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jeudi 5 juin 2014

Bientôt sur l'Alamblog...

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Il nous revient qu'il y a quelques années Jean Claude Bologne avait publié un recueil d'essais précieux, très drôles aussi, sous le titre de Voyage autour de ma langue (Belles-Lettres, 2001). C'est aujourd'hui au tour de Jean-Marc Vernoy de nous donner un roman sur cette question de la langue, de son étrangeté et... Suspens. Le tout sous le titre du Bout de la langue.
Le Préfet maritime y comprendra peut-être pourquoi, un certain jour d'enfance, il lui est apparu avec une frappante évidence que les noms de Tintin et de Milou sont férocement bizarres... Mais nous reviendrons sur ce livre fort estimable qui appartient à une série d'excellentes et même très excellentes lectures en cours.
Du genre qui font aimer le genre humain.
A suivre...



Jean-Marc Vernoy Le Bout de la langue. - Paris, Balland, 91 pages, 14,90 €



mardi 29 avril 2014

Ateliers de curiosité par Etienne Cornevin

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Paru à l'automne dernier, le numéro de la revue Ligeia consacrée aux "Ateliers de curiosité d'ex-Tchecoslovaquie" vaut nettement le détour.
Conçu par Étienne Cornevin, qui connaît particulièrement la région, un dossier de 220 pages très richement illustré permet de faire découvrir des artistes jusqu'ici plutôt ignoré... pour des raisons géo-politiques.
Actifs sous l'autorité soviétique pendant la période de glaciation des rapports Est-Ouest, ils n'avaient guère été examinés par la critique occidentale. C'est donc à une juste réparation que l'on assiste ici pour l’histoire de l’art moderne et contemporain, et pour l'art brut en particulier.
Déjà éditeur de Josef Váchal, Étienne Cornevin a fait œuvre utile.
Les amateurs de belles pièces et de bizarreries lui en seront reconnaissants.


Sommaire du numéro
Étienne Cornevin, Introduction latérale aux nouvelles merveilles d'artistes alicéens
Albert Marencin, L'invention du pata-surréalisme
Rudolf Fila, Peintre essayiste I et Peintre essayiste II
Rudolf Fila, Aphorismes
Otis Laubert, De la brocante considérée comme un des beaux-arts
Mäk Sorgsky, Portrait de l’artiste en chien truffier
Klára& Milan Bockay, La nostalgique futuriste & le faussaire platonicien
Peter Zajac, Le Biedermeier baroquisé de Klára Bockayova
Rudolf Fila, La radicalité sans bruit de Milan Bockay
Hermann Krankwein, Plus moins vite ! Moins plus vite !
Igor Minárik & Eva Cisárová-Mináriková, Le grand jeu des mondes parallèles & la tapisserie à voyager dans le temps
Rudolf Fila, L'atomisme cosmique d'Igor Minárik
Peter Zajac, Les tapisser hybrides d'Eva Mináriková
Étienne Cornevin, Chaosmos
Daniel Fischer, Peindre pour rendre visible
Hermann Krankwein, Hommage à la folie du courage
Rudolf Fila, Tentative de portrait d'une personnalité : Josef Váchal
Étienne Cornevin, Du bizarre un démon et la splendeur des antélivres
Rudolf Fila, Celui qui harmonise les éléments : JiríKolár
Rudolf Fila, Tout ce qui se cache sous le nom de Ladislav Novák de Trebic
Jan Svankmajer, Les derniers gardiens de phare
Jan Svankmajer, Le toucher et la vue
Hermann Krankwein, L’imagination au pouvoir
MäkSorgsky, Non tableaux d'une exposition (Frantisek Skála)
Hermann Krankwein, Celle qui fantastique (Xenia Hoffmeister)

Lors de la présentation du numéro à la Halle Saint-Pierre cet automne, un film d'Alain et WWasthie Comte avait permis de découvrir huit artistes-poètes de Slovaquie, Rudolf Fila, Otis Laubert, Daniel Fischer, Klára & Milan Bočkay, Igor Minárik & Eva Mináriková, Albert Marenčin que l'on retrouve au sommaire du numéro.

Ligeia (n° 125-128, juillet-décembre 2013, 25 €)

lundi 27 janvier 2014

L'éventreuse était une Jane

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Un catalogue plein de surprises, c'est bien celui des éditions La Dernière Goutte. La maison s'est fait une spécialité depuis un lustre des textes bizarres et sombres, des univers étranges. On n'est donc guère étonné d'y voir surgir une traduction d'Anne-Sylvie Homassel, non plus que le sujet d'icelle : Jane l'éventreuse.
Enfer, sécria la duchesse est un roman de Michael Arlen (1895-1956), Bulgare d'origine arménienne (il se nomme Dikran Kouyoumdjian) émigré en Angleterre dans sa prime enfance, naturalisé en 1922, homme de lettres à succès (1) et scénariste, notamment, de la série présentée par Alfred Hitchcock - jolie carte de visite. Ce livre est une très belle pièce de comédie à l'anglaise, ce genre si délicat qui, comme les fraises, ne voyage pas toujours bien. Rares sont les livres aussi drôlement caustiques, aussi ironiquement gais.
Quel est le propos ? Alertés par une rumeur désignant une timide aristocrate à petit crâne (l'auteur insiste) comme responsable de crimes infâmes - et de mœurs tapageusement dissolus (avec des communistes, dans des bars louches) -, un enquêteur sarcastique qui refuse d'imaginer la culpabilité d'une aristocrate et un militaire à la retraite cousin de la jeune femme mise en cause vont filer le véritable coupable - ce dernier étant taillé Méchant XXL, les Anglais adorent ça (cf. Fu Manchu et consorts) - leur quête servant de vecteur, naturellement, à une satire sociale bien vinaigrée. Très bien même.
Aussi, à l'heure où nous bassinent les médias de totaux erronés et de lacets cassés, un bol de phrases hilarant devrait satisfaire tous les alamblogonautes un tant soi peu soucieux de leur humeur, qui constateront que l'année commence bien.

Et ensuite, objecta Wingless, que voulez-vous que nous fassions ? Lui demander son avis sur le contrôle des naissances et le traiter d'ordure s'il ne nous répond pas avec la bonne grâce requise ?





