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vendredi 25 juin 2010

Et vive le feu !

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Le 16 septembre 2010 reparaîtra Avec le feu, le grand roman de Victor Barrucand, musicien, journaliste et familier de Félix Fénéon, avec lequel il conçut les articles qui ont inspiré la manière des Nouvelles en trois lignes.

Dans ce livre injustement oublié durant un siècle, un vaste panorama de l'anarchie intellectuelle et pratique est mis en mot. Cela commence au tribunal où tel avocat porte un "pantalon à la crotte", cela se poursuit avec un pauvre gars de flic en planque le jour de Noël, et cela se finit, fort métaphysiquement, au bord de la Méditerranée après l'exécution d'Emile Henry - on raconte du reste que Fénéon et Barrucand ont participé à la rédaction de sa fameuse déclaration lors de son jugement...

Des scènes d'anthologie en pagaille, un point de vue informé sur chacune des différentes thèses anarchistes (individualistes, collectivistes, terroristes, etc.), des personnages à clefs, un amour malheureux pour une féministe farouche, un compositeur génial mais ignoré, bref, un livre aussi important que Le Voleur de Darien.

Seuls ceux qui ne l'ont pas lu oseront vous dire le contraire.



Victor Barrucand Avec le feu. Préface du Préfet maritime. - Paris, Phébus, coll. "Libretto", 208 pages, 11 €

lundi 24 août 2009

Le prix du sang, par Victor Barrucand

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Le prix du sang

La question du service militaire des indigènes s’est posée à Alger devant le Conseil supérieur. M. Morinaud a fait voter un voeu tendant à la non application du projet. Encore une fois les adversaires du service militaire indigène ont sorti leur arsenal de mauvaises raisons. Mais des paroles nouvelles et bien significatives ont pourtant été prononcées. Ce sont les réflexions de M. de Peretti qui les ont provoquées. Donnons en bref le compte-rendu de la discussion :
Le rapporteur, M. Bounhiol, conclut à l’inopportunité de l’institution en Algérie du service militaire obligatoire pour les indigènes.
M. de Peretti estime que la loi de deux ans a eu de graves conséquences pour la puissance militaire de la France et que les contingents demandés à l’Algérie sont nécessaires à la défense nationale. Il estime que, loin d’être un danger, la conscription des indigènes constituera un excellent moyen de rapprochement, créant entre nos soldats et eux une véritable fraternité d’armes. M. de Peretti expose d’autres arguments et propose à l’Assemblée de prier le Gouvernement d’appliquer, sans retard, la loi de recrutement à nos sujets musulmans.
M. Otten proteste contre les paroles de M. de Peretti. M. Otten rend hommage aux services que les indigènes nous rendent comme soldats : « mais, du concours qu’ils nous prêtent au rôle de défenseurs que l’on veut leur faire jouer, il y a loin. »
La proposition de M. de Peretti est repoussée à l’unanimité moins une voix.
De cette façon on comprend que la politique d’association effraye les adversaires algériens du service. Que les indigènes soient des salariés ou des mercenaires, très bien ! mais des associés, non pas ! Il ne faut qu’on puisse dire qu’ils ont versé leur sang pour la défense du drapeau. Non, ce n’est pas cela : ils ont été payés pour se battre… on ne leur doit plus rien… Pensons-y avec plus d’attention : c’est un véritable séparatisme moral qui se trouverait proclamé, si la représentation française avait la faiblesse d’accéder à de telles suggestions mesquines. M. Loubet, président de la République, dans son voyage d’Algérie, il y a cinq ans, n’hésita pas à trancher la question de principe qui nous est soumise aujourd’hui, quand il affirma la “fraternité d’armes et de travail”.
On a pu dire aussi que la conquête du sol devait être achevée par la conquête des âmes, et c’était là une haute parole de philosophie coloniale. L’homme qui proposa cette formule est aujourd’hui placé à la tête des affaires algériennes et s’emploie avec un rare bonheur à réaliser son idéal français.
Devant une doctrine si nette ne craignons donc pas que l’or des principes soit altéré par un marchandage moral sur le prix du sang. Plus j’y pense et plus je suis persuadé que la faute de noblesse où l’on veut nous entraîner ne sera pas commise. Il serait vraiment étrange et par trop maladroit que le dévouement des indigènes algériens et tunisiens au Maroc n’eût servi qu’à leur attirer des affronts. D’aucune façon, les indigènes ne doivent être humiliés par des distinctions blessantes dans la discussion du service militaire. Reste la question d’opportunité. Mais jamais le moment ne fut mieux choisi pour réaliser cette grande réforme.
En tout état de choses une question doit embarrasser les adversaires du recrutement indigène. Nous entendons bien qu’ils ne veulent pas qu’on puisse dire que les indigènes se battent pour le drapeau français. Ils se battent, disent-ils, pour gagner leur argent… Et sur cette affirmation cavalière, nous voyons ces messieurs pirouetter sur leur talon, les mains dans les poches, la conscience tranquille. — Pardon ! mais que faites-vous des tirailleurs tunisiens ? Ceux-là ne sont pas des mercenaires. Si vous leur refusez le titre de défenseurs du drapeau, que sont-ils donc ? Serait-ce que le bey de Tunis aurait déclaré la guerre aux marocains ?
Comme il serait plus simple d’accepter la collaboration militaire des indigènes dans le sentiment de rapprochement qui convient à ceux qui savent mourir ensemble. On y pensera certainement.

