraire de s'entendre apostropher d'un "Galaad, vieux salaud !" qui met les pendules à l'heure.


Emile BRAMI Emile l'Africain. - Paris, Fayard, 110 p. 12 euros. Mise en vente le 20 août.