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Image de Gengenbach

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Ernest de Gengenbach (1903-1973), qui usa aussi du pseudonyme de Jean Genbach s'est fait une solide réputation d'ésotériste provocant, ou de provocateur ésotériste. Original à coup sûr, il aimait à se promener en soutane au milieu des surréalistes — Michel Mourre sera de cette eau, lui aussi, un peu plus tard. Porté par goût de la provocation et un sens marqué de l’érotisme, il donna une singulière Papesse du diable, curiosa à tout crin, qui laissa imaginer qu'il l'avait écrit sous le pseudonyme de J. Sylvius avec Robert Desnos, qui se serait caché, lui, sous le pseudonyme de Pierre des Ruynes. Il n'en était rien, si Genbach était bien Sylvius, Pierre des Ruynes était Pierre Renaud (1894-1965), le rédacteur-en-chef du Journal de l'aventure, comme nous l'apprit Jean-José Marchand lors du colloque consacré aux Ratés de la littérature (Du Lérot, 1998)...
Parmi ses nombreux titres de gloire, on doit encore à Gengenbach une phrase restée fameuse parce qu'étonnante :

Je dois mon salut à Monsieur André Breton.


Mais un envoi de son Adieu à Satan mois notoire, néanmoins recueilli naguère, prouve que son sens politique était bien plus large et qu'il ne se limitait certes pas au surréalisme :

"A Pierre POUJADE en souhaitant que, comme ma compatriote lorraine Jeanne d'Arc, il aide la France humiliée et bafouée à reprendre conscience de sa vocation royale....."


Bref, une belle occasion de signaler l'excellente réédition de Satan à Paris par le Passage du Nord-Ouest.


Bibliographie sommaire d'Ernest Gengenbach
L’Abbé de l’abbaye, poème supernaturaliste (La Tour d’ivoire, 1927, 500 ex.)
Satan à Paris (Paris, H. Meslin, 1927)
La Papesse du diable, par J. Sylvius, P. de Ruysnes (1931)
L'expérience démoniaque racontée par frère Colomban de Jumièges (Paris, Ed. de Minuit, 1945)
Judas ou le vampire surréaliste (Paris, Editions Premières, 1949)
L'Adieu à Satan (Paris, Ecran du monde, 1952)
La Papesse du diable, par J. Sylvius , P. de Ruynes (1966)
Judas ou le Vampire surréaliste (Paris, E. Losfeld, 1970)
La Papesse du Diable (Toulouse, Ombres, 2001)
Satan à Paris (Paris, Passage du Nord-Ouest, 2003, 117 p., 13 euros)


Sur Gengenbach...
Renée Dunan, “La bibliophilie” in Le Rouge et le Noir, n° 5 (1928)
Eric Losfeld Endetté comme une mûle (Losfeld)
Jean-Paul Clébert Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs (Le Seuil, 1982)
Les Vosgiens célèbres, sous la direction d'Albert Ronsin, 1990

La Bibliothèque municipale de Saint-Dié conserve la bibliothèque de l'auteur et ses manuscrits.

Commentaires

1. Le jeudi 4 juin 2009, 09:59 par Bastien

racines vosgiennes ?

2. Le mardi 19 août 2014, 14:53 par Marc-Gabriel Malfant

Complément à la liste des oeuvres publiées d'Ernest Gengenbach :
- "Surréalisme et christianisme", à Brunoy, chez l'auteur, s.d. (1938).
- "Espis, un nouveau Lourdes", 1949.

Evocation et portrait de Gengenbach dans "L'Education d'Alphonse" et "Madame...de Saint-Sulpice" d'Alphonse Boudard (qui connut l'abbé surréaliste).

Un étudiant italien (Université de Parme), Carlo Dallospedale, en 1977, a écrit une thèse sur Gengenbach, servie par un échange épistolaire avec Gengenbach. Malgré diverses démarches, je n'arrive pas à me procurer cette thèse. Si quelqu'un peut m'y aider, je suis preneur.

3. Le mardi 7 octobre 2014, 20:36 par Court

rien sur la Correspondance de G?

MCourt

Et sur Lydie Bastien seule, rajouter le Péan

4. Le samedi 6 février 2016, 17:01 par Nana

Pour completer:
Fiona Bradley: An Oxymoronic Encounter of Surrealism and Catholicism: Ernst, Dali, Gengenbach, unpublished PhD thesis, Courtauld Institute, London
Maria Emanuela Raffi: Autobiographie et imaginaire dans l'oeuvre d'Ernest de Gengenbach, L'Harmattan 2008

5. Le vendredi 2 décembre 2016, 11:15 par ajury

La thèse de Dallospedalle consacrée à Gengenbach se trouve à la médiathèque de Saint-Dié-des-Vosges, dans les fonds Gengenbach.

L'échange épistolaire entre Gengenbach et Dallospedalle figure également dans ce fonds.

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