Victor Barrucand


L’Echo de Bougie, n° 617, 21 juin 1908, p. 2.

jeudi 20 août 2009

Nécrologie de Victor Barrucand (1934)

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La presse en deuil


C’est avec une émotion profonde que nous avons appris la mort survenue subitement à El Biar (Alger) le 13 mars 1934, de M. Victor Barrucand, Directeur de L’Akhbar, Rédacteur à la Dépêche Algérienne, ancien Conseiller Municipal d’Alger, Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier du Ouissam Alaouite.
La perte que la Presse algérienne vient d’éprouver est immense car M. Victor Barrucand, était un de nos meilleurs critiques, un de ces pionniers du journalisme à la fois économiste et polémiste.
Nous avons toujours lu avec le plus vif intérêt, ses notes d’art, ses comptes rendus d’une impartialité et d’une sincérité vraiment dignes des plus grands éloges.
L’Echo de Bougie, s’incline bien respectueux devant cette tombe et présente à Madame Veuve Victor Barrucand, à sa famille et à toutes celles atteintes par ce deuil avec l’expression de sa vive sympathie, ses condoléances les plus sincères et les profondément attristées (sic).


L’Echo de Bougie (Constantine), n° 1914, 18 mars 1934, p. 2.

mardi 18 août 2009

Du pain ! En hommage à Victor Barrucand





DU PAIN !

Au CITOYEN VICTOR BARRUCAND, promoteur du Pain gratuit

(sur l’air de J’attends.)

Depuis votre plus tendre enfance,
Parmi vos pleurs, parmi vos cris,
Amis, n’avez-vous souvenance,
De ceux que vous fîtes jadis.
Vous demandiez, sans aucun doute,
Quoiqu’en un langage incertain,
Vous demandiez, coûte que coûte :
Du pain ! du pain ! du pain !

A ton tour, pauvre mercenaire,
Près de toi, l’on jette ce cri;
C’est ta famille toute entière
Qui a faim et qui te le dit.
La maladie fit la trouée,
Hélas ! sur ton modeste gain.
Pourtant il faut pour la nichée
Du pain ! du pain ! du pain !

Sur ce banc, que fait là cet homme
Loqueteux, qui s’est endormi,
Peut-être ne sait-il en somme,
Qu’il est des asiles de nuit.
Mais, remarquez comme il est pâle,
Il nous fait signe qu’il a faim,
Du moribond, voici le râle,
Du pain ! du pain ! du pain !

Avec tout l’or que l’on dépense,
Que de pauvres pourraient manger,
Tant pour la soi-disant défense,
Que pour ce qu’on donne au clergé.
Pour ce dernier, ce parasite,
Qu’importe qu’on crêve de faim,
Puisque la France lui débite
Du pain ! du pain ! du pain !

D’aucuns ont demandé naguère
« Il nous faut du pain ou du plomb »,
Et tout en maudissant la guerre,
Je trouve qu’ils avaient raison.
Qu’importe si la faute est grande,
Le malheureux est être humain,
C’est pour lui que je vous demande
Du pain ! du pain ! du pain !

Jules Mullet

Coups de balai, impromptus poétiques. Préface de Jean-Baptiste Clément. - Paris, l’auteur, 1899, pp. 54-55.

jeudi 28 mai 2009

Victor Barrucand contre le racisme aristocratique

tunisbar.jpg ca a pourtant l’air bien droit tout ça…



Une coupure de presse qui en dit long sur le temps “charmant “des colonies…
Il va sans dire que l’Alamblog laisse à cet auteur, tellement altier mais si peu grand, la responsabilité des idées qu’il diffuse. Et l’on sait qui l’on plaint.