Michael Arlen Enfer, s'écria la duchesse. - La Dernière Goutte, 2013, 150 pages, 15 €


(1) vient de reparaître son Chapeau vert (Salvy, 1992 ; 10/18, 1999 ; Belles-Lettres, 2013).

dimanche 5 janvier 2014

Sagesse d'Audiberti (IV)

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Épuisé pour des raisons que son éditeur aura du mal à justifier, l'un des très grands livres de Jacques Audiberti, Le Maître de Milan contient des pages mirobolantes.
Et mirobolantes à tel point que Jacques Baratier avait prévu d'en faire un film avec, au scénario Yves Martin, lequel Yves, je m'en souviens comme si c'était hier, pestait contre les réveils à 5 heures auxquels le contraignait le réalisateur...
Dans ce livre formidable, on avance de ravissements en ravissements. Faut-il insister ?

Les lettres ne venaient plus. Mais le journal, chaque matin, était là. De même que la pensée inépuisable des écrivains et des philosophes perpétrait des variations à la fois tendues, inquiètes et satisfaites sur les facettes pittoresques du monde, de même les humbles personnes vivantes d'une manière non moins géniale et inépuisable, s'arrangeaient pour fabriquer, au moeyn de leurs souffrances, tribulations et bizarreries, une oeuvres immense et collective au jour le jour.
"Voyez-vous, Vladislao, un numéro réussi d'un quotidien ou d'un hebdomadaire me paraît, dans l'ensemble, plus près de la grandeur et de la force de Dante et, en mêmet emps, plus près de cette autre grandeur humble et anonyme façonnée, chaque jour, par les mains des plombiers, boulangers, cordonniers, que tous nos pauvres petits grands écrivains du moment, ravagés par deux sentiments contradictoires. Ils se ressentent, d'une part, l'un dans l'autre, comme une élite, une sorte d'île sacrée émergeant de l'ignorance et de la vulgarité. D'autre part, ils souhaitent que leur pensée dissolve et abolisse cette vulgarité de laquelle ils s'efforcent d'obtenir les mêmes avcantages que les commerçant de leur clientèle."
Vladislao hennissait d'approbation.



Jacques Audiberti Le Maître de Milan (1950). - Moult exemplaires de l'édition Le Livre de Poche de l'excellente année 1967 se languissent de vous.

vendredi 11 octobre 2013

Légère bibliographie très lacunaire des Clubs imaginaires

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C'est en forme de clin d’œil à la parution du Club des neurasthéniques de René Dalize et après lecture de "Ceci n'est pas un conte" de Fagus (1), que nous initions ici une sorte de recueil sans fin, composé de bribes issues d'un sac sans fond...
C'est en remarquant que l'esprit humain n'a de cesse d'imaginer des sociétés qu'il nous est apparu que parmi les béquilles utilisées par les fictionneurs, celle du "club" était pleine de ressort. Et l'on imagine ce que peut produire une béquille à ressort... Ainsi, voici ce qu'imaginait pour point de départ Fagus à propos du XXe sauvage...

L'Académie Martin-Nadaud n'admet en soin sein que des Bellevillois d'origine, au nombre de 13, afin de signifier son mépris de la superstition.

Réunie du côté de Saint-Fargeau dans un débit apparemment disparu, cette Académie a tout du club à vocation scientifique, d'où son intitulé "académique", justement. Mais ça n'est jamais qu'un exemple de ces clubs, sociétés, associations à buts véritablement innombrables qui poussèrent dans les imaginations les plus poilues - faisant écho à la sociabilité ancienne perdue des salons (et cénacles dont nous allons avoir l'occasion de parler bientôt) qui, après avoir fleuri au XVIIIe siècle moururent avec Aurel et ses comtesses compassées, et même avec André Breton, qui jouait après-guerre place de Clichy à ces jeux poussiéreux avec ses baronnes flétries.
Les femmes du reste peuvent à l'occasion s'adonner avec délice à ces compositions. Ainsi de Marie Laurence inventant le "Cat-club". la plus célèbre de ces constructions imaginaires n'est bien évidemment autre que le Club des Haschishins, qui ne peut qu'évoquer le Vieux de la montagne en guise de détenteur de pouvoirs mystérieux. Y fréquentait Louis Ménard en même temps que Flaubert. Savant, peintre, poète, philosophe, helléniste et chimiste. Parangon de l'intellectuel artiste complet du XIXe siècle, il était l’ami d’enfance de Baudelaire qui l'avait initié au haschisch et invité à participer avec lui aux réunions du Club des Hashischins.
Autre club (réel) célèbre, celui que décrit méchamment par Barbey d'Aurevilly lorsqu'il s'en prend aux "Bas-bleus" : « Ce n’est plus, comme du temps d’Addison, un petit club de péronnelles, beaux esprits dans un coin ignoré de Londres ; un petit club dans ce pays du Club, où, dès qu’on est trois, on en fait un ; où l’on en fait pour boire du thé et pour siroter son Porto, car, en Angleterre, on a jusqu’au Club des siroteurs ! (2) »
Et puis, au-delà des clubs révolutionnaires, on n'en finirait pas de citer, réels ou idéels, le Club des amis de la nature (Champfleury dans les cafés de 1848), le Club des Quidagams (Frédéric Berthet, Daimler s’en va, 1988), le Club des invincibles (Marcel Idiers Un apprenti parisien autour du monde, 1922), le Club des buveurs de sperme (Robert Desnos, La Liberté ou l’amour, 1927), sans parler des créations de Louis Forest, d'Edmond Jaloux, Jean Cassou, Francis de Miomandre et Marcel Brion, participant du "renouveau romantique" avec leur Brambilla-Club au milieu des années 1920... Et le domaine des enfantinas n'est pas épargné, puisque S. L. Prévost produisit Le Club des Culottés (Alsatia, 1945), qu'il faisait suivre, il est vrai, de La Galipote de Comberousse'' avec des illustrations de Igor Armstam.
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Le club mène à tout. Son ressort comique est indéniable. Il est le parfait support de l'imagination fictionnelle et va servir tant et plus, notamment chez les grands fantasques. Albert Robida au premier chef imaginant le "Club des Billes de Billard" dans La Grande Mascarade parisienne (Librairie illustrée) Conseil de révision du club.

