Les jours passent, l’heure de s’envoler approche un peu et les articles en retard, stoïques, me jettent de leur néant limbeux des regards de reproche. Faudrait s’y mettre, not’gars, qu’y disent in petto.
Vrai, va falloir.
Pour autant, difficile d’attaquer bille en tête, dès le café bu, une page d’histoire littéraire, après avoir dormi tout son soûl dans les bras de sa douce.
Aussi, le Préfet maritime s’arroge-t-il une nouvelle tasse et, fumeux, s’affale sur le perron pour regarder passer les oiseaux — parce qu’on n’a pas tous la chance d’avoir une voie ferrée à proximité.

Saine activité que la contemplation.

Accompagnée, qui plus est, d’une bonne vieille “Reverberation” de ces bons vieux 13th Floor Elevators. Le pied, la gaze, l’extase.
Décidément, “There is no reason to rise alone” (“Slip into this house”)
Afin de justifier à ses propres yeux la jouissive récompense de baignades prochaines dans une eau à 28° (oui, 28), il reprend son poste et entame la journée, non sans faire un tour chez trois zigotos à portées qui le méritent.

Nommons Roky Erickson, Robyn Hitchcock et Billy Childish.

Soit un rocker psychédélique qui manqua de rester accroché à son lustre de caravane texan (dans le désert rapporte la chronique) et voyait des alligators partout, essentiellement par nuit froide, un songwriter plutôt pop-rock issu de la scène londonienne punque, versé comme son poteau Captain Sensible dans les savoirs psychédéliques, puis, enfin, un foutraque à guitare, plume, pinceau, un peu difficile à décrire (à son compteur plus de 100 albums, 40 recueils de poèmes, 3 romans, plus de 2500 dessins et peintures — sauf que, ça, à l’évidence, ça n’est pas son fort).
Mais vous vous ferez une idée vous-mêmes.


Sachez tout de même qu’on trouve de rudement beaux tee-shirts sur le site de Roky Erickson.
Ah oui, ils font envie. Il se pourrait que le Préfet maritime abandonne son “Gabba Gabba Hey” des Ramones pour arborer cette glace framboise-chantilly plus inattendue.
Bon, alors, il prend lequel, le Préfet maritime ? Faudrait voir à se décider, on n’a pas la journée.
Il est pas mal aussi en christ halluciné revisité par Hundertwasser le Roky, non ?


Roky Erickson (avec de la musique et une merveilleuse collection d’affiches psychédéliques)

Robyn Hitchcock

Billy Childish

et, pour les fines gueules qui supportent les plats très épicés

Henry Rollins