Tunis la Blanche


Sous la signature de mon confrère Victor Barrucand, je lisais, mercredi dernier, dans la Dépêche Algérienne, une critique assez sévère de la relation « des impressions tunisiennes» que fait dans le Temps du 29 août, Madame Myriam Harry.
J’ignore si M. Victor Barrucand connaît Tunis, mais ce que je puis affirmer, moi,— ayant habité longtemps, et tout dernièrement encore, cette ville bizarre — c’est que les diverses critiques, formulées par Mme Harry, sont rigoureusement exactes et marquées d’une très grande justesse, en même temps que d’un remarquable esprit d’observation.” Mme Harry, écrit Barrucand, reproche aux Tunisiens de ne rien entendre à l’architecture.” Les Tunisiens européens n’ont nulle connaissance, en effet, de cet art délicat ; si, je me trompe, ils veulent tous, sans aucun doute, avoir une maison qui ressemble, à s’y méprendre, à la Tour de Pise (route du Belvédère).
Ils bâtissent, bâtissent avec une rapidité formidable, entremêlant sans vergogne du style art nouveau avec du style arabe ou du style rappelant vaguement nos anciens châteaux féodaux. Une seule chose les préoccupe, c’est que leur maison soit entièrement peinte en bleu ou en vert, ce qui est d’un coup d’oeil cocasse et bien peu esthétique ! Mme Myriam Harry critique ensuite les Tunisiennes indigènes de ce qu’elles s’empaquettent, se ficellent la figure de bandelettes noires ; la remarque n’est que trop vraie.
Mais, que ne parle-t-elle de leurs chaussures ‘?… Ah ! les chaussures des Tunisiennes et des Tunisiens, riches ou pauvres, quel poème ! Que leur pied rivalise avec celui de Cendrillon, ou qu’il puisse dépasser celui de l’homme-géant, la pointure est toujours la même, celle d’an enfant de 10 ans ! Tant qu’à la forme, identique pour tous, hommes ou femmes, c’est tout simplement une savate ! On voit alors, spectacle réjouissant, la moitié du pied qui dépasse de la semelle, ce qui permet au talon et au bas de traîner tranquillement dans la poussière ou dans la boue !
Parlant enfin de la campagne, Mme Harry s’écrie que ce n’est « qu’une affreuse banlieue ». Mon Dieu, je me demande bien sincèrement comment M. Barrucand veut dépeindre autrement les environs tunisiens ! Je me souviens de les avoir maintes et maintes fois parcourus le nez au vent et le fusil sur l’épaule, ces mornes environs. J’aurais été pourtant un fameux admirateur de cette « luminosité admirable », dont parle mon confrère algérois, mais hélas ! comme ma soeur Anne je ne l’ai jamais aperçue.
J’ai simplement senti les effets caloriques d’un soleil de plomb, j’ai humé délicieusement les odeurs-fétides-d’un lac ignoble, et aussi loin que ma vue a pu.s’étendre, j’ai distingué des montagnes abruptes et dos oliviers rabougris.

Vicomte DE LA JARRE.


Revue mondaine oranaise, n° 177, dimanche 9 septembre 1906, pp. 9-10.

mardi 2 décembre 2008

Caroline Granier enfin en volume

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Caroline Granier s’est consacrée à l’étude des écrivains anarchistes. Précisions : aux fictionneurs anarchistes, ou aux anarchistes usant de la fiction pour diffuser leurs thèses. On les connaît plus ou moins, mais on réclamait une synthèse, et la voici qui nous taxinomise intelligemment Jules Vallès, Louise Michel, Georges Darien, Charles Malato, Emile Pouget, Bernard Lazare, Mécislas Golberg, Séverine, André Léo, Octave Mirbeau, Jean Grave et ses Aventures de Nono, Sébastien Faure, Georges Eekhoud, Zo d’Axa, Han Ryner, Victor Barrucand… Leur appétance pour la prose et ses effets secondaires est désormais traitée, de même que leurs origines, leurs thématiques de prédilection, leurs effets sur les artistes à venir (les avant-gardes…), le tout sous la forme d’une chronique mêlée d’analyse bigrement bien ficelée.
D’abord diffusé généreusement sur internet, le travail de Caroline Granier a connu naguère une illustration dans la revue Brèves Les Retourneurs d’idées et voit enfin le jour en volume.
Les amateurs sauront que l’opus sera présenté le samedi 13 décembre à partir de 18 heures à l’Espace Louise Michel (42ter rue des Cascades, Paris XXe, mo Pyrénées).


Caroline GRANIER Les Briseurs de formules. Les Ecrivains anarchistes en France à la fin du XIXe siècle. — Coeuvres-et-Valsery, Ressouvenances, 2008, 469 p., 35 euros.