— Qu'est-ce que les Billes de billard, mon bon ?
— Les Billes de billard ? mais tu n'as pas encore besoin de connaître ça, tu ne te déplumes pas encore...
— Dis tout de même.
— Eh bien, c'est le club à papa, le club des Billes de billard, ainsi nommé parce qu'il faut posséder un crâne dépouillé par la calvitie pour être admis à l'honneur d'en faire partie. Aristocratie, finance, arts, lettres et sciences, tous les mondes sont représentés aux Billes de billard par des crânes d'élite; fronts hautains de grandes races, sur lesquels ont passé tous les ouragans de la vie, rasant les folles mèches, de la jeunesse, fauchant les illusions et dévastant le cuir chevelu ! Fronts de la Fricottière ravagés par une haute et joyeuse vie, fronts bombés de vieux savants, crânes pointus d'hommes politiques, genoux farceurs de gens de lettres, il y a de tout au club des Billes ! Et tous ces crânes se consolent entre eux par de joyeux dîners hebdomadaires, dont papa, en sa qualité de.président, fait le plus bel ornement! — Je voudrais bien voir ça, un dîner de Billes de billard !
— Trop jeune, mon petit, tu n'as pas le genou d'ordonnance.
-—Avec la protection ?
— Impossible 1 Moi-même, fils de mon auguste père, président de la société, je n'ai jamais pu me faire inviter au club. Ah! mais, le comité est strict ! Pour être reçu aspirant Bille de billard, il faut présenter au comité d'examen un commencement de.calvitie. S.'il est suffisant, on est admis aux dîners tous les mois d'abord, puis tous les quinze jours, mais on ne dîne pas à la grande table, on dîne à la table des petits. C'est que l'on a le sentiment de la hiérarchie, aux Billes de billard! Et tous les trois mois, conseil de révision, les aspirants comparaissent devant le bureau pour Taire vérifier leur calvitie; si les cheveux repoussent, on est honteusement chassé, tandis que si la calvitie se dessine plus majestueusement, on reçoit les éloges de papa et l'on monte en grade.
— Charmant ! fit Cabassol, ainsi pas d'espoir pour moi... Mes cheveux tiennent encore trop... (...)



et plus loin, voici le Rouletabosse Club, qui ne manque pas d'être plus original encore :
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Le matelot Kirkson, parti pour Londres avec trois millions dans sa poche, s'était comme Tournesol à Paris, lancé dans la haute vie; il avait, dès son arrivée, fondé un club, le Rouletabosse Club, club original qui ne possédait aucun palais ni même aucun domicile, puisqu'il avait été établi avec sept membres fondateurs d'abord, dans un grand omnibus soigneusement aménagé, qui roulait jour et nuit sur le pavé de Londres.
Kirkson, habitué à la vie nomade, ne pouvait plus se résigner à pénétrer dans aucune maison, les grands restaurants mis à part; son idée avait eu du succès; en peu de jours, le Roulelabosse-Club avait compté quatre omnibus et trente membres. On marchait toujours; toutes les trois ou quatre heures on s'arrêtait, autant que possible, dans un restaurant aristocratique, el l'on prenait un repas quelconque, déjeuner, diner ou souper. En quittanl le restaurant, on munissait les voitures d'une raisonnable quantité de bouteilles de-Champagne, liqueur affectionnée par Kirkson, et l'on égayait l'intervalle des repas par des libations répétées.
Bien entendu, les quatre omnibus du Rouletabosse-Club eurent bien des fois maille à partir avec les policemen; mais comment se fâcher avec de pareils gaillards ? (...)

La liste qui suit n'est qu'un avorton qui mériterait d'être étayé. Pour l'heure, elle a le charme de l'humour par accumulation.

Liste quelconque de clubs imaginaires
"Le Club des mendiants" (nouvelle de Louis Lurine, Ici, l'on aime, 1854, V. Lecou)
Le Club des Trois (Tod Robbins, Nouvelle librairie française, 1933)
Le Club des hétérosophes (Frédérick Tristan, Monsieur l’Enfant et le cercle des bavards, Fayard, 2006).
Le Club des quatre, évidemment
Le Club des cinq, pareillement
"Le Club des bonnes gens, ou des Braconniers" (Scènes de la vie joyeuse)
Le Club des conspirateurs
Le CLub des coquins (Alexis Bouvier, E. Dentu, 1880 Gallica)
Le Club des morts (Jules Lermina, premier volume du roman Les Loups de Paris)
Le Club des Désoeuvrés (Jules-A. David, Werdet, 1838)
Le Club des corbeaux (Francis Didelot, Lib. Champs-Elysées, 1978)
Le Club des Détectives (Anthony Berkeley, Rieder, 1932)
Le Club des Cadavres (Edward Brooker, Les Editions et Revues françaises, 1946)
Le Club des Suicidés (Gabriel Silaine, Ed. du Scorpion, 1960)
Le Club des Malsains (Fleuve noir)
Le Club du bonheur (Maigret ?)
Le Club des fous (Chesterton)
Le Club des métiers bizarres (Chesteron)
Le Club des parricides (Ambrose Bierce, nlle éd. Sillage, 2007)
Le Club des Loufoques (Pierre Dac)
Le Club des Cancres (André Dhôtel, 2007)
Le Club des tueurs de lettres (Sigismund Krzyzanowski, Verdier, 1993)
Le Club des Egarées
Le Club des Infidèles (Carrie Karasyov, Fleuve noir, 2009)
Le Club des Invincibles (Marcel Idiers, France-Edition, 1922 "Les Beaux romans d'aventure")
Le Club des Etranglés
Le Club des Hachichins (Théophile Gautier, "Revue des Deux Mondes" du 1er février 1846 ; Rééd. L'Herne 2013)
Le Club des Célibataires par Jean Sermine (F. Rouff, 1931) puis, sous le même titre : Le Club des Célibataires (Charles-Roger Dessort, surnommé "Coquin Dessort", Tallandier, 1932 et, curieusement, même sous-titre chez le même éditeur, en 1933 pour Le Besoin d'être aimée de Michel Poitou).
Le Club des incorrigibles optimistes
Le Club des conspirateurs
Le Club des inconsolables
Le Club des philosophes amateurs (Alexander McCall Smith, 10-18, 2006)
Le Club des Menteurs (Celeste Bradley, J'ai lu)
Le Club des morts en sursis (Hugh Pentecost, The Obituary Club, Trévise, 1960)

Roman légers ou inavouables
Le Club des courtisanes (Irène de Chaubert, 1970)
Le Club des perversités conjugales (Anouk Gil, 2005)
Le Club des dames lubriques
Le Club des Cornards (Louis de Revigny, Prima, 1930)

Filmographie
Nick Carter - Le club des suicidés (1909)
Le club des suicidés (1912)
Le Club des suicidés (kloub nravstvennosti / Клуб нравственности ) d'Evgueni Bauer (1915)
Le club des nymphos (X)



A suivre...