Ressouvenances
3, rue de la Cidrerie
02600 Coeuvres-et-Valsery
03 23 55 36 97

lundi 16 juin 2008

Gabriel Nigond : un intime de Marcel Schwob

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C'est peut-être un grand jour pour les schwobiens : Gabriel Nigond reparaît.

Et Gabriel Nigond nous revient avec un écrit qu'il dédia à Marcel Schwob.

Faute de documents, les récentes biographies et oeuvres complètes de Marcel Schwob n'avaient pas soulevé le voile sur ce moustachu personnage, mais l'intérêt d'une nouvelle maison d'édition, Versant Libre, va permettre de combler cette lacune de nos savoirs diffus.
Car celui qui fut l'intime du grand homme mérite, par principe, d'être observé, et sa bibliographie prouve qu'il est urgent de le faire. Pour tout dire, contemporain d'un Théo Varlet ou d'un Victor Barrucand, Gabriel Nigond (1877-1937) n'apparaissait vivement que dans le Journal de Paul Léautaud (qui ne put s'empêcher à son endroit un bien vilain calembour). Pour le reste, souvenirs, mémoires et essais des gens de plume, de planche ou de morasse faisaient silence ; un silence coupable, il va s'en dire, puisque Gabriel Nigond, loin d'être seulement ce conteur en vers patoisant des Contes de la limousine (Paris, P.-V. Stock, 1903 ; Ollendorff, 1912) remis en valeur dans les années 1980, fut essentiellement un écrivain, ainsi qu'un dandy mi-urbain mi-agreste, doublé d'un homme attendrissant qui et que fréquentait la meilleure société des créateurs de son temps.
Quelques révélations de l'Alamblog en apporteront la preuve, après enquête dans les environs de Verneuil-sur-Igneraie où un manteau de cheminée arborait des signatures manuscrites fameuses...
Leçon n° 1 : Bien qu'on en apprécie l'existence, on a parfois tort de faire confiance aux index, un prochain billet de l'Alamblog en apportera la preuve.
Leçon n° 2 : Gare aux redécouvertes partielles et à l'ombre portée de George Sand, qui écrase tout sur son territoire.
Leçon n° 3 : Une préface de Séverine, des pièces jouées par le grand Antoine sont nullement des garanties de sauvegarde à long terme.
Leçon n° 4 : Gabriel Nigond n'a pas fini de nous étonner, non plus que de nous donner du fil à découdre.
Démonstration pour les plus curieux d'entre les nautes, cette information dont ils feront ce qu'ils voudront : Gabriel Nigond a écrit Claudine au tout début du XXe siècle, Claudine mais aussi Colette. Et il était proche de Schwob... Cela ne vous laisse rien imaginer ?


Gabriel NIGOND Claudine. Postface et bibliographie par votre serviteur. — La Berthenoux, Versant Libre, 2008, 32 p. 6,50 euros Un tout petit prix pour une grosse redécouverte. Avec un portrait photographique.

La prochaine édition de M'sieur Dhéaume, un texte inédit de Nigond, accompagné d'un éloquent article du peintre Fernand Maillaud devrait finir de vous convaincre : Gabriel Nigond, ça n'est pas rien.



VERSANT LIBRE
7, rue du Stade
36400 La Berthenoux
s.vielnotte@free.fr


La légendaire bienveillance des éditions l'Atelier du Gué vous permettra de trouver le livre de Gabriel Nigond sur leur stand du MARCHE DE LA POESIE.

samedi 31 mai 2008

L'Alamblog au réveil a d'étranges accents...

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Orlando Furioso laissa naguère un commentaire sur ce blog portant cette mention "Au réveil, l'Alamblog a d'étranges accents".
Il avait raison.
Mais à l'heure du coucher, l'Alamblog a aussi des accents étranges.
Ce soir, après moult verres pris au Mercure, il a décidé de faire une trêve et de laisser de côté l'actualité livresque pour se livrer à ce bon vieil exercice de la moquerie déboutonnée.
Afin d'illuminer votre journée de demain, il a choisi deux ou trois fruits d'une récolte d'âneries glânées ici et là, pour le bonheur de tous, la gaieté de chacun et la honte de quelques autres.
Nous en profiterons pour constater que l'ânerie, contrairement à la fraise, ça voyage très bien.

La première date de 1914, elle est issue du curieux livre de Marguerite Berthet L'Ascète du Mont Mérou (Paris, Gastein-Serge) :

Votre malade était atteint de névropsychoscriptomanie, vésanie très fréquente chez les fonctionnaires.


Et, pourrait-on ajouter, la brocantomanie itou. Mais, faute de pouvoir encombrer durant leur pause hebdomadaire toutes les brocantes du pays comme ils le font le week-end, ceux-ci occupent leurs mercredis à composer des vers, et même des rédactions en prose — notamment pour le "public" "jeunesse" — qui déferlent sur les tables de la librairie. Que les dieux en soient remerciés, le fruit de leurs sueurs ne parviennent pas toujours jusqu'à notre île.
Mais il y a pis. Parmi la classe ci-dessus désignée, on en connaît, d'élite, qui pondent eux aussi. Résultat pas mieux. Passons.

Une autre ânerie ?

Pour les connaisseurs, signalons à tout hasard ce titre d'une anthologie récemment parue : La Plus Noble Conquête du cheval, c'est la femme. Une anthologie de la littérature équestre féminine (Le Rocher, 2007).

Nous n'aimerions pas être l'éditeur, non plus que l'auteur de cette... chose papetière bien malodorante.

Ensuite, ce fragment d'une lettre de Jean Cocteau à Franz Hellens :

Cher monsieur Hellens ... Vous avez raison de mettre un cadre autour de votre poème - vous soulignez par là combien il échappe à l'erreur du vague et du faux lyrisme quittant peu à peu la page comme un tzigane quitte l'orchestre pour aller jouer entre les tables.

On dirait Mallarmé louant les vers de Barrucand... Brrrr...

Et pour finir, ce titre ahurissant plaqué sur un bon livre de Will Cuppy :

Comment reconnaître vos amis des grands singes (Rivages, 2007).

En français, on dit "distinguer". Là, nous n'aimerions être ni la traductrice, ni le correcteur, ni l'éditeur. Non plus que l'auteur, qui ne se doute peut-être de rien.

Ya basta.

mercredi 6 février 2008

L'Anarchie est de saison

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Avant que ne flambe la révolte que d’aucuns attendent, la revue Brèves, toujours en avance sur la prochaine ébullition, produit un numéro monté par la spécialiste Caroline Granier : Les Retourneurs d’Idées.
Consacré aux écrivains anarchistes, peuplade lue au sens large, on y lit des nouvelles de Georges Darien, Jules Vallès, Isabelle Eberhardt, Louise Michel, Félix Fénéon, Victor Barrucand, Octave Mirbeau, Jean Réflec, Flor O’Squarr, dont Apollinaire pensait tant de bien et qui livre ici une curiosité sur la Commune… ou encore Alphonse Allais qui ne dépare pas ici.
Et pour cause : Allais ne dépare jamais.
Entendu que pour ces hommes et femmes de combat, le livre est une arme destinée à libérer l’être humain, Caroline Granier explique en préambule comment ils dénoncent les « fictions sociales » dont l’ordre établi se sert pour abêtir et asservir le populo. Soit littérature de combat versus littérature de propagande. Dans le même numéro, mais à rebours, un dossier est consacré à Jacques Vallet, le Jacques Vallet, écrivain qui fut d’abord le meneur de la revue Le Fou parle, une revue de poids dont on n’a pas fini de parler - Il se pourrait bien que l’Alamblog, une fois les sommaires de Bizarre consommés, se consacre à lui dorer la vitrine, n° par n°. On découvrira alors peut-être quelle revue fondamentale fut Le Fou parle, organe libre et libéré.
Pour Brèves, on sait déjà.


BREVES. Les Retourneurs d’Idées (n° 84)
avec Photos et dessins de Despatin & Gobeli, Lise le Coeur, Kerleroux et Roland Topor. 144 pages, 12 euros

mercredi 8 août 2007

C'est Claude Anet qui nous occupait

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Allez, nous mentions un peu en avançant lundi que le farniente fut durant dix jours notre activité principale. Si siestes il y eut, c'est à un trio de livres que nous nous consacrions beaucoup, ainsi qu'à certains travaux d'électricité mineurs et de jardinage (à grands coups de cisaille, ça défoule grave).
Le plus volumineux de ces opus, à paraître en octobre prochain chez Phébus - si nous parvenons à produire la préface pour lundi... -, est dû à Claude Anet, vénérable oublié de la grande presse parisienne d'avant-guerre.
Comme beaucoup, il est mort trop tôt, et en 1931 (sale date), pour que son oeuvre suscite de l'intérêt après la Seconde guerre mondiale dont le trauma fut tel qu'on ne pouvait plus, après, s'intéresser vraiment à ce qu'il y avait eu avant. C'est à la fois bien compréhensible et très regrettable. Victor Barrucand, Théo Varlet et de nombreux autres défunts des années 1920-1930 ont subi la même double peine de la mort et de l'enfouissement. A nous de les réveiller.

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