Illustration du billet Philippe Favier, issue de l'article d'Elisabeth Franck-Dumas



(1) Issu du Catalogue de la librairie du Sandre où il est reproduit intégralement.
(2) Jules Barbey d’Aurevilly, « Les Bas-bleus », Le Nain Jaune, 7 janvier 1866 ; Les Ridicules du temps (Royveure et Blond, 1883) ; Les Bas-bleus et autres Ridicules du temps, Obsidiane, coll. « Les placets invectifs », p. 33.

lundi 20 mai 2013

† Michel Laclos (1926-2013)

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Né en 1926 à Troyes, Michel Laclos s’était installé à Paris dans les années 1940 avec l'ambition de devenir comédien.

De petits boulots en petits rôles, il découvre la littérature à la librairie du Minotaure où il trouve à s'embaucher, avant de piger pour Combat et Paris Jour.

Surtout il fonde la revue Bizarre dont l'Alamblog a donné la bibliographie, qu'il dirige durant quinze ans.

Et puis il se lance comme cruciverbiste en 1972 ("cruciverbiste décapant", disent les amateurs), spécialité qui lui vaut d'entrer au Figaro.

Il laisse, outre la revue Bizarre qui s'est d'ores et déjà inscrite comme l'un des grands moments culturels du XXe siècle français, différents livres relatifs à l'humour (Cami, etc.) ou au cinéma (Jeanne Moreau, le cinéma fantastique, etc.). Bibliographie à venir peut-être...

mardi 26 mars 2013

Clubs de l’ancien et du nouveau monde (1912)

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Pour fêter à l'avance la parution d'un inédit somptueux dans la collection l'Alambic, inédité, somptueux et formidable, voici un article de Paul de Mirecourt sur les "Clubs", ces curieux vecteurs de la sociabilité d'autrefois.

Clubs de l’ancien et du nouveau monde

Le scandale policier de New-York fait se porter l'attention du public sur les clubs américains en particuliers et sur tous en général. Paris, comme New-york, a ses cercles et ses tripots. Il n'est pas de mois où la presse ne rende compte d'une descente du commissaire de la brigade spéciale dans quelque club interlope où le jeu est le motif véritable de la réunion.
il est cependant d’autres cercles dont les motifs sont avouables : la nature humaine, plus frivole que sage, détestant la solitude, on fonde des clubs, des cercles, on élabore des statuts — tous les motifs sont bons à des réunions — et des gens ayant les mêmes pensées, les mêmes désir, les mêmes goûts, les m^mes défauts ou les mêmes vertus, se trouvent réunis. En politique chaque parti a son cercle, les provinciaux se retrouvent dans le leur, les amateurs de jambon se réunissent une fois pas an pour manger leur plat préférés, les sourds, les entêtés, les extravagants, les endormis se réunissaient en Italie au dix-huitième siècle en vertu du populaire dicton : « Plus on est de fous, plus on rit. »
Clubs américains
L’Amérique, et les États-Unis en particulier, semble avoir, jusqu'à présent, pour ses clubs et pour ses cercles le monopole de l'excentricité. Il y a quelques années, les femmes américaines médecins, qui sont assez nombreuses, fondèrent un cercle. Il s'agissait de se distinguer des hommes. Elles organisèrent donc un grand banquet où le genre masculin était exclu sans pitié. Ce banquet était le plus original qui soit. Dans la salle, l es murs n'étaient ornés que de squelettes et de bocaux contenant des fœtus ou des débris humains. La table était ornée de guirlandes de fleurs figurant la circulation veineuse et artérielle.
Pour le service, l'argenterie se composait de lancettes, de spatules, de bistouris, de pinces, de sondes. Quant aux bombes glacées, faciles à manipuler, elles affectèrent les formes les plus bizarres des préparations anatomiques.
On affirme que, chaque année, le dîner qui se termine par un De Profundis, chanté en chœur, est des plus gais.
A New-York, il se fonda, il y a de nombreuses années, le cercle des Women-Haters "ennemis des femmes". Les membres ne devaient pas se marier, faisaient vœu de chasteté, juraient de ne pas prendre de domestiques femmes (c'est l'expression employée) et de ne pas recherche la société des femmes. Un seul membre viola ses vœux en vingt ans.
Un autre club était celui de la politesse. Les membres arboraient à leur boutonnière un bouton bleu avec les initiales L. P.
"Place aux dames" était leur devise et ils s'engageaient à céder leurs places des les trains, tramways, omnibus ou endroits publics, aux dames et aux demoiselles. Puis c'est le "Club du silence", fondé par Mrs Issac Rice, qui voulait empêcher le bruit de la rue.
A Vebster (Iowa), en Amérique, se fonda enfin le club de l'Eternelle Jeunesse, qui avait pour but la prolongation de la vie. Y était à l'amende tout membre qui se "laissait aller" à être malade. La première fois, cette s'élevait de un à dix dollars. La deuxième fois, on prononçait l'expulsion temporaire et a troisième fois l'expulsion définitive.
On lit, dans les statuts, cette formule qui ne manque de saveur :
"Tous les membres, au moment de leur réception devront s'engager à soutenir, en vers et contre tous, que la maladie, la vieillesse et la mort ne sont autre chose que de mauvaises habitudes contre lesquelles il faut réagir."
En Turquie.
Dans la collection des firmans, déposés à l'Académie impériale des langues orientales de Vienne, on trouve un document signé et paraphé par El-Hadj-Ali, le vingt-troisième jour de la lune de djémasi-el-ewwel 1216 (1800), qui n'est autre que les statuts de la fameuse corporation des pique-assiettes, légalement reconnue en Turquie.
Il était dit dans ces statuts : "Que les personnes qui prenaient le titre de "parasites" devaient, en entrant chez les grands, baiser le pan de leur robe et s'asseoir sur un petit matelas près de la table à manger. Ils devaient, pendant le repos amuser la société en tenant des propos gais; éviter les expressions triviales et le moindre mot offensant : applaudir avec la plus grande dissimulation tous les discours du maître dlea maison ; manger les restes avec la même propreté que lui; enfin, ne jamais tendre la main vers le plus, même lorsqu'on l'emportait."
En France.
Chez nous, il y eut autrefois bon nombre de ces cercles ou clubs bizarres. A Vichy existe la Société « de l’Araignée dans le plafond ». Henri de Lorrain, comte d’Harcourt, avec quelques viveurs de ses amis, avant fondé la « Confrérie dus Monosyllabes ». Un sobriquet n’ayant qu’une syllabe était donné à chacun des membres. Le fondateur, qui était de forte corpulence, s’appelait : « Rond », Saint-Amand s’appelait « Gros », un autre « Vieux », etc.
Il y a sous Philippe V, la « Ligue des Amants », la Club des « Hommes gras », des « Gratte-sous ». Enfin, le « Club des gobes-mouches », qui sévissait au Pont-Neuf et dont les membres étaient tenus de rapport tous les bruits ridicules de la ville. Le local s’appelait « la Riche » ; le sceau du club était une mouche en relief avec mot « gobe » et cette devise : Quid novi ? Charles Nodier en fut longtemps le président. Presque tous ces clubs ont évidemment disparu : on s’unit maintenant pour des choses plus sérieuses, et aussi, hélas ! pour d’autres moins morales.

Paul de Mirecourt.

Paris-Midi, dimanche 11 août 1912, p. 1.



Illustration du billet : fragment d'une œuvre de scamparo ravi un soir (photographie de Draco Semlich, 2013).

lundi 31 décembre 2012

Le Vent d'Anatolie (1995)

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Pour finir l'année en beauté, rien de tel qu'une merveille. ça vous gonfle les voiles, ça vous épastroufle, ça vous donne une énergie incroyable.
Puisque nous avions le choix (aucune pression possible sur notre île ; le wharf est désert depuis des semaines), nous avons décidé de vous proposer Le Vent d'Anatolie de la Grecque Zyrànna Zatèli.

Comme vous le constaterez après avoir déboulé chez votre libraire, Le Vent d'Anatolie est de la catégorie des grandes merveilles de petit format — c'est une nouvelle — et son traducteur même en fait la promotion sur le site Lekti. Rien d'éhonté à son propos d'ailleurs, Michel Volkovitch n'est pas homme à se répandre en banalités, ou à se fourvoyer en mercatique. Ce qu'il annonce du petit livre est une simple vérité : ce récit est une pure merveille qui réconcilie avec la littérature traduite qui ne le serait pas.

Renouant avec la mythologie éteinte, Zatèli convoque une vieille femme assise dans une cour, au fond d'une ruelle, environnée d'un nimbe doré, rémanence d'un temps perdu. Ses bizarreries d'être solitaire mêlées aux souvenirs de sa jeunesse enfuie toilent le récit composé par une enfant chargée de lui apporter à manger.

Imperceptibles et fascinantes magies mêlées au souffle de la mort qui vient doucement, mais s'annonce depuis longtemps...



Zyrànna Zatèli Le Vent d'Anatolie. Traduit du grec par Michel Volkovitch, Quidam, coll. Poche, 2012, 5 €



samedi 15 septembre 2012

Bibliographie lacunaire des éditions des Quatre Vents

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Si le parcours d'Henri Parisot n'est plus inconnu (cf. article préfectoral), grâce, notamment, à la très nourrissante bibliographie de ses éditions établie par Maurice Imbert en 2003 (Henri Parisot, passeur, 1908-1979, Tusson, s.n.), il s'en faut que le catalogue de la maison Les Quatre Vents soit tout à fait notoire. C'est pourquoi l'Alamblog vous propose cette Bibliographie lacunaire des Éditions des Quatre Vents. Fondée par Henri Molko en 1944, la maison est vite confiée à Henri Parisot, qui y produit quelques très bons livres, maintient sa revue à un excellent niveau et accueille des auteurs comme Henri Calet, Jacques Audiberti, ou encore Claude Seignolle à un moment-clé de leur carrière et pour des ouvrages considérables.
La maison fait néanmoins faillite en 1948 après avoir mis en œuvre les collections suivantes :
Echec et Mat. Collection de romans policiers dirigée par Ch. B. Descorps.
Belle Histoire
La Renommée
Arlequin
La Vie romancière
Hors les murs, collection d'auteurs étrangers
Les Classiques de l'enfance
Les Maîtres du fantastique (dir. Henri Parisot)
En marge (dir. Henri Parisot)
L'Olympe russe
clasenfan.jpg Il faut signaler que dès 1933 Deux ans à Constantinople, le journal d'un peintre d'Alexis Gritchenko paraissait à l'enseigne des éditions "Quatre Vents", une marque que l'on retrouve en 1941 en Belgique sur des ouvrage de Paul Neuhuys, par exemple.
Quant à La revue Les Quatre Vents, créée et dirigée par Henri Parisot, d'abord équipée du sous-titre "Revue mensuelle publiée par le Centre 'Jeune France' de Tunisie", elle parût de novembre 1941 à juin 1947. Le numéro inaugural contenait des contributions de Philippe Soupault, J. Amrouche à propos de la poésie de R.M. Rilke, J. de Baroncelli, G. Picabia, entre autres, avec une illustration de J. Maxwell. C'est à l'évidence l'une des meilleures revues littéraires de l'époque, avec 84 dont nous aurons l'occasion de parler ici prochainement.
Les numéros marquants tournent tous autour du ou des thèmes de prédilection de Parisot. A savoir le n° IV (L’Évidence surréaliste, 1946), le VI (L'Imagination poétique, mai 1946), le VII (Merveilleux et Poésie romantiques, 1946) et le n° VIII (Le Langage surréaliste, 1947) avec des contributions de Duchamp, Breton, Artaud, Arp, Peret, Leiris, Gisèle Prassinos, André Frédérique, Maurice Blanchard, Georges Roux, Paul Colinet, Georges Henein et Dorothea Tanning, etc.


Catalogue



Alphonse Allais Les Templiers. - Paris, Éditions des Quatre Vents , 1947, 247 p.

Antonio Aniante Né sur le Mont Gibel. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1946, 309 p. collection "La vie Romancière" (n° 5)

Étienne Anthérieu Le Drame de l'armée d'armistice. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1946, 139 p.

Jacques Audiberti La Bête noire. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1945, 118 p. coll. "Arlequin" (n° 2)

François Bannelier Pré-Saint-Benoit. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1947, 250 p.

Georges Bataille L'Orestie. - Paris, Éditions des Quatre Vents 1945, 86 p. 260 exemplaires dont 175 exemplaires numérotés sur papier nacré.

Bernardin de Saint-Pierre Paul et Virginie. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1945, 160 pages. Edition de luxe sur papier Velin d'Isère, en feuilles sous chemise rempliée. Illustrations couleurs de Cheriane.

Ambrose Bierce Au cœur de la vie. Histoires de soldats et de civils, traduit de l'américain par Jacques Papy. - Paris, Editions des Quatre Vents (impr. de G. Desgranchamps), 1947, 236 p. coll. "Hors les murs" (n° 6)

Nicolas Bogdanov Un Concile d'Amis. Roman traduit du russe par R. Hofmann. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 332 p. coll. "Hors les Murs" (n° 3).

Gaston Bonheur Les Dieux au village, pièce en 3 actes (Castelsarrazin, Collège mixte, 16 avril 1943.) Dessins de George Annenkoff. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1945, 141 p., fig., couv. en coul., colln Arlequin (n° 1)

Paul Bringuier Le Bon Dieu fait payer d'avance. Préface de Joseph Kessel. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1946, IV-199 p. coll. "La Vie romancière" (n° 4).

QBBronte.jpg Charlotte Brontë Le Sortilège, 1834, traduit de l'anglais par Yvonne Ryall, introduction de George Edwin MacLean. - Paris, Les Éditions des Quatre Vents, Paris, 1946, 197 pages. 100 exemplaires tirés sur pur fil Lafuma des Papeteries Navarre. Coll. "Hors les Murs" (n° 1)

Henri Calet Les murs de Fresnes. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1945; in-8, 109 p., cartonnage illustré de l'éditeur. Bon exemplaire. illustrations en noir.

Lewis Carroll Le Morse et le Charpentier. - Paris, Éditions des Quatre Vents, s.d., 12 p. Brochure 135/180 mm agrafée. Edition originale de la traduction française, avant celle parue chez G.L.M. en 1949.

Henriette Chandet Charlotte et Maximilien. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1945, 248 p. coll. « Belle Histoire » (n° 2) broché, 248 pages ; couverture illustrée en couleurs.
QChandet.jpg --- La Série rouge. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1946, 256 p. coll. "La Vie romancière" (n° 2).
--- Sophie Dawes, roman. - Paris, les Éditions des Quatre Vents (Avignon, impr. de Rullière), 1947, 333 p. Coll. "Belle histoire" (n° 4).

Madame de La Fayette La Princesse de Clèves. - Paris, Éditions des Quatre Vents, s d., 326 pages. Edition nouvelle précédé du"lundi" consacré à l'auteur par Sainte-Beuve.

Jean Cocteau Poésie critique. Choix de textes par Henri Parisot. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1944, 217 p. Couverture illustrée rempliée, non coupé, dessin en frontispice par Cocteau. Edition en partie originale. 110 exemplaires numérotés sur vélin pur fil Lafuma. Contient : Le Coq et l'arlequin, Carte blanche, Visites à Maurice Barrès, Le Secret professionnel, D'un ordre considéré comme une anarchie, Picasso, Le Mystère laïc, Opium, Des beaux-arts considérés comme un assassinat, Quelques articles.
--- Le Sang d'un poète : film.

Émile de la Bédollière La Mère Michel et son chat. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1936 ; 1946, 132 p. coll. "Les Classiques de l'enfance" (n° 2), 132 p., cartonnage de l'éditeur. Illustrations de François Estachy. avec jaquette.

Alexandre Dumas La Bouillie de la comtesse Berthe. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1946, 142 p. Cartonnage éditeu avec illustration dorée sur toile bleue. Nombreuses illustrations en noir et blanc dans le texte par George de Miré. coll. "Les Classiques de l'enfance" (n° 1).

Eugène Fromentin Dominique. Edition nouvelle précédée des deux "lundis" consacrés à l'auteur par Sainte-Beuve. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1947, 383 pages. coll. "La libraire romanesque".

René Gilson Jean Cocteau cinéaste. - Paris, Editions des Quatre Vents, 158 p. couverture illustree. Illustrations en noir in-texte.

Paul Gordeaux Contes de Madame. Préface de Marcel Pagnol. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 223 p. coll. "La Vie romancière" (n° 3).

Emily Hahn Les Marches du soleil. Traduit de l'américain par Ch.-B. Descoprs - Paris, Editions des Quatre vents, 1946, 316 p. Coll. 'Hors les murs (n° 2).

QHeberden.jpgHeberden (M. V.) - Meurtre en habit. Traduit de l'américain par Ch.-B. Descorps. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1947. coll. "Echec et mat" (n° 2).

Maurice Limat Chant d'amour sur le Mékong. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1944, 24 p., broché, couverture illustrée. Histoire d'amour entre une Française et un Cambodgien.

Amelia Reynolds Long. L'Assassin est innocent, traduit de l'américain par Ch.-B. Descorps. - Paris, Éditions des Quatre Vents (Impr. les Presses continentales), 1946, 246 p. "Echec et mat" (n° 1).

Paul Lorenz Le Seconde Eurydice. Frontispice d'Antoine Bourdelle. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1945, 66 p. broché sous couverture imprimée en 2 couleurs, rempliée. Frontispice d'Antoine Bourdelle, lithographié par François Desnoyers. 195 exemplaires numérotés sur nacré teinté, dont 20 hors commerce numérotés. A obtenu le Prix Mallarmé. Paul Lorenz était un élève de Paul Valéry.
-- Aurore de Koenigsmark. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1945, 187 p., coll. « Belle Histoire » (n° 1).
-- Notre-Dame de Thermidor. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 251 p. coll. « Belle Histoire » (n° 3).

QMabille.jpgPierre Mabille Le Merveilleux. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 93 p. Frontispice de Victor Brauner, hors texte de Jacques Herold.

Lokis.jpgProsper Mérimée Lokis, suivi de La Vénus d'Ille et de Djoûmane. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 192 p. coll. "Les Maitres du Fantastiques. 20 exemplaires sur pur fil Lafuma dont 10 HC.Très belle couverture (non signée) dans le goût surréaliste (Max Ernst ?).

Jules Michelet La Sorcière, texte intégral avec l'avant-propos de Ad(olphe) van Bever. Préface de Georges Bataille. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1946, 365 p. Un tiré-à-part de la préface a été tiré (cf. la bibliographie de Maurice Humbert).

QMonnier.jpgThyde Monnier Il n'y a plus d'Harmonicas. - Paris, Les Éditions des Quatre Vents, 1946, 285 p.

John Moore Une poignée d'innocents, traduit de l'américain par Pierre Laisné. - Paris, les Éditions des Quatre Vents, 1947, 245 p. coll. "Hors les murs" (n° 5).

Charles Nodier Smarra ou les Démons de la nuit, suivi de Trilby, et de Une heure ou la Vision. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946 (a. i. 20 novembre 1946), 214 p. 20 vélin dont 10 HC

Marina Paul-Bousquet Morne-Vent. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 216 p.couverture rempliée.

Alexis Pernau Les Grands Arbres. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 290 p.

Jean Roissard Manière blanche. - Paris, Editions des Quatre Vents, 1946, 308 p.

Antoine de Rivarol De l'universalité de la langue française. Préface de Georges Duhamel. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1946 (Impr. la Ruche), XVIII-101 p.

Claude Seignolle Le Rond des sorciers. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1945, 186 p. coll. "La Vie romancière" (n° 1).
-- Marie la louve, roman. - Paris, Éditions des Quatre Vents (Clermont-Ferrand, impr. de Mont-Louis), 1947, 293 p.coll. "La Vie romancière" (n° 6).

William Shakespeare Douze sonnets traduits de l'anglais et présentés par Maurice Blanchard. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1944, 17 p.

Bram Stoker Dracula. Traduit par Eve et Lucie Paul-Margueritte. - Paris, Les Quatre Vents, 1946 (a. i. 10 mars 1946), coll. "Les Maitres du Fantastique". 20 vélin pur fil Lafuma dont 10 HC. Deuxième édition de cette traduction.



B. Temiriaseff Fâcheuse Aventure, pièce en 8 tableaux d'après Th. M. Dostoïevsky. Adaptation française de Robert Dol. Études de maquillage de G. Annenkoff. - Paris, Éditions des Quatre-Vents, 1946, 133 p. figure et pl.coll. "Arlequin" (n° 3).

Alexis Tolstoï La Meute du tsar. Traduit du russe par Jean Delforges. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1947, 319 p. coll. "Hors les murs" (n° 4).

André Trofimoff Poètes français avant Ronsard. Au jardin des Muses Françaises. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1947, 358 p.

Pierre Van Paassen L'Alliée oubliée. Traduit de l'américain par Jacques Papy. - Paris, Éditions des Quatre Vents, 1947, 333 p. coll. "Hors les murs" (n° 7)
__ Coédition__
Marcial Retuerto Deux de plus. préface de J. Babelon. - P. Editions J. Susse, « collection d'auteurs étrangers, Aux Quatre Vents », 1944, 372 p.

Par la suite, parurent encore sous cette marque, mais chez Flammarion, des brochures comme L'Asperge, culture et récolte (Flammarion, "Aux quatre vents", 1955, 30 p.), ou bien encore Le Raisin de table (Flammarion, Aux quatre vents, Le Livre qui rapporte (sic), 1957), etc.


Complément roboratif fourni par le libraire et Bibliographe Patrick Fréchet (30 septembre 2012)

Achim d'Arnim, Contes bizarres, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 18
Honoré de Balzac, Séraphita, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 14
Gaston Bonheur, Du Rêve à la Une, coll. « La Vie romancière »
Abbé de Choisy, Histoire de Madame la comtesse des Barres
Abbé de Choisy, Histoire de Madame de Sancy
Dostoïevski, Scandaleuse histoire, traduit par A. Remisoff et J. Chuzeville, Préface de Luc Durtain, ill. de Georges Annenkoff, coll. « L'Olympe Russe »
Nathaniel Hawthorne, Septimius Felton, traduit par Charles Cestre, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 4
E.T.A. Hoffmann, Maître Floh, traduit par Loëve Veimars, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 5
Shéridan Le Fanu, Ferelith, traduit par Georgette Camille, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 11
S.M.G. Lewis, Le Moine, traduit par Léon de Wailly, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 8
Longus, Daphnis et Chloé, ill. de Pierre Contier, coll. « La Renommée »
Guy de Maupassant, Onze histoires fantastiques, choisies par Henri Parisot, ill. par Mario Prassinos, coll. « En marge »
Jacques Morsang, Tournants, coll. « Nouveautés romanesques », juin 1947
Gérard de Nerval, La Métempsychose, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 12
Fitz James O'Brien, Contes fantastiques, traduit par Jacques Papy, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 10
Edgar Allan Poe, La Chute de la Maison Usher, traduit par Charles Baudelaire, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 17
A.-S. Pouchkine, La Dame de Pique, traduit par Prosper Mérimée, ill. de Georges Annenkoff, coll. « L'Olympe Russe »
Jean Roissard, Manière blanche
Schiller, Le Visionnaire, traduit par Alphonse Gautrin, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 15
Marcel Schneider, Les Trésors de Troie, août 1946
Mary Shelley, Frankenstein, traduit par Charles Cestre, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 13
R.L. Stevenson, Will du moulin, traduit par Marcelle Sibon, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 6
B. Temiriaseff, Pas grand chose, coll. « Hors les murs »
Ludwig Tieck, Le Voyage dans le bleu, traduit par Robert Valançay, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 9
Villiers de l'Isle-Adam, L'Intersigne, coll. « Les Maîtres du fantastique » n° 16
la revue Le Secret professionnel, n° 1, 1946.

Une collection « Illustrés par eux-mêmes », collection jamais parue, a été annoncée avec les titres suivants :
Jacques Audiberti, Antipolis
Jean Cocteau, Théâtre de poche
Léon-Paul Fargue, Vivre ensemble (voir la postface de PF à l'édition de ce texte inédit publié par Le temps qu'il fait en 1999) Max Jacob, Morven le gaëlique
Henri Michaux, Dans la foule étrange
Paul Valéry, Histoires brisées.

jeudi 2 août 2012

La Morgue, par Georges d'Esparbès (1907)

morgue1845A.jpg


Pour fêter la reparution du Livre de la Mort, d'Édouard Ganche, cette chronique de Georges d'Esparbès



LA MORGUE

Désormais, l'entrée de la
Morgue est interdite aux
passants non munis d'ou-
torisation spéciale.
(Les journaux.)

Je n'y suis entré qu'une fois, non pour voir des cadavres, mais pour voir pire, pour voir les vivants qui les regardaient. Il y avait, ce jour-là. une vraie pêche monstrueuse, à croire que le diable avait dépoissonné le Styx. Toutes les dalles étaient occupées. Ce n'était pas drôle.
Cela, cependant, paraissait très drôle à mes voisins. Bizarres voisins ! Trois ou quatre ouvriers, un vieux bourgeois, une dizaine de femmes, dont la plupart étaient jeunes, quelques-unes jolies, et des enfants de huit à douze ans, qui s'étaient glissés de la rue jusqu'à cette crevasse ouverte sur l'Horrible...
Tout ce petit monde paraissait à l'aise. Le vieux monsieur regardait les cadavres, puis les jolies filles, et semblait confus de n'avoir perpétré encore la moindre plaisanterie, de quoi divertir ces couturières. Mais, en revanche, les ouvriers tenaient le succès. Très forts en argot, ils se communiquaient, avec un sérieux tragi-comique, leurs impressions sur les « macchabées » couchés sur les dalles; sur celui qui avait fait son paquet (il avait un énorme ventre ballonné) ; sur celui qui avait cassé sa pipe (le tuyau sortait de son veston) ; sur celui qui avait passé l'arme à gauche (le bras gauche était raidi en l'air), etc.. Si spirituels étaient ces ouvriers que les filles pouffaient de rire; et l'une d'elles, non la moins gracieuse, blonde comme le temps qu'il faisait, il était midi, piquait les frites dans un cornet à deux sous, avec des gestes de petite reine gourmande de pralines. Oui, ici, celle-là déjeunait !
Gustave Geffroy demande La beauté pour tous. Ne conviendrait-il pas, d'abord, de détruire la laideur pour tous, qui a ses temples ? Qu'on démolisse le laid, ensuite nous parlerons du beau. La Morgue ne fait pas penser. Elle est laide, donc elle est bête, donc elle est nuisible. Elle démoralise, parce qu'elle déforme. Chaque jour, elle jette sur une partie du peuple des ferments d'insensibilité et de cruauté. Le mal ne date pas d'hier ; s'il est secret, il n'en est pas moins douloureux ; â n'en est que plus redoutable. La petite blonde qui mangeait ses frites en contemplant les morts, et ses compagnes, et celles qui sont venues, et celles qui viendront, et les enfants, les yeux naïfs et les bouches fraîches, que penser de leur âme? Que dire de leurs baisers ? Toi, la modiste, on retirera ton frère, comme celui-ci, de la Seine; toi, garçonnet, ta mère se pendra, comme celle-ci, de désespoir. Et tous, en voyant chacun votre mort, vous vous rappellerez l'effroyable, la ridicule grimace que faisait l'autre, celui de la Morgue; et vous en aurez la mémoire tellement obsédée, à ce moment, que vous éclaterez tous d'un rire aigu... Et ainsi La Morgue aura sa morale. Car toutes les choses, quand elles le veulent, en ont une.
Qu'on lave donc bien vite la Cité, qu'on déplace la Morgue. Isolée en un coin de banlieue, elle ne tentera plus les nerfs de personne et son enchantement malsain cessera. Nous n'y verrons plus, comme aujourd'hui, ces puces humaines, ces petits vampires du faisandé qui 'l'encombrent du matin au soir. Là est une oeuvre à faire, une forte et bonne oeuvre. Car, sous ce hangar sinistre, on enseigne le plus laid mensonge: que la mort est grotesque, quand la mort n'est que pitoyable. Là, on ne la plaint pas, on ne la respecte pas, on l'insulte; on piétine la Torche renversée. Et qui ? Quelques niais curieux, mais aussi et surtout des jeunes filles, et, ce qui est plus grave, des enfants !
Quand la bicoque sera démolie, les projets ne manqueront pas pour embellir ce coin merveilleux. D'une brochure du peintre-écrivain Robida : l'Ile de Lutèce, je cueille ceci, qui fera, sans doute, méditer plus d'un architecte.
Ce chevet de Notre-Dame débarrassé de la Morgue, cette terrasse reconquise n'appelle-t-elle pas un monument qui symboliserait, en quelque grande œuvre de sculpture, le rôle de la Cité dans l'histoire et rappellerait que, si la France existe, cette petite île, miette de terre au fil de la Seine, fut le noyau autour duquel la France se construisit la première assise de l'édifice immense élevé lentement, au cours de longs siècles, par le labeur et le courage de cent générations ? Un monument ici à la vieille France, en même temps qu'il serait un hommage aux ancêtres, consacrerait ce coin du sol de la Cité, château d'arrière de la nef gothique.
Fermons les yeux et voyons s'élever, sur ce soubassement magnifique qui partage la Seine en deux flots, la masse blanche et robuste d'un monument au génie et à l'héroïsme français, signé Charles Girault, par exemple, puisque ce nom est des plus glorieux de l'architecture.
Cet édifice serait notre vrai Panthéon, une sorte de Westminster français. Là, le génie ne serait plus en cave, la lumière des âmes vivrait dans la lumière des pierres, et les araignées ne tendraient plus leurs toiles, comme rue Soufflot, sur les cendres de nos grands hommes.
Mais, pour que ces choses claires s'accomplissent, il faudrait, je le répète et ne me lasserai jamais de le répéter, dépourrir Paris de sa Morgue. Cette sale baraque, où les noyés se couvrent de barbe en vingt-quatre heures, déshonore publiquement tout le vieux Paris historique. On dirait que le démon de la perversité — sosie, pour un jour, du baron Haussmann — édifia la Morgue dans le site le plus joli, posa ce crapaud crevé sur la terrasse la plus gracieuse de Lutèce. A l'endroit précis où les flots, arrivant des vermeilles Champagne et Bourgogne, se séparent en deux bras frais comme pour enlacer et baiser l'antique ville, ce Mouroir de la misère, cette hideuse Morgue apparaît... Les eaux qui l'ont embrassée par force s'enfuient de dégoût. Pas de canotiers de ce côté-là. En revanche, la légion entière des photographes de Notre-Dame. Mais, la encore, elle va faire des siennes. Voyez, elle obstrue, de sa vanité crapuleuse, le charmant dessin de l'abside. Photographes, ai-je tort? Montrez vos albums! Vous ne vouliez pas de la Morgue; elle est plus roublarde que vous. Aucune photo ne peut être prise de Notre-Dame, en cet endroit, sans que la Morgue ne s'y écrase, comme un paquet de boue, au pied d'un entre-croisement de lis. Cette masure aux asticots est là, tout à plat, au premier plan, trapue et infecte, et elle se croit intéressante, l'imbécile, et peut-être se croit-elle jolie.
— Vous voulez ce côté de Notre-Dame, les artistes ? Eh bien ! vous m'aurez avec ! Vous voulez ce chef-d'œuvre ? Vous aurez le chef-d'œuvre, mais vous emporterez aussi l'emplâtre !
Ah! que le tonnerre te brûle, Morgue, quand tes employés seront sortis !...

Georges d'Esparbès.



Illustration du billet : Détail de la morgue en 1845 (dessins d'après une peinture de Carré)
MorgueParis.jpg L'ancienne morgue parisienne, à l’extrémité est de l'île de la Cité, détruite.

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